Des nœuds dans mon fil

lundi 27 mars 2017

Rubans

Qui veut des rubans ? Creavea propose des mètres et des mètres de rubans, en coton, en satin, en dentelle... On achète des rouleaux entiers de longueur et largeur variables, il suffit de se reporter au descriptif. Des dentelles, du satin, du coton imprimé, de l'organza... on trouve de tout, le choix s'avère difficile.





Recevoir des rubans en échange de la publication d'un article sur le blog, ça ne se refuse pas, n'est-ce pas ? J'ai donc reçu mon petit colis, je l'ai ouvert fébrilement, puis j'ai choisi du tissu, des patrons et j'ai cousu des cadeaux de naissance en retard. Ca tombait bien, il fallait gâter des fillettes.


Petite robe chasuble en velours côtelé, le ruban n'est pas encore en place. Modèle tiré des Intemporels pour bébés.


Robe chasuble, modèle personnel, taille 6 mois.





























Les dentelles sont splendides, très faciles à poser. Les rubans en satin sont juste parfaits. Par contre, j'ai été un peu déçue par les rubans en coton imprimés. Dans la réalité ils sont mats, contrairement aux photos du site qui les font paraître dans des couleurs plus soutenues. Il n'empêche, ils trouveront tous un vêtement qu'ils embelliront. Merci Creavea !

dimanche 26 mars 2017

Je l'ai échappé belle...

Hier soir, en recherchant Ambroise qui avait passé la soirée avec des amis, j'ai eu le compte-rendu de ce qu'ils avaient ingurgité : "On a commencé par cuisiner ensemble, des pâtes et des oeufs brouillés à l'américaine (il faut mettre un jet puissant d'huile d'olive et compléter avec du beurre). Une heure après, comme on avait encore faim (forcément, moins de 500 grammes de pâtes pour 7 adolescents), on a commandé une pizza géante. Plus tard, on a décidé de faire une casserole de riz pour assouvir notre faim, et de préparer du caramel à la crème". 

En entendant cette liste à la Prévert, je me suis réjouie d'avoir cuisiné pour 14 la semaine précédente, alors que finalement il y avait seulement 9 convives ! 


jeudi 23 mars 2017

Sirop de citron

Il y a quelques années, j'ai élaboré ma recette de sirop de citron. Ici, c'est notre préféré. De plus rien ne se perd puisque je me sers des zestes pour parfumer mes gâteaux...

Ingrédients pour 2 litres de sirop :

- 1 kg de citrons bios (soit environ 7 gros citrons)
- 1,5 kg de sucre cristallisé
- 50 cl d'eau

Faire chauffer l'eau et le sucre dans un grande marmite, porter doucement à ébullition.
Pendant ce temps, prélever les zestes de tous les citrons (j'utilise une râpe verticale à 4 faces et je choisis les plus gros trous. Mes zestes sont assez gros).  Les jeter dans le sirop de sucre et laisser mijoter 5 minutes. Retirer du feu.

Presser les citrons. Verser dans la casserole hors du feu. Remuer, poser le couvercle, et laisser macérer à température ambiante 24 heures. 

Filtrer (je passe le liquide dans un tamis), mettre en bouteille. Les bouteilles de limonade à l'ancienne sont très jolies. Le sirop se garde plusieurs mois. Il est bien plus goûteux que les sirops du commerce.

Et mes zestes ? Je les étale sur un papier sulfurisé et je les laisse sécher, un peu à l'air libre, un peu dans mon four redevenu tiède après une cuisson. Il faut compter plusieurs jours de séchage. Il faut veiller à ne pas les sécher trop vite ni trop fort, sinon ils deviennent secs. Je les utilise pour parfumer mes gâteaux (au chocolat, ou les 4/4), mes brioches et mes meringues. 

Je les conserve dans une boîte au congélateur après les avoir passés au mixeur pour obtenir un poudre irrégulière.


lundi 20 mars 2017

Pièce montée

Jeudi matin, j'ai préparé une montagne de choux. Je les ai bien laissés sécher au four. En rentrant de l'école, Anatole m'a reproché de ne pas les avoir calibrés. "Tu as raison, mais ça m'ennuie de les calibrer". Je les ai stockés dans un grand saladier à la cave à l'abri des regards d'Ambroise. Ensuite, à l'aide 2 litres de lait, j'ai confectionné une crème pâtissière à la vanille, filmée au contact et réservée au frais. Il me restait à faire des cercles de pâte sablée. Ils ont rejoint les choux à la cave.


Samedi, Anatole et moi avons décoré le salon, préparé les différents amuse-gueules, regardé un bout de film en gonflant des ballons, puis, nous nous sommes décidés à nous attaquer au gros morceau, celui de la pièce montée dessinée par Anatole.

Première étape : remplir chacun des choux à l'aide d'une poche à douille. Les choux nous ont inquiétés, ils étaient un peu mous.


Matériel étalé sur la table. Au fond, on voit un moule contenant une couronne de choux surmontés par un disque de pâte sablée. 

Premier étage

5ème étage en cours : on trempe les choux un à un dans le caramel, on pose, on recouvre d'un peu de caramel, on colle le disque.
 A ce stade, j'en étais à la deuxième confection de caramel : le premier a été retiré trop tard du feu, le fond épais de la casserole l'a accompagné dans sa cuisson, lorsque je m'en suis aperçue il était trop tard.


Au sixième étage, il était temps de glisser une bouteille de cidre. 


Et voilà le résultat avec ses 9 étages. J'ai bien fait d'insister pour limiter l'oeuvre à 9, parce que les choux du bas commençaient à s'affaisser.

Impossible de placer des bougies sur la pièce montée, elle était trop raide. Mais j'ai toujours de la ressource, le panier à pain a fait l'affaire !

Au final, Ambroise a été ravi de sa fête surprise, il ne savait pas que nous avions invité des amis, la soirée a été particulièrement réussie. La pièce montée était délicieuse, juste parfaite comme il se doit pour un anniversaire qui n'arrive qu'une fois dans une vie. 


jeudi 16 mars 2017

Elle


La toute première fois que je la vis, je passai devant elle, sans même lui accorder une quelconque attention. Pourtant son regard avait croisé le mien. Je fus comme électrifié jusqu’au tréfonds de moi-même. Son regard n’était pas comme les autres regards. Il avait un je ne sais quoi de terrifiant, de repoussant, de révulsant. De la journée, je ne cessai de penser à elle. Toutes mes pensées étaient tournées vers elle. J’essayai de recomposer son image dans mon cerveau, mais plus je recherchais les détails, plus sa figure devenait floue et irréelle. Le soir venu je n’aurais même plus su la décrire. Etait-elle blonde, était-elle rousse, était-elle grande, petite ? Tout ce que je retenais était l’intensité de son regard. Il m’avait marqué au fer rouge, et cette impression de terreur restait en moi, à tel point que je n’en dormis pas de la nuit.

Au petit matin, j’étais encore terrifié, je vivais avec cette peur lugubre au fond de moi-même. J’en tombai malade. Je fus plusieurs jours entre la vie et la mort. Je ne voulais plus y penser, et je ne rêvais que d’elle. Quel tourment. Je me remis petit à petit, je pus doucement reprendre une vie normale, mais elle ne fut plus jamais comme avant. Mon esprit n’était plus avec moi. Lorsqu’on m’adressait la parole, je n’entendais pas. Malgré tous mes efforts pour être présent, je m’absentais continuellement en pensant à elle et au rayonnement que dégageaient ses yeux.

Je changeai alors de technique : je décidai de plonger à corps perdu dans la vie. Quel rythme infernal je m’imposais là : du sport, des horaires qui m’obligeaient à courir d’une activité à l’autre, un réveil matinal, un travail acharné, des soirées à festoyer. J’étais vidé, inapte à m’amuser avec la terreur qui me minait. Au bout de deux mois je m’écroulai de fatigue, mais l’impression que m’avait laissée son visage, et surtout le regard entrevu ne me quittaient pas. C’était d’ailleurs fort étrange : la jeune femme m’était presque perceptible, mais au moment où je la voyais intérieurement, elle me fuyait. J’étais toujours incapable de la décrire.

Une nouvelle angoisse me saisit alors. J’eus peur de la revoir, de croiser à nouveau son regard. Un coup d’œil m’avait anéanti, qu’en serait-il du second ? Je ne voulus pas d'un nouveau tête-à-tête fatal. Je me mis à marcher tête basse, de façon à éviter tout regard d’autrui. Je craignis tout le monde et chacun. Chaque femme rencontrée, croisée, entraperçue pouvait être un danger pour moi. Mais quelle vie je m’imposais là : je vécus encore plus renfermé qu’un ermite, je côtoyai une multitude de personnes, dans le bus, les supermarchés, la rue, le lieu de travail, mais sans jamais avoir de contact avec aucune d’elle. Pas un regard, je m’interdisais tout. A force de voir des pieds, je l’imaginais avec une robe légère parce que je voyais de fines sandalettes, ou au contraire, en tailleur sévère dans des escarpins gris sans fantaisie, ou n’était-ce pas plutôt elle, en brodequins et en pantalon ?

Il fallait que je me libère de toute incertitude. Comment pouvais-je savoir si c’était elle qui venait à me frôler, à me croiser, me fixait-elle de loin, m’ignorait-elle complètement, avait-elle disparu, était-elle là, ailleurs ? La tête m’en tournait. La nuit, je rêvais de chaussures de toutes sortes sur lesquelles des yeux s’ouvraient, attrapaient mon regard, puis se mettaient à tourner autour de moi, lentement d’abord, puis de plus en plus vite. C’était un manège infernal qui se poursuivait jusqu’au réveil. Je sortais alors de mon rêve en sursaut, le cœur battant, transpirant. C’en était fini de ma nuit. Je savais que je ne m’endormirai plus. Il en allait ainsi de chaque nuit. Quel supplice !

Un matin, cela faisait à présent huit longs mois que je l’avais vue, et elle m’habitait encore comme à la première seconde. Ne pouvant me guérir en me cachant, j’eus l’idée qu’il fallait que je la retrouve, que j’échange un nouveau regard avec elle. Si un premier regard m’avait tant bouleversé, un deuxième regard allait, c’était bien sûr, me libérer de cette emprise. Comment n’y avais-je pensé plus tôt ? J’en fus comme apaisé. La vie me semblait brutalement à nouveau belle, gaie, et je retrouvai une vivacité perdue huit mois auparavant. Je vaquai à mes occupations le cœur léger, presque gaiement. Je me dépêchai de sortir de la maison, je levai le regard, c’était un jour ensoleillé, il me fallait bien du soleil après avoir vécu tous ces mois dans l’ombre et la terreur. Je n’eus plus besoin de river mon regard au sol, je relevai les yeux, et je contemplai la nature : d’abord le ciel, les nuages, puis les oiseaux, les mille-pattes, les arbres, et même un arc-en-ciel. Que de beautés qui m’avaient été interdites si longtemps. La première personne que je rencontrai me procura un choc : depuis tant de mois je n’avais plus vu d’être humain. Je passai la journée dans une euphorie telle que j’en étais arrivé à l’oublier, elle. Je revivais, c’était mon printemps, j’étais guéri, je revivais, je revivais, je revivais.

Dans la nuit, je me réveillai en sursaut, le même cauchemar m’avait saisi. Je compris que je n’étais pas guéri, que la journée de la veille n’avait été qu’un sursis, et que l’angoisse me reprenait plus forte encore qu’auparavant.

Cette fois, j’étais bien décidé, il fallait coûte que coûte que je la revois. Mais comment, et où, inutile de passer une petite annonce : même si elle venait à la lire, qu’aurais-je écrit ? Comment se reconnaîtrait-elle puisque moi-même je n’aurais su la décrire ? Je pris des vacances, chaussai des chaussures confortables, et sortis. Je commençai à arpenter les rues. Je marchai, marchai, marchai. Je ne pris aucun repos. Je passai et repassai dans les rues et les ruelles. Par temps de pluie, j’arpentai les grands magasins, chaque étage, l’un après l’autre. Je passai d’une galerie à une autre. J’allai au cinéma, au théâtre, j’attendais bien avant l’ouverture des caisses pour examiner tous les spectateurs qui entraient. Le soir, je m’écroulai de fatigue, mais je me réveillais toutes les nuits en sursaut, poursuivi par le même rêve. Au petit matin, je reprenais ma marche de plus belle.

Après huit jours de course je me ressaisis : inutile pensais-je de marcher droit devant moi. Il suffisait qu’elle soit derrière moi pour que je ne la voie pas. Cette technique n’était donc pas la bonne. Je pris donc l’habitude de faire demi-tour, brutalement, pour tenter de la surprendre, et je reprenais ma marche dans le sens contraire. Oui, mais si elle était à présent derrière moi, c’est-à-dire devant moi alors que j’allais dans l’autre sens, mais si je me tournais une fois de plus, elle serait peut-être derrière… Je n’étais plus qu’un tourbillon. Je courais à présent, d’une rue à un magasin, d’un magasin dans un bus, d’un bus à un jardin public. La folie me gagnait.

J’eus alors une idée : j’irai me poster près de l’endroit où je l’avais vue la première fois, et j’attendrai qu’elle réapparaisse. Cette solution me semblait à présent la plus logique et la plus simple. Pourquoi donc n’y avais-je songé plus tôt ? Je me rendis dans la rue où je l’avais croisée, et par chance, j’y découvris un banc à proximité. Je m’y assis. Quelle impression curieuse : depuis si longtemps je ne m’étais pas assis, oisif. Je crus même un instant que j’allais pouvoir profiter de cette pause. Mais non, la soif de la voir, de la revoir, de guérir, me tenaillait trop vivement. A peine assis, je me mis immédiatement au travail : je regardai chaque passant avec acuité. J’étais avide de regarder chaque visage qui passait, non pas par plaisir, mais par désir d’en terminer enfin avec cette obsession. Je regardai à droite, à gauche, je passai de l’un à l’autre avec détermination. Pourquoi cette jeune femme tournait-elle la tête, était-ce elle ? Refusait-elle de me voir ? Faisait-elle exprès de parler avec son interlocuteur pour que je ne puisse saisir son visage ? Je me levais alors, courrais pour la dépasser, faisais demi-tour plus loin pour lui faire face. Une fois de plus je m’étais trompé : ce n’était pas elle. Je regagnais mon banc, las. Cette fois, c’était bien elle qui s’approchait, j’en étais certain, c’était sa silhouette, sa couleur de cheveux. Hélas, encore une fois, je m’étais trompé. Je me remettais à l’affut, plein de courage.

Je ne comprends pas comment j’ai pu tenir si longtemps. Durant 10 longs jours, je me postais tous les matins sur mon banc, et je prenais ma faction. Les habitués m’avaient repéré. Ils m’observaient du coin de l’œil, je le voyais bien. Mais ils me laissèrent heureusement en paix. Etais-je ainsi courageux, je ne le crois pas, il m’était devenu vital d’épier son passage. Je l’attendais sans impatience, enfin, je croyais l’attendre ainsi. En réalité, dès qu’une femme approchait, je frémissais, je tremblais même, je ne pouvais plus tenir assis, je scrutais avec attention. Plus d’une fois, une femme ainsi observée me foudroya du regard. Un jour, je crus même que son ami s’en prendrait à moi. Je fis immédiatement amende honorable, je ne pouvais me permettre de dissiper mon attention. Pourtant, les jours s’écoulaient, les uns après les autres, mes vacances allaient toucher à leur fin. Que ferais-je alors ? J’étais devenu maigre, presque diaphane, je n’imaginais pas de retourner travailler, comment allais-je pouvoir reprendre une vie normale avec l’obsession qui m’habitait. C’est alors que je la vis.

Elle était là, exactement à la même place qu’elle occupait lorsque je la vis la première fois. Elle ne me regardait pas. C’était donc elle, elle qui m’avait mené en enfer durant toute une année par un seul regard. Je me détendis imperceptiblement, je soupirai d’aise, je sentis comme un vent de liberté me traverser. Cette vue m’avait bel et bien redonné mon intégrité. Elle ne m’habitait plus, j’étais à nouveau capable de poursuivre ma route sans obsession. Quelle victoire ! A présent, je pouvais partir. Je me levai. Elle tourna alors la tête et me regarda. Son regard me transperça et…



Lu dans les faits divers :

Hier, vers 16 heures, un homme âgé de 28 ans a été retrouvé mort sur un banc, rue des orfèvres. Sa mort paraissait naturelle, mais une expression d’horreur émanait de son visage. Une enquête a été ouverte pour essayer d’éclaircir ce décès bien mystérieux.



Ma participation à l’agenda ironique organisée par Monesille avec pour thème : « Les fous, bouffons et autres amuseurs public, les fous-rires, l’espoir fou, enfin quoi Mars sera le mois des fous ! 

Dans ma folie j'ai dépassé le nombre de mots prescrits.