Des nœuds dans mon fil

mercredi 31 août 2016

Voyage virtuel en Scandinavie

J'ai souvent parlé de mes voyages virtuels sur mon blog, je n'en ai jamais fait de billet. Je profite d'un article écrit pour le magazine Zélie pour retranscrire ici notre voyage scandinave avec tous les détails, jour après jour. Nous l'avons fait en 2010.

Habituellement, je propose un voyage virtuel pendant les vacances de février : le temps n’est pas toujours clément, et les enfants ne peuvent passer leurs journées à jouer à l’extérieur. C’est un bon moyen de les occuper et de leur ouvrir l’esprit !

Le concept du voyage virtuel est très facile, très agréable, et convient à toute personne et à tout âge. Mais comme pour tout voyage, il faut s’y prendre à l’avance, environ un mois, pour être fin prêt le jour J.

Nous choisissons notre lieu de destination en famille, mais je garde le privilège de la destination finale, parce que c’est moi qui cuisine ! La majorité souhaitait partir en Grèce, mais les légumes d’été ne sont pas faciles à trouver au mois de février. Malgré les contestations, j’ai opté pour la Scandinavie.


La tâche suivante consiste à regrouper les éléments matériels du voyage
-    des DVD de reportages
-    des livres comportant de nombreuses photos
-    des livres de contes nordiques
-    des recettes nordiques
-    une carte routière

Ce voyage étant le 4ème (après le Mexique, la Russie et l’Inde), je sais à présent où trouver ce dont j’ai besoin.
 
 
Une promenade chez un bouquiniste, ou mieux, chez Emmaüs permet de chiner des beaux livres sur les différents pays. Pour 10 euros, j’ai fait l’acquisition de magnifiques livres de voyages, comportant de grandes photos faisant rêver, un livre de cuisine « La cuisine scandinave » (SAEP) ainsi que des livres de contes (d’Andersen).
 
 

Pour les DVD, j’écume Internet pour trouver des DVD de reportages. Selon les sites, les frais de port sont gratuits et livrés directement dans la boîte aux lettres. J’ai choisi trois DVD concernant respectivement la Norvège, la Suède et la Finlande. Il n’existe malheureusement aucun reportage sur le Danemark. La carte routière a été commandée sur le même site.
 
 
 
Je fais ensuite des recherches approfondies sur les pays que nous allons visiter, et je prépare des questionnaires pour les enfants. Je leur donne une des feuilles le matin, et ils ont la journée pour faire des recherches dans leurs livres ou dans les documents que je leur donnerai. Ainsi, je peux espérer avoir une conversation intelligente le soir au dîner.

Grâce à Marmiton et à son stock de recettes, je glane les recettes scandinaves. Le moteur de recherche est bien fait, je prends note d’une trentaine de recettes alléchantes. Je complète ensuite avec mes livres de cuisine (également glanés pour une grande part chez Emmaüs) ou d’autres sites spécialisés en cuisine scandinave.
 
Je recopie les recettes que j’envisage de réaliser, et je les range dans un classeur. Puis je note les ingrédients dont j’aurai besoin, et je classe les recettes selon qu’elles nécessitent des produits frais ou non. Je me dresse ainsi une liste de menus pour la semaine. Il faut assurer les déjeuners et les dîners, les petits déjeuners restant traditionnels.

Le grand jour approche, il s’agit de faire les courses. Il y aura beaucoup de poisson, spécialement du poisson fumé ou salé : hareng, haddock, morue… J’ai ajouté de la viande hachée pour les boulettes, des myrtilles et des airelles pour les desserts. Dans le prix du voyage, je ne compte pas le prix des repas, puisque le coût ne diffère pas du coût habituel.

Nous sommes à la veille de partir. Lorsque les enfants sont couchés, j’accroche la carte routière dans la salle à manger et je pose sur la table du salon tous les livres de voyages que j’ai chinés. Ainsi, les enfants pourront les feuilleter à loisir.
 
 
 
        
Ça y est, nous y sommes, le voyage a commencé. Les enfants attendent avec plus d’impatience que de coutume l’heure du déjeuner ou du dîner. Ils sont curieux de savoir ce qui bout dans la marmite !

Premier jour :

J’ai trouvé un immense saumon (4,100 kg). Je n’arrive pas à me décider à le couper en darnes, ce serait dommage. Je cherche donc ma grande poissonnière, et je choisis de le cuire au court-bouillon et de le servir en entier sur la table.
 
Que d’exclamations ! Je dois freiner les appétits si je veux pouvoir garder la moitié pour accommoder un autre repas.
 


Pour accompagner ce plat, je prépare les pommes de terre à la suédoise.
 
 
 
Deuxième jour :

Aujourd’hui, je propose des merlus. Et comme le poisson entier a eu du succès, je reprends le même mode de cuisson que la veille. Cette fois les enfants apprennent à enlever la peau et la chair sans détacher les arêtes ! Et ils se précipitent sur les joues, ayant compris que c’était là le morceau le plus délicat !

Oui, je sais, le merlu n’est pas un poisson de mer froide… mais il n’y avait pas plus de merlan. Je n’ai rien avoué à ma tribu… et j’ai oublié de faire la photo. Mais il suffit de se reporter à la photo du saumon au court-bouillon, de l’imaginer plus maigre et plus petit et de lui mettre une tête de merlu !

J’ai fait un roux avec le bouillon du poisson, et ajouté un peu de crème. La sauce était parfaite.
 
 
Troisième jour :

Assez de poisson… nous passons aux
boulettes à la suédoise.
 
Les boulettes sont fondantes. J’étais dubitative à l’idée de mettre de la pomme de terre cuite, mais elle fait vraiment la différence. A titre de précaution, j’ai doublé les quantités. J’ai bien fait, nous aurons un autre repas de boulettes.

J’ai accompagné les boulettes de carottes cuites (oignon revenu, carottes en rondelles, une cuillerée de farine, sel et un verre d’eau. Lorsque l’eau bout je baisse le feu). Et j’ai ajouté une sauce au poivre pour compléter le plat.

En guise de goûter, j’ai essayé les
gâteaux suédois :
 

 
 
A vos casseroles ! Il faut les essayer de toute urgence. Les miens se sont aplatis de façon lamentable, mais le goût a fait passer l’esthétisme. Quel régal !
 
 
Quatrième jour :
 
J’ai adapté la terrine de saumon façon scandinave :

 
Les enfants gourmands avaient dévoré tout le merlu, j’avais oublié de me réserver deux filets. Le saumon était déjà cuit, mais qu’à cela ne tienne… J’ai émietté le saumon cuit, supprimé le merlan et le jaune d’œuf, et mixé le tout en réservant des morceaux de chair que j’ai mis entre les couches. C’était excellent, le goût délicat des airelles est somptueux avec le saumon.

J’ai servi cette terrine avec une
sauce nordique :
Cette sauce se marie parfaitement avec le saumon. J’ai simplement remplacé le tabasco par un peu de raifort.
 
Cinquième jour : Il est temps de ressortir les boulettes de viande. Pour changer, j’ai fait du pain polaire, et j’ai servi les boulettes avec le pain, du ketchup, et des gros cornichons doux. Le concept a bien plu aux enfants.

 
Ces pains sont vraiment très bons. J’ai essayé de les faire cuire sans couvercle, mais ils gonflent mieux avec le couvercle. J’ai beaucoup aimé le délicat goût de seigle.

Ce soir, je vais changer mes habitudes. Pour l’instant, nous avons toujours mangé de la soupe aux légumes suivie de pommes de terre en robe des champs et de harengs fumé ou à l’huile. Personne ne s’en lasse, mais je leur réserve une surprise avec le dîner.

Je prévois de faire des canapés scandinaves. Nous les préparons en début de soirée. J’ai décongelé un pain de mie maison, coupé en tranches, tartiné de beurre, puis recouvert de différentes sortes d’ingrédients avant de les couper en quatre.
-    anchois, rondelle de concombre
-    saumon fumé
-    avocat, crevettes
-    œufs de lumps
-    œufs de saumon
-    saumon cuit (mon reste de terrine de la veille)
-    œufs durs émiettés, radis
Pour commencer, chacun a eu un assortiment sur son assiette, puis, après avoir pu goûter de tout, nous avons pris dans les plats ce que nous préférions.


 

 
 
Comme dessert, j’ai testé le gâteau aux pommes. Facile à faire, il m’a déjà semblé sympathique. Lorsque l’odeur de la cuisson est arrivée à mes narines, j’étais subjuguée. Il a fallu patienter jusqu’au soir pour le déguster. Quel supplice !
 
 

 
 
Sixième jour :
 
Aujourd’hui, nous avons fait notre pain. C’est une activité qui nous prend 6 heures. J’ai donc choisi de faire des desserts Scandinaves que j’ai fait cuire dans le four à pain. Voilà le résultat de notre fournée :

 
Les boules suédoises ressemblent plus à des escargots qu’à des boules. Il faut bien replier l’extrémité de la pâte sous la brioche pour que le centre se surélève et donne l’aspect bien suédois des boules.

 
 
J’ai également préparé des tartes aux myrtilles. Une pâte sablée, une fine couche d’amandes en poudre, des myrtilles et un flan (crème, œuf, sucre). Un régal.
 
 

Septième jour :
 
J’essaye le gratin de morue aux pommes de terre. Voilà déjà deux jours que j’ai commencé à dessaler la morue. La recette est tirée du livre «Recettes scandinaves » édité aux éditions SAEP.

Gratin de morue aux pommes de terre :

Dessalage : 24 heures
Préparation : 50 mn
Cuisson : 35 mn
Pour 4 personnes (j’ai doublé les quantités) :

1,2 kg de morue
5 cl vinaigre
30 g beurre
30 g farine
3 dl lait
1 dl crème
sel, poivre, muscade
400 g pommes de terre
80 g chapelure

Mettre la morue à dessaler 24 heures.
Eplucher et cuire les pommes de terre à l’eau salée. Les écraser en ajoutant la crème.
Confectionner une sauce béchamel avec le beurre, la farine et le lait.
Placer le poisson dans un récipient de cuisson. Recouvrir d’eau froide additionnée de vinaigre. Cuire à frémissement 15 à 20 minutes. Egoutter la morue et retirer les peaux et les arêtes. Emietter très légèrement les chairs.
Dans un grand plat à gratin beurré, disposer la purée, répartir le poisson puis napper de béchamel. Saupoudrer de chapelure. Passer au four pour gratiner.
Ce plat que j'hésitais à faire s'est révélé délicieux. Un ami, invité ce jour, s'est copieusement resservi, suivi de près par mon mari et mes enfants !
 
 
En dessert, nous avons goûté la tarte aux myrtilles qui nous a subjugués. La cuisson au four à pain change tout, les tartes sont tout simplement meilleures.
 
 
Huitième jour :
 
Les boulettes de morue me tentent bien, et vont me permettre d’utiliser le (petit) reste de la veille.


Comme ce reste ne suffira pas pour 8 personnes, je teste les Spenetplätter ou galettes aux épinards (recette tirée du livre «Recettes Scandinaves» chez SAEP.

Spenetplätter :

Préparation : 50 mn
Cuisson : 1 heure 20
Pour 4 personnes

1 kg d’épinards
500 g de pommes de terre cuites
3 jaunes d’œufs
100 g beurre
80 g farine
2 œufs
200 g chapelure

Faire étuver les épinards dans 40 g de beurre jusqu’à complète évaporation.
Dessécher la purée sur le feu, ajouter les jaunes d’œufs et 60 g de beurre, puis les épinards et l’assaisonnement.
Façonner des boulettes de la taille d’une clémentine, les aplatir, les paner et les frire.

J’ai bien aimé ces galettes. La prochaine fois, je mettrai du poivre et de la noix de muscade pour relever le goût.
 

Neuvième jour :
 
Aujourd’hui, tout le monde se sent le cœur en fête : j’ai promis de concocter des hamburgers norvégiens.
Je commence par les
buns

 
 
Ensuite, je prépare des raviers avec les ingrédients : tomates en tranches, sauce, concombre en tranches, salade émincée, tarama (je n’ai pas trouvé de rillettes de saumon) et bien sûr, le saumon fumé. A table, je donne les consigne : « il faut couper le pain, tartiner de tarama, poser des rondelles de tomate, de la salade, du saumon, une cuillerée de sauce, des rondelles de concombre. Puis recouvrir de pain, et croquer… »
 
 
C’est vraiment délicieux. Les ingrédients sont harmonieux, frais, et … seule critique : les enfants auraient aimé des frites pour faire plus vrai !
 
 
Dixième jour :
 
Je vais tenter une spécialité suédoise : le Länkäl, du chou vert au jambon, tiré du livre « Cuisine Scandinave » (SAEP)
 

 
Préparation : 30minutes
Cuisson : 40 minutes
Pour 6 personnes

2 kg de chou vert
1 l de bouillon de viande
40 g de saindoux
2 dl de crème fraîche
200 g jambon blanc coupé en dés

Faire blanchir les feuilles de chou (sans les côtes) dans le bouillon. Les égoutter et les hacher.
Faire chauffer le saindoux. Ajouter le chou et la crème, sel et poivre. Faire cuire doucement. Ajouter le jambon.
Servir très chaud accompagné de pain grillé.

C’est un plat très simple, mais vraiment goûteux. Il se réchauffe bien aussi. La prochaine fois, j’ajouterai de la noix de muscade.

En dessert, je propose le
gâteau aux pommes scandinave :


En  fait, je le prépare avec des poires (parce que je dois impérativement les consommer), et nous nous régalons.
 
 
Onzième jour :
 
Pour ce dernier jour nous allons tester le haddock rôti à la sauce aux œufsCuisine Scandinave » SAEP)

Préparation : 20 minutes (et trempage 2 heures)
Cuisson : 20 minutes
Pour 4 personnes

500 g haddock trompés pendant 2 h dans du lait froid
60 g beurre
25 g farine
3 dl lait
sel, poivre, muscade
2 œufs durs hachés
2 c. s. persil
jus d’1/2 citron

Poser le poisson égoutté dans un plat ; Arroser de 30 g de beurre fondu.
Enfourner 10 à 12 minutes dans un four préchauffé à 200°C.
Faire une béchamel avec le reste de beurre, la farine et le lait. Assaisonner, ajouter les œufs durs, le citron et le persil.
Servir le poisson avec la sauce, et proposer des pdt en accompagnement.
 



Le verdict a été très satisfaisant… le poisson aurait été meilleur si j’avais pensé à temps à le faire tremper dans du lait ! Et je l’ai servi avec du riz. Je garderai également cette recette dans mes tablettes !

Nous voici arrivés au terme de notre voyage. Nous réintégrons notre Alsace natale en gardant en mémoire toutes les images des régions visitées, et des saveurs découvertes.  Nous avons vécu dans l’enthousiasme toutes ces journées, et nous étions tellement pris par notre voyage que nous avons vraiment l’impression d’atterrir dans notre maison !

Il ne reste plus qu’à passer au vote final. A la question : « Quel plat avez-vous préféré ? » je n’ai pu avoir aucune réponse. C’est peut-être le gros saumon cuit au court-bouillon qui a eu la préférence. Il était vraiment spectaculaire. Et la tarte aux myrtilles a fait l’unanimité en matière de dessert.
   
Pour la petite histoire, mes questionnaires n’ont pas eu beaucoup de succès : les Jeux Olympiques d’hiver sont venus perturber le bon déroulement du voyage tel que je l’avais imaginé. Mais il faut être souple, c’est le secret d’une bonne harmonie. Alors, ai-je le regret de n’avoir pas eu l’idée de me rendre au Canada ? Même pas… nous étions si bien en Scandinavie !
 

mardi 30 août 2016

Dans les Vosges : le tissage (1)

Pour rompre la monotonie du travail du torchis, nous avions choisi de faire un excursion dans les Vosges, dans le secteur de Gérardmer.
 
Nous avons commencé par le Musée du textile des Vosges (8 chemin Vieille route, Col d'Oderen, 88310 Ventron). La visite est absolument passionnante. Les visiteurs commencent seuls, puis, lorsqu'il y a une dizaine de personnes (deux familles), la personne qui tient la caisse rejoint les visiteurs pour faire une visite guidée. Elle nous a expliqué les raisons de l'installation des filatures dans les Vosges (l'eau faisait tourner les turbines), les modes de vie, le travail (des enfants dès 7 ans), les conditions de sécurité (très faibles).
 
Ensuite, passant de machine en machine, et les faisant fonctionner devant nous, elle nous a montré le trajet effectué par une balle de coton pressée jusqu'au fil de couture. Elle nous a donné une mèche de coton et nous a montré comment, en l'étirant et le faisant tourner dans les doigts, une mèche de 15 cm devient un fil régulier et solide de 2 mètres !
 
Le premier étage regroupe les métiers à tisser. Bien entendu, d'abord le métier en bois, puis les métiers mécaniques, y compris les métiers à tisser le jacquard.
 
Enfin, au dernier étage, nous avons pu essayer les différents métiers à tisser mis à disposition, et vu comment on tisse de la ficelle.
 
Nous avions déjà visité ce musée il y a 14 ans alors que j'étais enceinte d'Augustin. Les enfants ont vu (ou revu) ce musée avec plaisir, et comme il y a 14 ans, nous leur avons offert à chacun 5 mètres de ficelle. Certains d'entre eux ont donc à présent deux morceaux de ficelle. Vous ne pouvez imaginer tout ce qu'un enfant peut faire avec un morceau de ficelle...


 
 
(à suivre)

lundi 29 août 2016

Au bord de l'eau

Avec cet été qui joue les prolongations pour notre plus grande joie, prendre la direction du lac a suscité un enthousiasme fantastique.
 
En fin d'après-midi, j'ai apprêté une salade de riz, emballé des assiettes, des fourchettes et des gobelets, chacun a pris son maillot de bain, sa serviette et un livre, et hop, en voiture pour le lac de la Gruyère.
 
L'eau était délicieuse, la salade succulente, la vue splendide, c'était le dernier sursaut des vacances avant la rentrée de ce matin (en fait Augustin a débuté jeudi déjà).
 



 
Bonne rentrée à tous !
 
 

mercredi 24 août 2016

La comtesse de Ségur enfin comprise

Dans mon enfance, j'ai lu tous les livres de la comtesse de Ségur. Je les ai même lus et relus plusieurs fois. Cette vie de château me faisait rêver, ces enfants éduqués par une bonne me laissaient songeuse, mais je crois que ce que j'aimais par-dessous tout, c'étaient les visites à la ferme avec le bon lait crémeux bu au pis de la vache (ou presque), les fruits dégoulinants de jus sucré, et les murs blanchis à la chaux.
 
Mon dictionnaire m'informait soigneusement au sujet de la chaux : c'est une poudre de calcaire. Malheureusement il ne me disait rien sur la façon de badigeonner les murs à la chaux pour les blanchir.
 
Mais voilà qu'avec les travaux dans notre vieille maison, nous avons décidé d'utiliser les méthodes ancestrales pour peindre nos murs. J'ai appris ce qu'est la chaux, j'ai vu une usine de chaux, je sais ce qu'est la chaux vive, la chaux éteinte et la chaux hydraulique. Par conséquent, je peux affirmer sans me tromper que tomber dans de la chaux (ce qui est arrivé à un personnage de la comtesse de Ségur) est une catastrophe.
 
Après avoir posé le torchis, il a fallu passer les murs à la chaux. Ce badigeon (gris) se fabrique à l'aide de chaux vive mélangée avec de l'eau dans des proportions calculées . On le passe sur les murs, en séchant il blanchit. Et voilà percé le secret du mur blanchi à la chaux !
 
C'est une sous-couche, j'appliquerai ensuite une peinture à la chaux contenant des pigments. Ma cuisine sera jaune citron. J'ai dit. En attendant, des photos pour illustrer mon billet :
 
Pièce dont le plafond de torchis a été descendu. Le torchis au sol m'a permis de remonter les murs et de colmater les trous autour des fenêtres et dans les murs existants. Nous avons recouvert le torchis pour le protéger des morceaux de plâtre qui le rendraient impropre à l'utilisation.

Chaux vive

On verse de l'eau sur la chaux en remuant



Chaux prête à l'emploi


Pièce prête à être peinte, après un mois de travail.
 
 
 

vendredi 19 août 2016

Le torchis (2)

Une fois le torchis prêt, il faut le poser...
 
En Alsace, les poutres sont creusées en leur milieu pour créer une goulotte. On prend ensuite des morceaux de bois (appelés palissons) que l'on taille aux extrémités pour les faire entrer dans les goulottes. On les pousse en place à coups de marteau. Le plus difficile est de faire entrer la dernière pièce.
 
Le torchis se pose en trois épaisseurs, et se travaille de part et d'autre du mur, toujours du bas vers le haut. La première couche s'applique en la poussant dans les interstices, et la faisant coller au bois. Je travaille par tranches de 10 cm, puis je passe à l'autre côté. Je fais de gros trous avec mes doigts pour bien faire adhérer la terre aux palissons. La deuxième couche est moins irrégulière, et je profite de la troisième pour lisser le tout à la main.
 
C'est un travail très agréable à faire. Très long aussi.
 
L'avantage, c'est que la terre se glisse partout, bouche tout, permet tout. Je voulais insérer une tête de renard et une tête de poule dans le haut du mur, mais Monsieur Alphonse n'a rien compris à mon histoire de "renard qui essayerait d'attraper la poule, mais ne le pourrait pas, parce qu'il serait pris dans la terre, mais que peut-être une nuit il arriverait à se libérer, et qu'on ne le remarquerait qu'au matin". J'ai donc abandonné (provisoirement) l'idée.
 
Dans les travaux, nous avons définitivement perdu le magnifique papier peint couleur Sépia représentant des fables de La Fontaine. Je vous donne ici un aperçu du mur que nous regrettons déjà !!!