Des nœuds dans mon fil

vendredi 31 mai 2013

Je ne suis pas un homme, je ne peux pas tout faire

On veut nous faire croire qu'un homme et une femme sont interchangeables. Quelle idée saugrenue. Moi par exemple (d'accord, il faut considérer que je suis une référence, mais partons de ce postulat), je peux faire tout un tas de trucs d'hommes :

- Changer l'abattant WC (il n'y a pas que toi, Albane, et en plus je choisis immédiatement la bonne taille. Bon d'accord, c'est grâce à ton article que j'ai fait le bon choix)

- Changer une roue de voiture (ça doit faire 30 ans que je n'en ai plus changé, mais je sais faire)

- Démonter la porte du sèche-linge pour changer le crochet que les enfants ont cassé (on se demande pourquoi et comment puisqu'ils ne s'occupent jamais du linge...)

- Revisser les cache-serrures des portes.

- Chercher du matériel de bricolage.

- Porter la débroussailleuse à réviser, et savoir installer et surtout démonter les sangles (je vous promets que la première fois que vous êtes à la déchetterie en prise avec la fermeture de la sangle, vous n'en menez pas large. Mais je sais faire, très bien même !)

- Faire les opérations déchetterie AVEC la remorque (inutile de vous faire remarquer que je la dételle pour faire demi-tour, mais seulement parce qu'il y a des spectateurs, sinon je sais un peu la manœuvrer)(oui, je suis impressionnable).

- Etablir des devis avec un déménageur.

- Acheter et changer les essuis-glace de ma voiture.

- ........... (liste non exhaustive)

PAR CONTRE, il y a une chose que je ne sais pas faire (et même si je sais faire, je fais semblant de ne pas savoir faire pour ne pas avoir besoin de le faire) : c'est remonter l'horloge de la salle à manger. Ce n'est pas un travail de femme.

Et puis, ça motive Monsieur Alphonse à rentrer toutes les semaines !!!



mercredi 29 mai 2013

Ainsi naissent les vocations !

Pour meubler l’HVC (heure de vie de classe), le professeur principal a demandé à ses élèves d'aller sur le site de l'ONISEP, de choisir le métier qu'ils souhaitaient faire plus tard, et de noter sur une fiche les éléments qu'ils auraient trouvés.

Ambroise : "J'ai tapé "paléontologue", mais ça concernait les choses de la terre, ses origines, sa composition, mais strictement rien sur les dinosaures. Mais moi je veux travailler sur les dinosaures. Alors j'ai recherché pâtissier. Il faut un bac pro en boulangerie-pâtisserie, mais on peut également passer par un CAP."

Et c'est ainsi qu'Ambroise décida de devenir pâtissier !



Rectificatif : Au vu des commentaires qui sont faits, je tiens à préciser que c'est de l'humour façon Ambroise : il tient toujours à se pencher sur le mystère des dinosaures. Mais je suis bien d'accord, pâtissier est un beau métier. Pourtant je ne lui souhaite pas de le tenter, il se ferait jeter hors de la pâtisserie dès la première semaine avec tout ce qu'il verse à côté, laisse tomber, renverse, bouscule, etc...


lundi 27 mai 2013

Qui a osé porter des corrections à mon panneau ?

Récemment, j'ai vu se dégrader de jour en jour l'abattant du WC du haut. Longtemps, je me suis demandée comment les enfants procédaient pour rendre inutilisable un objet qui semblait solide. Et c'est lorsque l'abattant du WC du bas s'est détaché que j'ai fini par comprendre que l'un des garçons, le plus jeune pour ne pas le nommer, grimpait sur le couvercle, puis sautait en imprimant un mouvement néfaste à la bonne tenue de l'engin. Pour le WC du bas, pas de souci, il a été remis en place. Il est vrai qu'Alphonsine avait tenu bon à l'époque de l'installation du WC tout neuf, et avait proposé (voire même exigé) une cuvette et un abattant de collectivité. Pas bête, Alphonsine ! Le prix était très commun, mais la durée est conséquente : il a déjà 6 ans d'âge et reste comme neuf !

Pour le haut, par contre, nous avons opté pour le pas trop cher, pour le moyennement cher, et finalement, j'ai acheté à nouveau du moyennement cher, mais avec des vis et des  charnières à toute épreuve. Et surtout, surtout, j'ai pris le soin d'ajouter une notice, un mode d'emploi, une liste d'obligations et d'interdictions que j'ai affiché au-dessus du WC. Depuis, il semblerait que l'usage de l'abattant soit réservé à un usage normal, et n'est plus la base d'un saut en hauteur.

Mais qui donc a osé porter des corrections à mon panneau. Qui a voulu ridiculiser ma notice dont le seul but louable était de permettre à celui qui envisageait de s'y asseoir de ne pas se relever les fesses mouillées...


Nouvel abattant !

- Ne pas faire pipi en dehors de la cuvette.

- Le couvercle descend tout seul,
   il suffit de le baisser un peu.

- Ne pas forcer sur le couvercle.

Même les garçons peuvent faire pipi assis.


Et voilà la nouvelle version :

Nouvel attentat !

De nouvelles règles s'imposent après le dernier attentat : nous avons trouvé du pipi sur la cuvette ! Ceci est inadmissible. Donc, maintenant :

- Ne pas faire pipi en dehors de la cuvette.

- Le couvercle descend tout seul,
   il suffit de le baisser un peu.

- Ne pas forcer sur le couvercle.

Même les garçons peuvent faire pipi assis.

Prends garde à toi terroriste !
   Tu ne peux plus terroriser !!


dimanche 26 mai 2013

Le printemps (9)

Jeu du printemps : Voici la 9ème photo prise sous le même angle, avec la pluie, la pluie et la pluie.


samedi 25 mai 2013

Personne ne veut de ma maison

Monsieur Alphonse et moi-même avons une conception hors norme des choses. D'abord nous avons fait le libre choix d'accueillir 6 enfants sous notre toit. Ensuite, s'agissant du toit, nous avons choisi d'avoir une maison accueillante pour nos enfants. Ce n'est pas évident. 

J'ai décidé que les enfants ayant une durée de vie limitée sous notre toit, se devaient y être heureux. Finalement, la vie se construit sur l'enfance, et un adulte heureux est celui qui garde de bons souvenirs de son enfance.

Par conséquent, j'ai supprimé tous les objets fragiles, bibelots, vases et autres lampes. J'ai choisi des assiettes renouvelables facilement, et je ne lève même pas un sourcil lorsque le petit-dernier âgé à l'époque de 5 ans rend service en portant la pile de 10 assiettes, et la fait tomber. Il n'était pas blessé, j'ai simplement envoyé un grand ramasser les miettes, sans m'exciter, à la grande surprise de nos invités.

Notre salle de bain est conçue pour être efficace, facile à nettoyer : un lavabo de collectivité, une douche dite "à l'italienne", c'est-à-dire avec 3 murs en carrelage et un rideau de douche. Un joli rideau en coton assorti aux rideaux sépare le coin douche du reste de la salle de bain, et toute la famille peut se succéder à grande vitesse et efficacité maximum pour se brosser les dents, se coiffer, sécher les cheveux, raser, maquiller... pendant que l'un se douche.

La cuisine n'est pas intégrée, elle ne contient pas d'électro-ménager de luxe, et nous avons privilégié des meubles solides et une cuisinière de 90 cm de large. Adaptée à une grande famille !

Pas de porte en chêne. Par contre, de jolis planchers là où c'était possible. Un lieu chaleureux où on aime venir et rester. 

Mais voilà, personne n'est attiré par notre maison. Je le comprends depuis que j'en cherche une autre pour nous (clic). J'ai donc proposé à Monsieur Alphonse de faire des petits travaux : installer dans le salon qui donne sur le jardin, devant le foyer de la cheminée, un jacuzzi pour 4 personnes avec des photos affriolantes aux murs, ainsi qu'une douche pour deux personnes avec deux pommeaux. Il reste même une petite place pour le sauna. 

Mais inutile de se ruiner : nous habitons dans un village où "personne ne veut aller, il n'est pas assez chic". Forcément, les impôts locaux ne sont pas aussi élevés que dans les communes avoisinantes...



jeudi 23 mai 2013

Trouver une maison

Que de soucis : en plus de ne pas pouvoir vendre, il nous faut trouver une maison à acheter (si nous vendons) ou à louer (dans le cas contraire). Actuellement nous sommes encore optimistes (si, si, je suis optimiste : je n'ai eu aucune visite depuis plus de 2 mois, oui, 8 semaines !), et nous feuilletons Google avec acharnement pour y trouver la maison grande et pas chère de nos rêves... à acheter.

La préoccupation première, une fois que nous avons mis une limite financière à nos rêves, consiste à faire coïncider les deux critères : "grande" et "nombreuses chambres". Parce qu'en fait, les grandes maisons sont tout sauf chaleureuses : elles ont d'immenses volumes, des mezzanines spectaculaires, une piscine, une jacuzzi, des bains bouillonnants (avec des photos heu... bon, mais on peut enlever les tableaux, n'est ce pas ?), une douche avec deux pommeaux (pour deux personnes pour ceux qui suivent). Je rectifie : ce sont des maisons avec une une certaine chaleur humaine, mais je ne suis pas certaine que ce soit celle que je recherche.

Voilà donc la maison proposée : 250 m², 3 chambres, 1 bureau, une salle de bain de la taille d'un salon avec le sauna, le bain bouillonnant, la douche à deux pommeaux. Et puis, une chambre parentale digne d'un palace précédée d'un dressing comportant 4 mètres de tringle (pour y mettre mes deux jupes, mes trois robes et mes deux vestes, c'est peut-être un peu excessif ?), 4 placards (pour cinq pulls et deux T-shirts) et des étagères à chaussures qui pourraient contenir mes livres de poches, mais où mes trois paires de chaussures se sentiraient un peu perdues. Rassurez-vous, il y en a autant pour Monsieur, mais de l'autre côté : on ne mélange pas. Et comme il a aussi peu de vêtements que moi, je commence à me poser des questions sur notre garde-robe. Il faudra que je pense à demander où se trouve le magasin de vêtements le plus proche.

L'équilibre de la maison laisse à désirer : un salon-salle à manger de 60 m², une suite parentale de 35 m², une cuisine de 35 m², un bureau, un garage pour 8 voitures et trois chambres de 12 m² chacune. C'est dire la place qu'ont les enfants dans le coeur des concepteurs. 

Vous n'auriez pas une maison avec des chambres plus proportionnées et plus nombreuses, un peu de terrain non occupé par une piscine glaciale, et de quoi faire un atelier pour mes garçons ?

Oui, je sais, je suis atypique...


mardi 21 mai 2013

Recette spéciale réchauffement climatique

On le sait depuis longtemps déjà, on nous le dit et on nous le redit, on le lit partout, on l'entend partout : il y a un réchauffement climatique certain. Tremblez, bonnes gens, demain il fera chaud, nous serons en zone tropicale. Si vous voulez mon avis, je n'ai jamais eu si froid que depuis qu'on nous annonce le réchauffement climatique, mais puisqu'on nous l'affirme, il faut le croire.

Et alors, braves gens, que mangerez-vous lorsque vous habiterez dans un endroit tellement chaud que ne poussera que de l'herbe en une savane folle ? 

Heureusement qu'Alphonsine a lu pour vous "L'encyclopédie de la grande et de la petite cuisine", écrite par 11 auteurs, et éditée par la bibliothèque pratique du club de la femme, et particulièrement les pages 280 et 281 écrites par Christian GUY.

Je vous les livre ici sans plus attendre. Bon appétit !!!


CIVET DE LION DE NAIROBI 

Prenez un jeune lionceau d'environ 6 mois. Dépouillez-le et nettoyez-le en conservant un demi-litre de sang dans lequel vous ajouterez la même contenance de vinaigre. Coupez la viande en morceaux, joignez-y des oignons non pelés et du céleri, versez du vin rouge un peu épais sur le mélange et laissez mariner pendant 12 à 20 heures. Remuez de temps à autre.

Videz le liquide. Sel et poivre. Remettez du vin aromatisé aux épices que vous préférez. Faites cuire jusqu'à ce que la graisse remonte. Ecumez, puis laissez encore cuire jusqu'à ce que la viande soit parfaitement cuite. 

Ajoutez le mélange sang-vinaigre. Laissez cuire encore à feu doux 10 mn avant de servir.




SINGE ROTI AUX ARACHIDES 

Prenez un jeune singe, dépouillez-le et nettoyez-le.

Faites-le rôtir et mettez-le dans une sauce fortement épicée et aromatisée. Laissez cuire 4 heures. Quand la cuisson est achevée, lier la sauce avec des boulettes d'arachides, afin de la rendre onctueuse.

Pour préparer les boulettes d'arachides : écrasez entre deux cailloux plats les arachides préalablement décortiquées, triturez-les bien et débarrassez-les de leurs pellicules.



POUR UN VILLAGE ENTIER OU UNE TRIBU ENTIERE

Prenez un jambon d'hippopotame d'une centaine de livres. Enrobez-le dans un mélange de 5 cuiller de salpêtre et une livre et demie de cassonade. Posez lejambon sur le côté en ayant soin de tenir le côté coupe en haut dans un récipient de préférence en bois. Recouvrez d'une épaisse couche de gros sel. Laissez pendant 6 à 8 semaines.

Enlevez le sel et frottez abondamment avec du poivre noir. Suspendez et laissez égoutter pendant 8 ou 10 jours. 

Puis fumez au bois vert pendant 10 jours. Laissez refroidir. Remettez dans le récipient et couvrez de gros sel mélangé d'un peu de salpêtre.

Six jours plus tard, placez le jambon dans une saumure très aromatisée et très forte. Laissez encore mariner pendant 7 semaines.

Suspendez à nouveau, frottez avec du poivre et fumez la pièce encore quelques jours au bois vert.



SOUPE A LA TORTUE

Faites chauffer une tasse d'huile dans une marmite. Ajoutez une tasse de farine en tournant et tournez toujours jusqu'à ce que le roux soit bien coloré. Ajoutez un oignon et laissez cuire à feu lent pendant 5 mn. Ajoutez alors une petite tranche de jambon préalablement hachée, quelques tomates fraîches ou mieux encore une boîte moyenne de sauce tomate. Laissez mijoter pendant 10 mn au coin du feu après avoir parfaitement mélangé.

Ajoutez 1 kg de viande de tortue coupée en morceaux. Laissez mijoter encore 5 mn en tournant doucement. Ajoutez graduellement et doucement 4 litres d'eau , puis de l'ail, du thym, du laurier, des clous de girofle, des épices diverses, une cuillerée de worcestershire sauce, sel et poivre de Cayenne. Amenez lentement à ébullition et laissez mijoter pendant une bonne heure. 

10 mn avant de servir, ajoutez le jus de 4 ou 5 citrons. Lorsque vous retirez la soupe du feu, versez dedans 2 ou 3 verres de cognac.



lundi 20 mai 2013

Le printemps (8)

Malgré les litres de pluie (hectolitres plutôt), les feuilles grandissent. Les boutons des roses apparaissent, la lavande s'étoffe. Mais ce n'est pas une raison pour que la pluie continue, on en a assez eu.

Voir ICI pour les articles sur le printemps.





vendredi 17 mai 2013

Visite insolite

Depuis trop longtemps les enfants avaient envie de grimper dans le clocher de l'église. Ils ont demandé au maire de la commune (appelons-le Bernard) s'il pouvait organiser une visite pour 8 personnes ! Il ne restait plus qu'à trouver le jour qui permette à toute la famille de se trouver présente au même moment devant la porte de la petite église du XIIème siècle.

Et enfin, ce jour tant attendu est arrivé. Bernard est venu nous chercher, nous avons sauté dans une paire de chaussures (c'est ça quand on vit comme des va-nu-pieds), avons saisi l'appareil photo au vol, et sommes partis en cohorte. 

Bernard avait bien préparé la visite. Il nous a expliqué l'histoire de l'église, nous a montré la magnifique bible écrite en allemand et datant du XVIème siècle, nous a parlé des travaux faits et à faire. Nous avons pu voir la minuscule chapelle, et entrer dans la pièce attenante contenant des seaux et des toiles d'araignées. Une part du mystère s'est alors envolée. Cette église bénéficie du simultanéum, c'est-à-dire quelle peut servir à la fois pour les offices protestants et pour les messes. En pratique, elle sert aux offices tous les dimanches, mais les catholiques peuvent y célébrer des messes à condition de le faire au moins une fois par an. S'ils faillissent une seule année, la tolérance tombe en désuétude. 

Ensuite nous sommes montés à la tribune, Monsieur Alphonse n'ayant pas voulu nous jouer un morceau d'orgue, nous avons continué notre ascension. Parce qu'en effet, à partir de la tribune, c'était d'escalade et de risque qu'il s'agissait. Un escalier raide, étroit, protégé par des toiles d'araignées gigantesques. 




Bernard le téméraire nous a précédés pour nous frayer une voie parmi ces obstacles.


Enfin, nous étions sains et saufs, du moins le croyions-nous. En réalité, Bernard nous a immédiatement mis en garde et présenté l'obstacle à venir : il s'agissait de traverser le plancher sans le traverser. Comprendre : il était impératif pour monter au clocher de passer à l'autre extrémité du grenier sans passer à travers le plancher et finir sur les bancs (forts inconfortables) de l'église.


Nous avons donc marché les bras en balanciers, un pied devant l'autre sur la poutre invisible qui était sensée tenir le plancher. Nous n'avons regardé ni à droite ni à gauche pour ne pas nous laisser perturber par les trous béants qui nous attiraient.


Après cette traversée aussi risquée que périlleuse, nous sommes arrivés sur une plate-forme. Nous avons respiré de soulagement... avant de passer à la troisième étape qui ne présentait pas de difficulté majeure : passer une porte très basse et reprendre l'ascension d'un escalier si raide qu'il en devenait une échelle.


Quelle déception en arrivant, les ouvertures étaient placées bien hautes, et empêchaient de voir autre chose que le ciel. 

Après un peu de gymnastique, nous avons tous pu admirer le village vu du haut. 



Ensuite, nous avons attendu 11 minutes que les cloches nous annoncent l'heure du goûter. A 16 heures, les marteaux se sont abattus sur les cloches. 



Nous avions tout vu, nous pouvions redescendre, le coeur heureux de cette belle visite. Merci Bernard !

mercredi 15 mai 2013

Donner le goût de la lecture

Faire lire un enfant, c'est un mode d'éducation, comme de les amener à la propreté (j'ai mal réussi sur ce point, parce que je ne m'y suis pas astreinte comme j'aurais dû. Mais bon, ils sont tous propres à ce jour).

Chaque cas a été un peu différent. A la base, mon mari et moi aimons beaucoup lire, nous lisons tous les jours, les enfants ont toujours été entourés de livres et nous ont vus lire. Donc, premier principe, il faut que les parents aiment lire pour donner le goût de la lecture, puisque l'éducation se fait principalement par l'exemple.

Accessoirement nous n'avons pas de télévision. Les enfants jouaient, lisaient, et nous sortions nous promener, visiter des musées... Avec le temps, des DVD sont venus occuper certaines soirées. Actuellement, il y a un ordinateur pour tous les enfants, avec accès très limité : pour aller sur Scolastance. Les seuls jeux vidéos sont ceux du site Légo ou Playmobil, mais uniquement le jour de l'anniversaire d'un des enfants ("Non, Augustin, tu n'iras pas sur le site Play le jour de MON anniversaire, les parents ne comptent pas").

Amélie, l'aînée, se refusait à mettre le nez dans un livre autre qu'un livre d'images. Un été, nous lui avons donné "La petite maison dans la prairie". Elle lisait une demie page, puis refermait le livre avec la mention "ce n'est pas intéressant"... jusqu'au jour où elle a été assise dans un fauteuil avec le livre et l'ordre de lire tout un chapitre avant de pouvoir jouer. Les cinq premiers jours ont été pénibles pour elle, les suivants ont été pénibles pour nous, parce qu'elle ne sortait plus de son livre... et quand on sait qu'il y a 6 tomes, on s'imagine bien la scène.

Conclusion numéro 1 : Il faut que l'enfant découvre la joie de lire en continu. S'il ne lit que quelques lignes, il ne se souvient pas forcément de ce qui précède, peine à rentrer dans l'histoire, et referme le livre avant même de connaître la suite. Le forcer à lire un chapitre en entier est donc le meilleur moyen pour qu'il comprenne que l'histoire forme un tout et devient intéressante lorsqu'elle est suivie.

Albert n'a pas eu besoin d'être aidé. Il a commencé sa carrière de grand lecteur lorsqu'il a lu le premier tome d'Harry Potter. Il y a des enfants qui aiment lire par nature. Et on les retrouve souvent dans les familles nombreuses, puisque c'est le moyen d'élection pour s'isoler des autres. 

Conclusion numéro 2 : Peu importe LE livre qui détermine la lecture. Il faut avoir des étagères de livres à disposition (ou aller dans une bibliothèque), et surtout mettre devant lui les livres que son âge lui permettra de lire avec profit. (A l'époque, je lisais tous les livres pour enfants pour savoir à qui le recommander).

Antoinette a appris à lire très jeune, elle a toujours voulu faire comme les aînés, et c'est tout naturellement qu'elle a attrapé un livre pour avoir l'autorisation de lire au lieu d'éteindre la lumière et de dormir ! La lecture était considérée comme une récompense : celui qui savait lire avait le droit d'éteindre après les autres et de lire un temps donné (qui a évolué en fonction de l'âge). C'était très attractif. 

Conclusion numéro 3 : Il faut que la lecture soit une récompense.

Anatole a également lu dans un objectif d'éteindre plus tard. Et comme il partageait sa chambre avec Albert, qu'il le voyait lire, il demandait des conseils de lecture à son frère qui a alors mis au point sa technique de chantage. (voir dans la rubrique "Ambroise")

Conclusion numéro 4 : La lecture se développe au contact d'autres lecteurs.

Ambroise a été l'enfant le plus récalcitrant à la lecture (au reste aussi d'ailleurs, c'est un peu un art développé chez lui que de lutter contre tout). Nous avons commencé avec le tome 1 de "la cabane magique". Ambroise n'a pas voulu le lire parce qu'il a trébuché sur la présentation de la première page. Je l'ai donc emporté en voiture "Non, maman, ce n'est pas la peine, je ne le lirai pas". Comme par hasard, je l'ai proposé en lecture à haute voix (les enfants lisaient beaucoup à haute voix dans la voiture, des livres adaptés à toute la famille, comme "le petit Nicolas" ou "la famille aux petits oignons", c'était excellent pour la diction et pour les fou-rires familiaux).

Nous avons lu trois chapitres (les enfants se passaient le livre), puis j'ai proposé d'arrêter. Ambroise a souhaité avoir la suite. Son frère a continué la lecture, mais s'est arrêté au chapitre sept, sous prétexte qu'il en avait assez. Il a posé le livre à côté d'Ambroise qui avait bien compris qu'il s'était fait avoir, mais qui était malgré tout trop curieux de connaître la suite. Il a terminé le livre tout seul... et m'a demandé les suivants.

Et c'est là qu'Alfred a mis au point sa technique de chantage : "Je te donne le tome deux de la cabane magique si tu lis un Fantômette" Je vous épargne les conversations, discussions, contestations, délibérations, objections, palabres et polémiques. Ambroise a lu un Fantômette en échange de quoi il a pu lire le tome deux de la cabane magique. Il a souhaité lire un autre Fantômette, mais Alfred le lui a interdit, à moins qu'il ne lise un club des cinq... 

Conclusion numéro 5 : La lecture à haute voix suscite des lecteurs.
Conclusion numéro 6 : La lecture en voiture est un bon moyen pour faire aimer les livres.
Conclusion numéro 7 : Faire aimer un seul titre d'une série provoquera la lecture de tous les autres livres de la série.

Augustin est dysphasique, et a beaucoup de mal à lire des livres de son âge. Il est le seul a avoir eu le droit de se gaver de bandes dessinées. Mais contrairement aux autres, il lit tous les textes. Il connaît des répliques par cœur. Astérix, Tintin, Gaston Lagaffe et Achille Talon n'ont plus de secret pour lui.

Conclusion numéro 8 : Je croyais que la lecture des bandes dessinées était néfaste à la création d'un lecteur, je me suis trompée.

Six enfants, six techniques pour amener un enfant à aimer lire. N'hésitez pas à compléter cet article par vos commentaires.



mardi 14 mai 2013

Le printemps (7)

Lorsque ParciParla a proposé de fêter ensemble l'arrivée du printemps (CLIC), j'ai hésité à me lancer, n'étant pas bien certaine de penser à prendre une photo toutes les semaines. Et puis, je me suis prise au jeu, et je suis incroyablement surprise de voir comment mon mûrier platane pousse lentement (CLIC).





dimanche 12 mai 2013

Sauvé par Skype

Albert est un garçon qui a toujours aimé lire depuis qu'il sait bien lire, c'est-à-dire depuis l'âge de 9 ans. (Avant cet âge, on sait déchiffrer, on annone, mais on ne prend pas encore de plaisir à lire un livre en entier). A partir de 9 ans, on a toujours vu Albert avec un livre en main, à partir de 10 ans, il en menait deux ou trois de front, à partir de 11 ans, il lui en fallait cinq.

Lorsque nous partions en voiture (lorsqu'on habite en ville, on ne sert de la voiture que pour en sortir, du moins à Strasbourg), j'annonçais aux enfants : "départ dans 5 minutes, préparez-vous". Les plus grands mettaient la tenue indiquée (promenade, visite de musée...) et avaient glissé dans leur sac un livre... sauf Albert qui en avait cinq. C'était indispensable quelle que soit la durée du trajet. "Mais maman, j'ai besoin des cinq livres. Celui-ci, je l'ai presque terminé, il me reste 7 pages à lire. Ensuite, je commencerai celui-là. Et les autres ? Mais j'ai envie de relire le chapitre 12 de ce livre, et la réplique amusante de la page 74 de l'autre, et j'emporte le cinquième au cas où l'autre livre ne me plairait pas".

Que voulez-vous répliquer à de telles affirmations. Le raisonnement est imparable, la logique est cohérente, et finalement tant que les livres ne traînent pas, et qu'il les range dans son sac, je n'avais rien à objecter (la vérité, c'est que je fais de même lorsque je ne conduits pas).

Donc, Albert avait toujours le nez dans un livre. La pire des punitions dans la famille d'Alphonsine était de priver les enfants du moment de lecture avant d'éteindre. Tous les enfants d'Alphonsine aiment lire et lisent beaucoup. Mais Albert est le plus fort dans cet art. Il a lu les 400 livres pour enfants que nous possédons, il a amené Anatole et Ambroise aux joies de la lecture, avec une technique de chantage hautement développée qui m'amusait beaucoup (mais je ne suis jamais intervenue dans les conversations), et il faisait la sélection des livres en m'amenant ceux qui n'étaient "pas moral" parce qu'ils contenaient un gros mot.

Il lisait au réveil, il lisait en s'habillant, il lisait aux toilettes, il lisait dans le bus, il lisait en marchant, il lisait en classe, dans les inter-cours, il a même fait la une du collège lorsqu'il est sorti de sa classe lors d'une alarme-incendie avec son livre à la main qu'il a continué de lire dans la cour de récréation, il a essayé de lire à table, mais là, j'ai mis un holà rédhibitoire. "Le repas est un moment convivial, on participe à la conversation, il est hors de question de lire à table". 

Albert participait à la conversation, et il n'y participait pas. Il lui arrivait d'être très présent et alors très amusant. Mais souvent il était dans ses livres, n'entendait rien, et pour peu qu'il ait quelque chose dans son assiette, il partait dans ses rêves, dans les histoires qu'il s'inventait. On pouvait alors discuter de tout, il n'entendait rien. Et on en arrivait aux aberrations suivantes : "Maman, papi et mamie sont là !" "Oui, ils sont arrivés il y a déjà 1/2 heure, tu n'as pas entendu sonner ?"
Non seulement il n'avait pas entendu sonner, mais de plus, il ignorait absolument qu'il y aurait une visite alors que nous en avions parlé à table.

"Albert sort de tes livres" "Albert, la vraie vie, c'est ici, avec nous" "Albert, as-tu entendu que nous allons avoir de la visite (ou que nous allons partir, ou que nous irons en vacances...)" "Albert, sors de tes rêves" "Albert, vis avec nous".

Lorsqu'Albert est parti étudier en Belgique, nous nous sommes dit qu'il n'y aurait pas grand changement pour lui : ne sachant jamais ce qui se passait autour de lui alors qu'il était à la maison, il ne saurait pas plus ce qui se passerait à la maison lorsqu'il serait loin.

Comme les parents peuvent se tromper... Skype lui a sauvé la vie : Grâce à ce moyen extraordinaire, il écoute lorsqu'on lui parle, et il apprend ce qui se passe à la maison, ce qui va se passer, grâce surtout à sa soeur Amélie qui est une vraie station de radio. Elle lui apprend tout ce qu'il doit savoir et qu'il n'a pas encore appris par ailleurs. A présent lorsqu'il rentre, il fait vraiment partie de la famille !


dimanche 5 mai 2013

Le printemps (6)

Cette semaine, la photo du jeu du printemps est prise en plein soleil :


L'arbre, un mûrier platane, est en fleurs. On ne les distingue pas sur la photo, parce qu'elles sont de la couleur des feuilles. Sur le mur, le rosier grandit, la touffe de lavande grossit. Il y a également un saule, du houblon qui grandit d'heures en heures, et une vigne en tonnelle qui verdit à vue d'oeil. Je me régale...


vendredi 3 mai 2013

Décathlon, c'est pas bon

Décathlon, c'est pas bon. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est le réparateur de vélos Décathlon.

J'en reviens... En début d'après-midi, j'ai chargé dans ma voiture deux vélos Décathlon. L'un a appartenu à Albert (il lui appartient toujours mais ne s'en sert plus pour cause d'absence). L'autre appartient à Ambroise. Les deux sont cassés, et Ambroise a dû emprunter le vélo d'Augustin qui est utilisé par Anatole les jours où il emporte sa trompette, parce que sinon il a le vélo offert par Antoinette qui a reçu un nouveau vélo plus adapté à sa taille (le précédent ayant été donné par un ami qui mesure trois têtes de plus qu'Antoinette).

Or, ce matin, j'ai dû emmener Ambroise en voiture parce que le vélo d'Augustin menaçait de faire la grève sur le trajet, ce qui m'aurait obligée à le récupérer au parking du supermarché, mais que je n'avais plus de chocolats suisses à offrir au gentil client qui aurait prêté son téléphone à Ambroise pour m'appeler au secours. A quoi tiennent les choses...

Donc, cet après-midi, j'ai filé droit vers Décathlon, en espérant rentrer avec un vélo réparé, étant bien établi qu'en attendant, Anatole a revissé la partie sensible du vélo d'Augustin pour qu'Ambroise puisse circuler sans risque. Ouf, je partais tranquille.

J'étais accompagnée d'Augustin, ce qui me paraissait plus simple pour faire le trajet voiture-atelier de réparation avec deux vélos dont un à porter.

Le mécanicien vélo examine tout d'abord le vélo d'Ambroise, acheté l'année dernière. Diagnostic : la moitié du prix du vélo, et 8 jours d'attente. Il faut envoyer le vélo à l'agence régionale (on se croirait dans une banque), laquelle est seule compétente pour redresser le bout de cadre tordu qui envoie le dérailleur dans les rayons. Soit.

Il se dirige ensuite vers le vélo d'Albert dont l'axe de la roue arrière s'est brisé net. Il additionne mentalement les réparations à effectuer, et n'ose me donner le chiffre final bien plus élevé que le prix du vélo... "évidemment, c'est un vélo d'entrée de gamme. Ce sont des vélos à usage occasionnels et non à usage fréquent comme vos enfants le font".

Je me suis interrogée sur le sens de l'expression "entrée de gamme". S'agirait-il de "bas de gamme" ?

Oh que non, m'a répliqué le vendeur dédaigneux, mais pour faire du vélo tous les jours il faut y mettre un autre prix.

Je me suis sentie rougir sous l'affront et lui ai fait observer que sa réflexion était humiliante pour moi ; que j'avais 6 enfants et certes pas de quoi acheter un vélo luxueux pour chacun de mes enfants, et qu'en tout état de cause je ne lui permettais pas de juger mes dépenses et mes choix de budget ; qu'il me semblait que Décathlon permettait à tout un chacun d'avoir un libre accès au sport, et que j'avais acheté ce vélo en précisant au vendeur qu'il servirait pour se rendre à l'école, qu'il ne m'avait jamais été dit qu'il s'agissait d'un vélo à usage occasionnel ; que si un vélo devait être réservé à un usage hebdomadaire, les enfants seraient malheureux de regarder leur joli vélo 6 jours de la semaine pour rouler 1/2 heure le septième ; et qu'en l’occurrence je m'interrogeais avec raison sur la déformation du cadre puisque tous les vélos Décathlon avaient ce même défaut.

Bref, pour 130 Euros (qui rappelons-le valent près de 900 Francs) on pourrait espérer une durée de vie plus longue que 2 années. 

Le vendeur était bien embêté : pendant qu'Alphonsine le rappelait à un peu de politesse, son ordinateur était en panne et il n'arrivait pas à sortir la fiche de réparation... il aurait tellement aimé couper court !






mercredi 1 mai 2013

Mauvaise mère

Si Galéa s'est décernée le titre de mère la plus indigne de la région (clic), je me décerne avec raison le titre de la plus mauvaise mère de la blogosphère.

Ce matin, à 8 heures, mon téléphone se met à vibrer dans ma poche. J'étais en train de jouer de la flûte avec l'harmonie à laquelle j'appartiens, en bordure de forêt.
- Maman, tu es où ?
- Augustin, je ne t'ai pas dit que nous avions notre sortie avec l'harmonie ? Nous marchons et nous jouons de la musique dans la forêt. Je suis avec Anatole.
- Mais il y a plein de voiture devant la maison.
- C'est normal, ce sont les marcheurs du premier mai qui se donnent rendez-vous et qui vont partir se promener. Tout est prêt, va prendre ton petit-déjeuner, Antoinette et Ambroise vont bientôt se lever.

Toute à ma joie de refaire une journée bonheur (clic), j'avais oublié d'en informer spécifiquement Augustin, qui a pourtant besoin de certitudes, de repères et d'assurance.

Ce soir, à table, Ambroise, jamais avare d'un bon mot (comme "Antoinette minerve" parce qu'elle est obligée d'en porter une !) explique : "Maman a mal lu l'histoire du petit Poucet.  Au lieu de nous perdre en forêt, c'est elle qui a voulu se perdre... et elle avait même oublié d'emporter les cailloux".

Inutile de vous raconter ma journée. A peu de choses près, elle ressemble à celle de l'année dernière. Ce qui est important, c'est qu'Anatole qui joue de la trompette dans la même harmonie passe une journée exceptionnelle avec tous les jeunes qui jouent avec nous. Il a escaladé une cabane en bois, s'est installé sur une vieille poutre, et a montré à tous les autres comment sauter de si haut. 

Le plus curieux, c'est qu'il a passé la journée avec le pull noué autour du ventre, même pour jouer au basket. Et comme nous sommes dans une association avec un même chef, je pars du principe que je n'y suis pas en tant que sa mère (tant qu'il se conduit comme il faut), et je me refuse à lui faire des réflexions comme : "Mets ton pull, il fait froid" ou "Pose donc ton pull ici, tu seras plus à l'aise pour jouer".

J'ai donc été surprise ce soir lorsqu'il m'a montré son pantalon... un clou mal placé... 


La surprise n'a pas tant été le trou que le fait qu'il soit arrivé à faire un accroc dans un pantalon déjà raccommodé... c'est bien la première fois qu'il ne profite pas d'un pantalon intègre pour le trouer !