Des nœuds dans mon fil

dimanche 30 octobre 2011

L'ingratitude des souris

"Les souris sont ingrates". Si, si, vraiment ! C'est affolant...

On les nourrit de bonnes petites graines empoisonnées,
et elles continuent à nous empoisonner la vie.

On dispose à leur intention des pièges exhibant de magnifiques noix toutes fraîches,
et elles font sauter le ressort sans toucher à l'appât.

On leur donne des sachets de nourriture emballée,
elles se nourrissent mais n'ont pas la politesse de mourir.

On branche un appareil à ultra-sons,
elles ne fuient pas alors que l'emballage certifie de l'efficacité du système.

Elles se convient chez nous, elles refusent de vivre notre vie,
dormir lorsque nous dormons,
s'agiter lorsque nous sommes réveillés.
 Au contraire, elles font leur gymnastique au milieu de notre sommeil,
et dorment quand la chaumière s'agite.

Il y a incompatibilité d'humeur,
pourquoi ne le comprennent-elles donc pas ?


Pour les lecteurs qui n'auraient pas lu tous les épisodes, cliquez ici :

Pour ceux qui insistent pour que j'achète un chat, c'est NON ! Je n'aime pas les chats, je n'aime pas les souris non plus, mais je préfère encore avoir une souris à la maison plutôt qu'un chat. Enfin, je préférerais n'avoir ni souris, ni chat. Voilà, c'est ça ce que je veux : ni souris, ni chat.




vendredi 28 octobre 2011

La souris et la grammaire

Vous êtes-vous déjà demandés pourquoi le mot "souris" s'écrit toujours avec un "s", même au singulier ?

- Spécificité de la langue française, me direz-vous, elle comporte une multitude d'exceptions.

- Certes, répondrais-je, mais en l'occurence, il s'agit d'une exception logique :

En réalité, une souris n'est jamais seule. Même si on n'en voit qu'une seule, on peut être certain qu'elle est suivie par une colonie. D'où le pluriel !

Comment puis-je en être certaine ? Facile :

Dans mon précédent billet "Recherchons le joueur de flûte d'Hamelin", je vous faisais part de notre désolation devant l'envahissement des murs de notre chambre par une souris. Mon mari a pourtant sorti la grande batterie : tapettes garnies de noix appétissantes, sachets de délicieux poison, petites graines pour souris gourmandes. Nos murs et notre plafond sont devenus un véritable garde-manger. Et pourtant, la souris court toujours.

Elle court vers 22 heures, fait une petite sieste, et reprend son activité vers 4 heures du matin. L'autre matin, elle s'est exercée aux sauts périlleux : triple salto arrière, suivi d'un double salto avant. L'atterrissage ne se faisait pas en douceur, la réception sur la poutre en bois nous a réveillés.

Monsieur Alphonse a percé une ouverture ronde dans le placo du plafond, il a glissé une tapette, des sachets, des graines, le tout avec des gants pour que son odeur soit masquée (vous noterez en passant que nous sommes vraiment des pros). Il a replacé le bouchon, scotché le tout à l'aide d'un gros scotch gris. Il a également percé le mur derrière l'armoire, derrière sa table de nuit. L'autre soir, grand bruit, chute sur ma table de nuit, hurlement d'Alphonsine, mots tranquillisants de Monsieur Alphonse "Mais enfin, il ne se passe rien". "Comment rien ? Allume pour voir ce qui est tombé, si c'est la tapette avec la souris je fais une crise cardiaque". J'ai échappé à la crise cardiaque : ce n'était que le bouchon dont le scotch tenait mal. Nous avons cherché l'agrapheuse et remis le tout en place.

Hier, Monsieur Alphonse est allé inspecter ses pièges : la tapette avait fonctionné, mais la noix était toujours là, et la souris absente. Les sachets avaient été dévorés, le poison avait dû agir... mais la souris trotte toujours.

D'où ma conclusion : Souris même au singulier signifie toujours un pluriel !


mercredi 26 octobre 2011

Fille ou garçon ?

Il y a peu de temps, un garçon d’Alphonsine a reçu un train électrique parce qu’il avait 10 ans, et que tous les garçons d’Alphonsine ont reçu un train électrique pour leurs 10 ans.

Il faut dire qu’ils passaient d’un âge à un chiffre à un âge à deux chiffres, et qu’il leur faudra attendre encore 90 ans pour passer au nombre à trois chiffres. C’est pourquoi l’anniversaire des 10 ans est si important dans la chaumière d’Alphonsine. Et qu’offre-t-on à un grand garçon ? Un train électrique !!! CQFD !!!

Donc, Anselme a reçu un train (ça, on l’a compris). Il a sorti les rails de l’emballage, a monté le circuit, a installé la locomotive et les wagons et a mis le train en marche.

Et c’est là qu’Alphonsine s’est étonnée : comment peut-on regarder tourner un train sur un tout petit circuit avec autant d’endurance, de performance et de détermination. Rien ne peut détourner son regard et son attention. « Maman, viens voir ». Je suis allée voir, c’est sûr que c’est sympa de voir tourner un train. J’ai tenu longtemps : trois tours, puis je suis allée m’occuper ailleurs. Il a appelé ses sœurs, même attitude. Il a fait venir ses frères, en fait, inutile de les faire venir, ils étaient déjà là, bien présents à regarder tourner, inlassablement le même train composé de la même locomotive et des mêmes wagons sur le circuit ovale.

Le soir au dîner, j’ai subtilement interrogé les enfants et leur père, et j’en ai déduit qu’il y avait les filles et les garçons. Que les garçons aiment voir tourner un train, alors que les filles ont d’autres centres d’intérêt !!!


vendredi 21 octobre 2011

Le plus beau pull du monde

Que faire lorsque le plus beau pull du monde est qualifié par maman de "Pull pour la famille Fenouillard ?"

Il faut alors plaider, implorer, supplier, demander qu'elle le lave "juste une fois encore", tenter de le cacher, de le mettre le matin, de l'enlever le soir et de le poser dans un endroit où elle ne le trouvera pas, de le remettre le lendemain, d'affirmer qu'il est impossible de l'enlever en journée puisque c'est le seul pull que le pauvre chéri a dans son armoire.

Alors, devant tant de supplications, maman Alphonsine cède pour une fois encore. Elle rougit presque de honte lorsqu'elle sort le petit chéri dans son si joli pull, transparent tellement il a été porté.



Elle tente quand même de faire disparaître le pull, lorsque, par exception, elle est arrivée à le laver. Mais toujours l'instinct du possesseur lui fait retrouver son bien.

Et puis un jour, elle a une idée de génie : "je vais découper le petit ours et te le coudre sur ton sac de judo. C'est une bonne idée, non ?"

Anselme, bien conscient que c'est ça ou la poubelle, accepte la mort dans l'âme. Il reste présent lorsque les ciseaux approchent du pull, son coeur saigne de le voir découpé, puis il contemple stupéfait le petit ours posé à côté du pull, cette fois vraiment hors d'usage.

Vite, vite, maman le pose sur le sac, et le coud en place. Voilà un beau sac de judo, Anselme est consolé, la vie retrouve tout son éclat !




Deuxième version : celle de Spirou découpé dans un sweet-shirt et cousu sur le sac d'Aloyse :








J'en ai un chez moi !!!

Lorsque j'étais au Lycée, il y avait dans ma classe un garçon qui planait. "J'ai oublié de venir en cours". Nous rigolions franchement devant une telle absurdité. Comment peut-on oublier de venir en classe ???

Je ne me souviens plus de son nom, ni de sa tête. Mais je me suis souvenue de lui aujourd'hui, à 13.50 heures. Arthur vient me voir, le manteau dans une main, l'écharpe et le sac dans l'autre : "Maman, j'ai oublié d'aller en cours d'allemand, j'ai révisé mes maths pour l'interro.
- Tu veux que je signe un billet de retard ?
- Non, c'est une absence qu'il faut signer, j'ai une heure de retard... Je vais avoir l'air fin lorsque je dirai que j'ai oublié de venir..."

J'en ris encore... je le savais rêveur, mais à ce point...






jeudi 20 octobre 2011

Lectures

Le garçon qui regardait passer les trains :

C'est un beau livre de quelques pages, si court qu'il ne permet de faire aucun commentaire sous peine de trahir la pensée de l'auteur.
Jean d'Ormesson a écrit dans un style d'écriture compréhensible des enfants, mais il s'adresse manifestement aux adultes. "Le petit Prince" de Saint-Exupéry ou "Livingston le Goéland" de Michel Bach sont de la même veine et sont à mettre en parallèle : soit on les lit comme une belle histoire, soit on en tire une philosophie. Et ce texte nous entraîne dans des heures de méditation...

"Le garçon qui regardait passer les trains" de Jean d'Ormesson

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates :

 Les premières pages de ce livre sont si mal traduites qu'on hésite à poursuivre la lecture, et la tentation est grande de refermer définitivement le livre. Et puis, par manque de décision, on poursuit la lecture, et on se laisse prendre par le récit (peut-être que le traducteur a enfin, lui-même accroché au livre).
Le reste se lit d'une traite... on s'attache à chacun des personnages, et on a du regret à devoir les quitter à la dernière page.

"Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows. 

Le capuchon du moine :

Roman policier qui se déroule dans une abbaye bénédictine du Moyen-Age. Agréable à lire. J'ai passé un bon moment.

"Le capuchon du moine" d'Ellis Peters

mardi 18 octobre 2011

Avis de recherche : où est passé le joueur de flûte d'Hamelin ?

Comme tous les ans, passée la saison des moustiques, arrive brutalement le temps des souris. C’est ça la vie à la campagne… dès que le froid pointe le bout de son nez, les souris font de même dans notre maison. Mais moi, je ne suis pas d’accord de voir ces bestioles courir sous mes pieds avec leur regard arrogant. Et mon mari n’est pas d’accord de les entendre, la nuit, ronger les poutres de la maison.

Tout a débuté la semaine dernière : je prends mon petit déjeuner, tranquillement, face à Monsieur Alphonse. Je lis le premier cahier du quotidien, et je tourne brutalement la tête. Stupeur de Monsieur Alphonse : « Que t’arrive-t-il ? »

- J’ai vu une souris.
- Mais non, elles ne viennent qu’en novembre, et on l’aurait entendue marcher.
- C’est vrai. Je n’avais vu qu’une ombre, mais tu dois avoir raison. (Je préférais cette version).

Quelques secondes plus tard :
- Tu as raison, il y a bien une souris.
- Oh non…
- Je viens de la voir. D’ailleurs, si tu te retournes, tu la verras, elle nous regarde.

Je me retourne, et comme toute femme qui se respecte, je hurle. Mais je ne grimpe pas sur la chaise, ça non, j’ai ma dignité tout de même !

Monsieur Alphonse part à son travail en me laissant seule, en prise avec la souris. Quelle lâcheté… Je vais dans ma chambre (située à côté de la cuisine, ça a son importance), et que vois-je ? La souris qui m’a suivie. Je ne hurle plus. Je ne vais pas passer ma journée à hurler. Je quitte les lieux, et je me réfugie au salon.

Puis, c’est l’heure du réveil de la troupe. Les estomacs sur pattes arrivent en trombe, et la souris disparaît de notre champ de vision. Dans la journée, je l’entends bien, parfois, marcher dans ma chambre. Mais que faire ?

Monsieur Alphonse rentre tard, il n’a le temps que de poser un piège. Nous nous couchons, nous dormons… enfin je suis la seule à dormir, parce qu’à 4 heures du matin, réveillée en sursaut par les souris : une à côté de mon lit, l’autre à gratter dans le mur, je constate que Monsieur Alphonse a depuis longtemps quitté le lit conjugal pour aller dormir sur le tapis du salon. J’hésite à le réveiller, mais rien ne me fera plus rentrer dans ma chambre. Je tire d’une main preste ma couette et mon oreiller, et je pars me faire une petite place au milieu des légos qui jonchent le tapis du salon. Nous dormons par terre, laissant notre chambre aux quelques grammes de souris victorieuse.

Au petit matin, je n’entends plus la souris baladeuse. Elle a dû être gourmande et se faire prendre dans la tapette. Ouf… Mais il reste la souris du mur. Elle n’a pas encore décidé de venir nous voir dans la maison, mais toutes les nuits elle nous réveille en grattant le polystyrène. Nous dormons dans la seule chambre qui n’a pas encore été refaite…

Alors, nous passons un avis de recherche : nous voulons retrouver le joueur de flûte d’Hamelin. Ou alors sa flûte, ou tout au moins ses partitions. Parce que j’ai tout essayé : la flûte traversière, la flûte à bec soprano, alto, basse, la bombarde. J’ai essayé aussi de jouer sans faute, mais les souris ne sont pas sorties de leur trou. Est-ce une question d’instrument, ou de partition ?

Monsieur Alphonse a pris d’autres mesures : il a acheté des tapettes à souris qu’il a installées partout… à tel point que je suis dispensée de ménage, de peur de me faire prendre les doigts dans le ressort ! Il a investi également dans de la bonne nourriture pour souris affamées. Mais la nôtre ne doit pas avoir faim puisqu’elle continue son trafic nocturne.

A défaut de l’adresse du joueur de flûte d’Hamelin, nous sommes friands de toute bonne solution pour éradiquer de façon définitive la souris encombrante. Dire que nos enfants ont tous fait leurs nuits (8 heures d’affilée) à moins d’un mois, et que c’est une toute petite souris de rien du tout qui nous réveille toutes les nuits…



lundi 17 octobre 2011

Apprendre à siffler, c'est difficile... pour l'entourage

Anselme devient fatigant : il veut apprendre à siffler, et fait des essais tout au long de la journée. Il met ses lèvres en avant, et souffle bruyamment. Exceptionnellement, un petit sifflement sort de ses lèvres, plus généralement, c’est comme un gros soupir qui s’exhale de sa bouche.
Hier, nous étions en voiture, et le petit Anselme a repris ses tentatives avec une nouvelle ardeur… sauf que ses frères et sœurs ont été un peu lassés de ses expirations sans cesse renouvelées.
- Anselme, arrête de soupirer.
- Je ne soupire pas, j’apprends à siffler.
- Tu fais le même bruit qu’une bicyclette qui vient de crever. Ecoute « Pfffffff…. »
- S’il crevait le pneu d’une bicyclette à chaque fois qu’il soupire, tu imagines le tas de vélos qu’il y aurait dans la cour ?
- Et la tête de papa qui devrait réparer tous les pneus ?
- Il nous ruinerait en rustines.
- Anselme, arrête, nous n’avons plus de rustine.


samedi 15 octobre 2011

Le Kindle

J'aime lire, j'aime les livres, et nous sommes en train de créer une bibliothèque dans notre grenier pour y loger nos 4500 livres.

Je viens de découvrir le Kindle : c'est un écran plat, 16 x 11 cm (moins d'un cm d'épaisseur) qui permet de contenir l'équivalent de 1400 livres ! On achète le ou les livres (20 à 30 % moins cher) par Internet, puis on envoie le texte directement sur le Kindle par connexion Wi-Fi. De très nombreux classiques sont disponibles gratuitement.

Devant mon enthousiasme, Monsieur Alphonse me l'a offert. Aussitôt reçu, aussitôt adopté. Et Victor Hugo est déjà dans mon Kindle, gratuitement.

Inconvénient : Rien ne remplacera le livre papier, à mon sens bien plus agréable à manipuler, surtout quand on veut le feuilleter.

Avantages : Je promène avec moi une bibliothèque de 180 grammes. Comme j'ai toujours un livre dans mon sac pour les temps d'attente, je trouve ce système très pratique, léger, confortable. On ne perd jamais sa page, puisque le Kindle ouvre le livre à la dernière page lue.

Il y a un dictionnaire intégré : il suffit de poser le curseur à côté d'un mot pour que la définition apparaisse dans le bas de l'écran.

La lecture sur écran est très agréable. Non, cousine Jeanne, on ne peut lire la nuit sous la couette sans lumière. L'écran n'est pas illuminé, il est très proche de l'aspect "encre sur papier".

On "tourne" les pages grâce à deux boutons positionnés sur les côtés (on peut "tourner" avec la main droite ou gauche). Il y a également des raccourcis qui permettent d'aller à la fin du livre, etc...

Le livre est vraiment léger, et si on le pose, il ne se referme pas.

On peut agrandir les caractères, etc...

Les enfants m'ont dit : "Puisque le Kindle permet de remplacer 1400 livres, il suffit d'en acheter 8 (un pour chacun). Vous n'avez plus besoin de terminer la bibliothèque, on pourra y installer nos trains électriques, et papa installera une toute petite étagère pour les Kindles". Ils ne perdent pas le nord...





vendredi 14 octobre 2011

Mon Kindle est habillé

Reçu ce matin,
j'ai voulu le protéger immédiatement.






Couverture rigide.
Poignée pour glisser la main et tenir le livre.
Elastiques pour tenir le Kindle dans la pochette.
Je prends les commandes...






mercredi 12 octobre 2011

Le gâteau de la belle au bois dormant

Toujours dans la rubrique "recettes de contes de fées", je vous présente aujourd'hui le gâteau de la belle au bois dormant.

Récapitulatif : la belle au bois dormant a dormi longtemps. Puis elle a été réveillée par son prince charmant. Et ils se sont mariés. Pour se marier, ils ont fait une belle fête. En fait, comme 100 ans auparavant les serviteurs avaient préparé son repas d'anniversaire, c'est ce même repas (terminé) qui aura été servi. Ils fêteront donc le même jour, les 16 ans de la princesse, les 116 ans de la même princesse, et le mariage princier.

Et la princesse, comme toutes les princesses, avait pu choisir son gâteau d'anniversaire, elle avait choisi une Vosgienne (c'est comme une Forêt Noire, mais à la place des cerises, elle a demandé des framboises : quand on est une princesse, on peut tout exiger).


A présent que je vous ai mis l'eau à la bouche, je vous donne la recette. Au préalable, je vous rassure tout de suite : il s'agit d'une recette simplissime, qui paraît longue, parce que mon amie Sissi (qui est l'auteure de la recette) a voulu donner des détails. Ce gâteau est toujours réussi, et toujours beau : vous pouvez tartiner la crème fouettée comme vous voulez autour du gâteau, à partir du moment où vous jetez des copaux de chocolat par-dessus, le gâteau prend tournure et avec elle une allure princière, royale même.

Recette de la Vosgienne
(cliquer pour voir apparaître la recette !)


NB : Chez moi, c'est un prince qui a passé commande de ce gâteau pour ses 10 ans.




dimanche 9 octobre 2011

Le chien

C’était un beau chien. Un boxer à la robe couleur fauve accroché à un poteau au bord de la Reubarbe. Il tirait comme un fou sur sa laisse et aboyait à perdre haleine la tête dirigée vers l’eau. Tout son corps était tendu vers le courant, on sentait que si on le libérait, il sauterait dans le cours d’eau.

Mais que faisait donc ce chien, au milieu de la ville, accroché à un piquet ? De jeunes étudiants, venus réviser leurs cours dans le soleil de l’été indien finirent par en avoir assez de ce raffut.
- Je n’arrive plus à me concentrer avec tout ce boucan.
- Moi non plus. Où est donc son maître ? Pourquoi laisse-t-il hurler son chien ?
- Il n’y a personne sur les berges. Où peut-il bien être ?
- J’ai cru voir une femme qui attachait la laisse au poteau, j’étais concentré dans mon cours, mais je ne crois pas l’avoir vue repasser devant moi.
- Cela fait bien dix minutes que ce cabot hurle à mort. Si on le libérait ?
- Attends… Une femme passe devant nous, accroche son chien, et disparaît. Cela ne te semble pas curieux ?
- Comment, elle serait tombée à l’eau ?
- Je ne vois que cette solution.

Les deux compères restent un moment en silence. Puis :
- C’était donc ça le bruit que j’ai entendu, je n’y ai pas fait attention, je croyais qu’il s’agissait d’un enfant qui lançait des cailloux dans l’eau.

Les étudiants s’étaient levés et regardaient le courant.
- Qu’allons-nous faire ?
- Téléphoner aux pompiers.
L’un d’eux compose le 18.
- Allô ! Venez vite, nous sommes le long de la Reubarbe, une femme s’est jetée à l’eau pour se suicider après avoir attaché son chien à un poteau. Il hurle à la mort en direction du courant, et essaye de se libérer pour partir chercher sa maîtresse. Nous sommes exactement à hauteur du quai Bollivar.

A son ami en coupant la communication : « ils arrivent ».

Lorsqu’on attend les secours, le temps s’écoule interminablement. Les jeunes gens sont de plus impatients, ils consultent leur montre toutes les dix secondes, estimant que plus de cinq minutes pour le moins se sont écoulés depuis qu’ils l’ont consultée la dernière fois. Leur impatience grandit. Ils scrutent le cours d’eau, croient voir, qui une écharpe, qui une main ou une chevelure dans des remous. L’eau est si boueuse qu’ils ne distinguent rien du tout, mais finissent par reconnaître une branche, quelques algues ou une bouteille jetée négligemment dans le cours d’eau.

Enfin, ils entendent la sirène des pompiers. L’un des jeunes grimpe sur la route pour leur faire signe :

- C’est par là, venez vite. Voici le chien.

Le capitaine les interroge et donne des ordres brefs, immédiatement mis à exécution par son équipe compétente. Voilà les plongeurs déjà prêts. Ils courent sur le rivage, enfilent leurs palmes, ajustent leur masque, placent l’embout dans leur bouche, et déjà ils disparaissent dans l’eau sombre. Pendant ce temps, le canot est mis à l’eau. Le pilote suit ses plongeurs des yeux tout en scrutant les abords. Mais la visibilité est tellement faible qu’ils ne peuvent progresser qu’avec grande lenteur.

Les badauds s’agglutinent sur le trottoir au-dessus de la berge, ils échangent des commentaires « Il paraît qu’un chien a jeté sa maîtresse dans l’eau ! » « Croyez-vous ? J’ai entendu dire qu’un homme a voulu se suicider en se jetant du pont » « Pas du tout, il s’agit d’un enfant qui a fait le pari de traverser la Reubarbe à la nage ».

Le chien continue de hurler, malgré les tentatives des uns et des autres de les calmer. Brutalement, le capitaine prend une décision : « Ce chien nous casse les oreilles et ne nous est d’aucune aide si ce n’est qu’il nous énerve. Vous deux, emmenez-le à la SPA. Les deux pompiers désignés détachent le boxer de son poteau, et tirent sur sa laisse tandis que le chien continue de hurler en direction de l’eau. Mais les deux hommes ont le dessus, ils l’engouffrent dans un véhicule, et démarrent direction du refuge pour les animaux.

Pendant ce temps, les recherches se poursuivent assidument. Des équipes de renfort sont venues compléter celles déjà sur place. Deux nouveaux canots sont mis à l’eau, et chaque équipe part dans une direction différente pour intensifier les recherches.

Entre temps, le SAMU a été prévenu, un véhicule se gare, le médecin descend sur la berge avec son matériel, se poste près de l’eau, prêt à agir dès que le corps sera retrouvé.

Cette tension est insoutenable, mais nos deux étudiants ne peuvent s’en aller. La police est arrivée sur les lieux et les interroge pour tenter de comprendre le drame qui vient de se dérouler. L’anxiété devient palpable, elle grandit avec les secondes qui passent, et chaque minute diminue la chance de retrouver la femme vivante.

De leur côté, les pompiers se garent devant les locaux de la SPA. « Nous vous ramenons un chien abandonné ».
- Mais il a collier, il n’est pas abandonné. S’il a sa médaille, nous pourrons trouver les coordonnées de son propriétaire et le contacter pour qu’il vienne rechercher son boxer. C’est un beau chien, bien entretenu, je doute qu’il puisse être abandonné.
- Pourtant, c’est bien ce qui est arrivé : sa propriétaire l’a attaché à un pilier au bord de la Reubarbe, puis a plongé dans l’eau pour se prendre la vie. Mais si vous pouviez nous donner ses coordonnées, nous pourrions au moins faire prévenir sa famille.
- Suivez-moi.

Le préposé saisit la laisse du chien qui se calme enfin, et pénètre dans le bâtiment. Il regarde attentivement la médaille accrochée au collier, relève les numéros et les introduit dans son ordinateur. Il imprime la fiche qui apparaît sur son écran.
- Voici, vous trouverez l’adresse et même le numéro de téléphone.

Les deux pompiers remercient et repartent, leur papier à la main. Il leur est difficile d’approcher le bord de l’eau, les badauds forment un écran impénétrable. Péniblement, ils arrivent à traverser la foule compacte. Ils s’approchent de leur capitaine, rendent compte de leur mission et lui tendent le papier.

- Essayons de téléphoner chez elle, peut-être a-t-elle de la famille qui répondra.
- Allô, je suis le capitaine des pompiers, et j’ai trouvé un boxer accroché sur la berge de la Reubarbe…
- Ainsi vous avez retrouvé mon chien ? Où donc ? Il m’a faussé compagnie ce matin !

vendredi 7 octobre 2011

Quelle vitesse !

J'y suis allée pour des raisons de culture générale.

J'y suis restée par intérêt grandissant.

Je suis partie parce que c'était fini !

Je parle du rallye mondial et du rallye de France qui se sont déroulés en Alsace
le week-end dernier.



Pour arriver, il fallait serpenter au milieu d'un champ de maïs.
Un chemin avait été tracé exprès pour les piétons.
 Puis on longeait les vignes.
De nombreux spectateurs étaient bien équipés pour regarder les coureurs venir de loin.
Au loin, on voit les nuages de poussière, signe que la voiture approche.
Les hélicoptères (huit au total) survolaient les pistes.
 Et pour finir, quelques photos du virage en épingle à cheveux !
 Et puis, la photo d'une personne qui est venue là, on ne sait pourquoi... peut-être lit-elle mieux dans le bruit ? A quelques centaines de mètres de là, elle aurait eu le calme et le même soleil !!!




mercredi 5 octobre 2011

Petits objets indispensables pour l'été

Vite, vite, il faut que je fasse paraître ce billet avant que le soleil ne fasse place à la pluie.

Voilà deux petits objets bien pratiques :


Ce parasol est parfaitement adapté aux bières bavaroises.
Il a été importé d'Autriche, offert à Monsieur Alphonse qui aime beaucoup les "Heffeweizen" (bière blanche à la levure).
Le verre est à l'abri des rayons du soleil.
A présent il est possible de bronzer sans que la bière ne chauffe trop !!!




Au bout de la rue, une ferme avec une cinquantaine de vaches, génisses et veaux.
Des mouches en nombre...

Deux maisons plus loin, un viticulteur.
Le raisin pressé n'est plus du vin nouveau.
Les mouches à vin foisonnent.

Vite, vite, il a fallu sévir et protéger la nourriture.





Ce dôme protège-mouche a protégé une délicieuse tarte aux noix.

Et comme nous sommes en plein dans la saison des noix, je vous partage ma recette, vraiment facile, et vraiment délicieuse :


Tarte aux noix :

Pâte sablée :
250 g de farine
125 g de beurre
50 g de sucre
1 oeuf
1/2 c.c levure chimique
1/2 c.c sel
3/4 c.s d'eau

Travailler le beurre et la farine, former un creux
Verser l'oeuf, l'eau, le sel et la levure dans la fontaine.
Travailler rapidement, et mettre au frais 1/2 heure.


Garniture :
250 g cassonade
200 g crème
1/2 tasse de noix (j'en mets bien plus)

Dans une casserole, faire bouillir doucement, pendant 10 minutes, le sucre roux et la crème. Ajouter les noix hachées (je ne les hache pas dans le hachoir, sinon j'obtiens de la poudre, et c'est dommage. Je les casse dans mes doigts). Laisser tiédir le mélange.

Abaisser la pâte sur 1/2 cm d'épaisseur. Foncer un moule à tarte. Remplir avec la garniture.

Enfourner à 210°C, environ 40 minutes.

Servir avec un café, ou en dessert en accompagnement d'une salade de fruits ou d'une boule de glace au caramel.


lundi 3 octobre 2011

La danse du moustique

S’il y a un animal que le mari d’Alphonsine abhorre entre tous, c’est bien le moustique.


J’avoue que je ne comprends pas bien cette haine tenace : Chez nous, il n’y a pas de moustique, pas un… sauf quand mon mari est absent. Ils viennent alors m’envahir lâchement. Mais ils fuient dès que mon mari rentre à la maison.

Et alors, ce sont des nuits terribles. Brutalement, je suis tirée du sommeil parce que mon mari commence la danse du moustique. La chorégraphie de ce ballet est précise : un soliste, Monsieur Alphonse, le corps du ballet : une cohorte de moustiques.

Le soliste tend la main gauche dans un grand dégagement pour appuyer sur le bouton de lumière. Il bondit hors de son lit et saute en battant un entrechat impeccable. Il se retourne en une demi-pirouette, et se penche pour saisir son chausson. Il se relève avec souplesse, commence alors un staccato des plus éblouissants : il tape sur les murs, sur la couette, sur le plafond, sur la table de nuit, partout où il croit voir une ombre de moustique. Alphonsine se blottit sous la couette, tant pour se protéger que pour cacher son sourire, voire son rire qui serait ici mal venu !

Les moustiques, de leur côté, montent, plongent, reviennent, repartent, frôlent le soliste sans jamais l’atteindre. Parfois, Monsieur Alphonse fait une pause, un arrêt brutal, pour reprendre de plus belle, avec une nouvelle ardeur et un nouveau dynamisme. La danse prend fin à la salle de bain, le danseur remue le contenu des tiroirs pour mettre la main sur l’anti-moustique qui lui permettra de se reposer de ses exploits nocturnes.

Alors, mais alors seulement, Alphonsine peut retourner dans ses rêves. Elle s’interdit de rêver de danse, elle la vit toutes les nuits !



samedi 1 octobre 2011

Kimono de karaté

Je suis tombée dans le karaté il y a trois ans déjà.
Depuis, je n'en suis pas encore sortie.
J'ai bien entendu acheté un kimono.

Mais ce kimono était bien chaud en été.
J'ai alors eu envie de m'en coudre un dans un tissus plus léger.

Pour commencer, j'ai fait un patron sur la base de mon kimono.

Il a alors fallu choisir un tissu.
Ne sachant pas si le kimono serait réussi, je n'ai pas voulu acheter de tissu.
Un vieux drap a fait l'affaire. Un coton tout doux, très souple, mais qu'il valait mieux couper sur les côtés pour éviter l'usure du milieu !

Le montage a été long : l'entrejambe et le dos du pantalons sont faits d'une multitude de pièces. De même pour l'empiecement du dos de la veste et ses devants.
Il y a des coutures anglaises partout,
les ourlets et l'encolure sont surpiqués de 4 piqûres ou plus !



 
Et voilà le kimono terminé !
Je l'ai déjà porté à l'entraînement.
Tout le monde est jaloux de la légèreté du tissu !
J'ai même reçu des commandes. Mais compte tenu du nombre d'heures passées, j'hésite !