Des nœuds dans mon fil

samedi 31 août 2013

L'après-miracle : mardi 6 août


Nous passons une nuit épouvantable. Dès qu’un bateau nous fait des vagues, nous sursautons, et nous craignons que le voilier ne soit en train de couler. Dès que les différences de température font se dilater la coque, nous entendons des claquements qui nous font craindre le pire. Dès qu’un bruit curieux retentit, nous imaginons que des passants viennent nous rendre visite (nous sommes amarrés sur le quai le long de la route dans un endroit touristique). La seule fois où nous rions hystériquement, c’est lorsqu’un petit allemand dit « Maman, regarde le beau bateau, il est immense ! ……… Oh, regarde maman, il est tout cassé ! »

Au petit matin, nous avons déjà déjeuné, et nos bagages sont prêts lorsque les loueurs arrivent à trois. Nous les voyons s’arrêter sur le quai, les bras ballants, la bouche ouverte et les yeux aussi, exorbités, contemplant les dégâts sur le voilier, nous regardant nous, soulagés de nous voir sains et saufs. Gentiment, ils se proposent de nous aider, et portent nos sacs sur le quai.

De leur côté, ils sécurisent le bateau (ce que Monsieur Alphonse n’a pas pu faire avec son bras, et faute de temps). Ils utilisent un cordage pour refixer le mât à l’arrière, s’étonnent qu’avec ce choc, et les câbles sectionnés, le mât ne soit pas tombé en perçant la coque. Ils remontent tant bien que mal les rambardes, essayent de débloquer complètement la barre qui est toujours difficile à manœuvrer. Ce sont tous des skippers avertis, et ont déjà vu un grand nombre d’accidents dans leur vie, mais jamais de survivants pour ce genre de situation. Là, nous avions compris que nous étions des miraculés.

Un taxi vient nous chercher : c’est un 15 places. Nous montons à bord, et nous quittons Sibénik. Je me demande si nous arriverons entiers à Zadar. Je dis à mon mari que ce n’était pas la peine d’être miraculé de la mer pour mourir sur la route. Le chauffeur a trois téléphones portables. Dès que Monsieur Alphonse lui pose une question, il prend l’un ou l’autre, soit pour appeler un copain et lui poser la question, soit pour chercher la réponse sur Internet. Je supplie mon mari de ne plus lui adresser la parole, puisque même s’il ne consulte pas ses téléphones, il le regarde pour lui répondre. Je préfère qu’il regarde la route. Le téléphone sonne… je suis à bout, parce qu’alors il dévie sur la droite. Nous sommes alors sur l’autoroute. Je réprime un cri d’effroi, le chauffeur me demande calmement ce qui m’arrive, je lui présente mes excuses, et mon mari lui explique que nous sortons d’un grave accident.

Bon, les téléphones n’ont plus sonné depuis longtemps, Monsieur Alphonse ne lui pose plus de question, je me détends progressivement et regarde le paysage. Mais qu’arrive-t-il ? Le chauffeur joue au guide touristique. Il veut nous montrer une vue somptueuse au-dessus d’un pont, il ralentit, il freine, il roule à 40 km/h sur l’autoroute. Vat-il y avoir une fin à ce stress continu ?




Nous sommes enfin à Zadar, et le chauffeur de taxi repart avec ses trois téléphones. Je recherche notre voiture, il fait au moins 50° C dans la voiture. Albert charge les bagages pendant que Monsieur Alphonse règle les papiers avec le loueur. On le traite à nouveau en miraculé. En attendant qu’il revienne, nous allons nous doucher, et nous donnons rendez-vous au café de la marina. Nous allons y prendre un déjeuner rapide avant de rentrer.

La question essentielle se pose : « Que faisons-nous ? » On nous propose un voilier plus grand, plus beau, avec skipper si nous le souhaitons. J’avoue attendre les réponses des uns et des autres avec inquiétude. Mais Augustin répète inlassablement « Pour moi, papa, la voile, c’est ter-mi-né ». Il nous faut respecter cette attitude radicale. Moi-même je suis un peu soulagée, parce que si nous devions repartir, je passerais mon temps à scruter la mer à la recherche d’un autre Frankenstein de la mer. Et d’ailleurs, Monsieur Alphonse est le seul qui connaisse le métier, et il est sévèrement handicapé par son bras. C’est un peu utopique et risqué de penser repartir immédiatement.

Reste la question : « Que faisons-nous alors ? » Monsieur Alphonse a l’idée géniale de nous proposer de nous rendre dans notre maison en Alsace. Le meublé qui nous attend en Suisse n’est pas chez nous, nous serons mieux dans nos murs, dans notre maison que nous aimons. « Et Nadia et Ennio ? » Ce sont nos amis italiens (j’avais fait la connaissance de Nadia par le forum de marmiton, et son mari et elle sont devenus des amis chers que nous aimons retrouver. Nous avions prévu de nous rencontrer à Venise, et de poursuivre la visite des îles ensemble) (Pour la visite de Venise avec Nadia, cliquer ICI) Il était inconcevable pour tous les membres de la famille de rentrer sans les voir. Accessoirement, il me semblait difficile, stressée comme je l’étais, de faire le trajet du retour en une seule fois. Il nous fallait d’abord nous reposer.

Nous avons donc pris contact avec Nadia, qui, gentiment, et de façon toute professionnelle, nous a choisi un gîte magnifique pour deux nuits tout près de chez elle. Elle a organisé la journée du lendemain d’une main de maître : un pique-nique géant dans un beau parc, et une réservation pour dîner dans un restaurant typique de la région. 

Pour nous, cet accueil a été salvateur. Nous nous sentions entourés et aimés, et cela nous a beaucoup aidés à relativiser le drame que nous avions subi. Enfin, nous pouvions parler d’autre chose que d’accident dramatique. C’est à ce moment que j’ai acheté le somptueux couteau à pain qui m’a valu du stress le jour de la rentrée (ICI).

On réalise pleinement la grandeur et la beauté de l’amitié lorsqu’on vit la générosité, la disponibilité et la serviabilité des amis.


J’en profite pour vous remercier, vous toutes qui avez déposé vos commentaires qui sont un baume. Chacune dans votre style, vous avez su me toucher avec vos mots emprunts de délicatesse et d’affection. Merci à vous toutes.

jeudi 29 août 2013

Le miracle : lundi 5 août

(Cliquer ICI pour le périple de nos vacances scandaleuses)

Un grand silence se fait. Nous nous relevons, nous sommes vivants.

"Qui saigne ?" Il y a du sang partout. Je me tâte l'arrière de la tête, rien... C'est Monsieur Alphonse qui s'est éclaté l'arcade sourcilière. "Il te faudrait 4 ou 5 points de suture". Il a très mal au bras gauche et ne peut s'en servir. J'appelle Augustin et les enfants qui étaient dans le bateau : personne n'est blessé, sauf mon mari. J'ai une bosse énorme sur la tête, elle tient dans ma paume, j'ai des énormes bleus partout, et très mal à l'épaule. "Enfilez un gilet de sauvetage à Augustin".

Chacun, dans le calme, exécute les ordres. Je suis impressionnée par leur obéissance dans ces circonstances dramatiques. Amélie commence à pleurer en voyant le visage sanguilonant de son père, mais je la calme instantanément : "Si tu pleures, je te donne 2 grandes claques pour te calmer. Ce n'est rien du tout".

Monsieur Alphonse regarde les dégâts : la barre de gauche est enfoncée et bloque l'autre partie. Le  système de détection GPS a éclaté, les deux câbles qui retiennent le mat sont sectionnés, de même que la bôme. L'arrière du bateau est en ruine, le moteur de l'annexe inaccessible, il touche l'eau, la bouée de sauvetage est à raz d'eau également. Pas de voie d'eau... Nous coupons le moteur de peur qu'un câble se prenne dans l'hélice, le bateau responsable s'éloigne...












Nous l'appelons en anglais, faisons de grands signes. Je cherche la barre de secours dans le caisson, Monsieur Alphonse essaye de la mettre en place, mais il ne peut la manœuvrer  les barres sont bloquées.


Le responsable fait demi-tour. Nous lui crions qu'il y a un blessé et qu'il doit nous remorquer jusqu'au port. Il hésite, puis se décide. Mais comme nous ne pouvons rien manœuvrer  et qu'il est incidemment vraiment empoté, nous risquons une nouvelle collision. Albert est au téléphone avec notre loueur, puisque la radio est en panne. Mais il n'y a qu'un répondeur...


Enfin le responsable nous envoie un cordage, il nous tire 5 minutes, puis s'arrête. Mon mari lui crie d'avancer, puisque notre barre est toujours bloquée. Pendant ce temps, Albert et Anatole tirent comme des fous sur la barre tordue pour l'arracher et débloquer le système. Enfin, au dernier moment, il remet les gaz et repart. Nous ne savons où il nous emmène. Durant ces péripéties, il nous a été impossible de faire le point, nous avons dérivé, et nous avons été traînés à une vitesse indéterminée.


Brutalement, sans crier gare, il s'arrête. Une femme détache l'amarre, nous faisons de même pour ne pas le percuter. Au dernier moment les garçons ont pu débloquer la barre et Monsieur Alphonse a pu virer pour ne pas entrer en collision avec le Frankenstein de la mer. "Sa pompe s'est mise en marche, il doit avoir une voie d'eau". De fait, il met le canot à la mer, y place deux enfants, se tourne vers la femme (qui est sa sœur , et pendant ce temps, le canot s'en va, parce qu'il n'a pas arrêté son moteur. Le garçon lui lance le filin qui tombe à l'eau. Le fou plonge près de son hélice en marche, récupère le filin, tire le canot et y fait monter sa sœur  Puis il met les gaz à fond et part sans vérifier que les naufragés ont bien été récupérés.


Les voilà un peu stupides, tous les trois, sans rame, au milieu de la mer. La femme plonge, et tire le canot vers notre voilier. Nous la récupérons difficilement, l'arrière est tellement abîmé que nous avons peur qu'ils ne se blessent.


Nous remettons le moteur en marche, il fonctionne. La barre se libère. A présent il faut trouver notre position.


La femme ne sait pas où nous sommes. Elle a téléphoné aux secours... il faut attendre. Et elle nous raconte qu'elle dormait ainsi que les deux enfants (qui sont ceux de la copine de son frère, ce qui explique qu'elle s'en désintéresse et ne leur jette pas même un regard. Antoinette prend la petite fille de 6 ans sur ces genoux et essaye de la consoler. Son frère était aux cartes, et sa copine à la barre. Elle avait mis la vitesse à fond, et jouait sur son IPhone !


Monsieur Alphonse commence à se repérer avec les différentes îles, et à avoir une idée de notre position. "La police !" Enfin une chose positive. Je sens ma tension chuter d'un coup. Je me ressaisis, il n'est pas question de me laisser aller. Nous accostons le bateau de police de la mer, un policier monte à bord, les naufragés changent d'embarcation. La police de la mer nous assure qu'ils nous escorteront jusqu'au port, soit devant, soit derrière nous, qu'ils ne nous laisseront pas seuls. D'ailleurs le policier monté à bord avec nous y restera jusqu'au bout. Ils sont pleins d'attentions, et surpris de ce que nous soyons tous vivants. 


Arrive alors le capitaine du port à bord d'un bateau ultra-rapide. Il nous contourne et nous regarde avec des yeux exorbités. "You live, you live !" C'était à la fois une question et une exclamation. Il propose à Monsieur Alphonse de le ramener au port au plus vite pour se faire soigner, mais celui-ci refuse : "Je suis médecin, il n'y a pas d'urgence, je peux attendre quelques heures avant de me faire suturer".


Nous repartons alors. Le policier à bord prend nos papiers d'identité, et finit par rire franchement lorsqu'il réalise qu'à l'exception de deux de nos enfants, tous sont nés dans une ville différente, certains même à l'étranger. Une fois les formalités terminées, les enfants nous rejoignent et commencent alors les échanges de répliques de film. Le rire est notre moyen de libérer le stress.


La palme va à Albert qui clame : 



"Les héros s'en sortent toujours !"

En attendant, le policier, dans un anglais aussi hésitant que le nôtre joue au guide touristique.

Entrée du port de Sibénik

Cavités utilisées pendant la guerre de Croatie


Fortifications datant de la deuxième guerre mondiale
Arrivée à Sibénik


Nous arrivons au port. Monsieur Alphonse décline l'aide du policier, donne des ordres précis à Albert et à Anatole, m'installe au moteur, et essaye de manœuvrer la barre qui est vraiment très difficile à bouger. Il fait un accostage qui provoque l'admiration de tous. Les policiers s'installent juste derrière nous. Nous sommes sur le quai.


Le capitaine souhaite que Monsieur Alphonse vienne faire sa déclaration, mais les policiers l'emmènent dans leur vedette, lui donnent un verre d'eau et appellent une ambulance. Pendant ce temps, je prends les enfants et nous traversons la rue pour aller boire une boissons fraîche dans un endroit climatisé.


Au bout de 20 minutes, le policier revient voir si nous n'avons besoin de rien. J'ai très mal à l'épaule, mais je ne veux laisser mes enfants pour aller à l'hôpital. "Si, tu dois y aller, nous allons nous occuper de tout, mais nous préférons aller sur le bateau", me disent les enfants.


Un policier arrive dans sa voiture, et me véhicule jusqu’à l’hôpital. Il reste avec moi jusqu’à ce que je sois prise en charge par les services hospitaliers. Je retrouve Monsieur Alphonse. Radios, examens, points de suture pour mon mari, nous payons et sommes prêts à repartir… mais pour aller où ? En fait, un autre policier, appelé par l’hôpital, revient nous chercher, et nous dépose devant le bateau.

Je remarque que la vedette de la police de la mer est toujours accostée derrière notre voilier. Un agent descend, vient constater que nous n’avons besoin de rien, remonte dans son bateau et s’en va. Nous les remercions du fond du cœur : bien que nous ayons trois enfants majeurs, ils sont restés pour veiller sur eux en notre absence ! Nous sommes impressionnés par leur gentillesse et leur disponibilité.

Pendant ce temps, Albert a appelé notre loueur qui refuse de nous payer l’hôtel et nous ordonne de rentrer en bateau au port de Zadar.

Monsieur Alphonse se rend à la Capitainerie pour faire son procès verbal. Il voit le Frankenstein de la mer qui le regarde en haussant les épaules. C’est un fou ou un inconscient, visiblement il s’en fiche. Malgré tout il a reconnu sa responsabilité de skyper à 100 %. En fait, la coque de son bateau a été percée en nous percutant, c’est la raison pour laquelle il nous avait lâché en pleine mer. Il a certainement coulé dans le port, et a eu un comité d’accueil peu accueillant en arrivant (la police l’attendait).

Le Capitaine explique qu’il a déjà vu ce genre d’accidents à plusieurs reprises, mais il n’a jamais vu de survivant. Il nous regarde comme des miraculés. Entre temps, il appelle notre loueur, et suit un échange en croate assez musclé. Nous devrons dormir dans le bateau, mais le lendemain, l’agence enverra du monde et un taxi pour nous rapatrier.

La nuit est tombée, nous voilà tous réunis, tous vivants, plus ou moins blessés. Monsieur Alphonse sera finalement opéré du tendon reliant son biceps à l’os : il a éclaté dans le choc, et il en aura pour 3 semaines d’arrêt de travail, et une année avant de retrouver toutes les fonctions de son bras.

Nous partons dîner en ville, et c’est dans la discussion que je comprends qu’Amélie était avec nous sur le pont. Je l’avais crue dans le bateau. Le lendemain, elle me montre la couleur du bateau sur son short et le bas de son T-Shirt : elle était tombée à la renverse sur la table du cockpit, et le bateau l’a frôlée en déposant de sa peinture !!! J’ai du mal à retrouver mon souffle…

Augustin affirme clairement : « Papa, pour moi, le bateau, c’est ter-mi-né ! »






mercredi 28 août 2013

Deuxième jour de voile : lundi 5 août

(Cliquer ICI pour les vacances scandaleuses d'Alphonsine)

Je me réveille au son du plongeon d'Albert qui nage vers l'ïle aux oursins (ainsi dénommée par les enfants pour le nombre d'oursins qui l'entourent). Au retour je lui demande où sont les croissants. "La boulangerie était fermée !"

La matinée se passe à revoir les rangements, et surtout à ne rien faire. Nous cherchons en vain où peuvent se cacher les fusibles, et c'est à la main que les trois hommes de la famille remontent l'ancre. (cela nous vaudra ensuite des regards admiratifs de notre loueur).

Je reprends ma place à la barre, puis je la passe à Augustin qui apprend les subtilités des mouvements d'un voilier. Le capitaine en profite pour nous donner les règles de sécurité. "Si tu donnes la barre à Augustin, tu restes responsable, et tu restes près de lui pour vérifier qu'il barre bien... Regarde ces deux bidons qui flottent sur l'eau, cela signifie qu'entre les deux il y a un filet de pêche. Il faut le contourner largement... Un voilier qui a ses voiles a priorité sur un bateau à moteur... Entre deux voiliers, celui de droite passe le premier... Il faut observer les angles de route entre deux bateaux pour savoir si celui que tu vois passeras devant ou derrière nous. Si le croisement se fait au m^me point, celui de droite a priorité. Mais tu peux t'écarter. Dans ce cas, tu fais un mouvement ample pour lui montrer que tu l'as vu et lui faire comprendre ta manœuvre .. Les bateaux qui viennent par l'arrière n'ont jamais priorité, sauf les voiliers dans leurs manœuvres de dépassement. Il faut donc regarder la mer de tous les côtés, y compris sur l'arrière. En cas de doute, tu m'appelles, mais même si je suis à la table des cartes, je monterai souvent pour vérifier."

Nous naviguons paisiblement. Amélie est dans la cambuse, et a fixé ses menus pour les jours à venir. Elle apprend à faire cuire les pâtes ou le riz dans 1/3 d'eau de mer et 2/3 d'eau douce : le sel n'est presque pas utile sur un bateau, en pleine mer du moins !

Les paysages se succèdent, toujours pareils, toujours différents. Je me régale de la vue et commence à voir mes appréhensions de la mer disparaître.

A 14 heures, je suis à la barre, le capitaine aux cartes, Amélie lit dans le cockpit  Augustin et Antoinette sont dans leur cabine, et Albert joue avec Anselme.

Je surveille la mer à la recherche des bidons, je calcule mentalement les trajectoires des bateaux au loin, je me retourne régulièrement et j'appelle "Monsieur Alphonse, vient voir, un bateau est à pleine vitesse sur l'arrière et droit sur nous. Que veut-il faire ? Nous faire des vagues et nous éclabousser ?

- Ca doit être ça... non, le C... ne nous a pas vus...

Il fait des signes, et se jette sur le côté, je contourne la barre, et me jette sur le banc à côté de lui. Mon mari hurle : "Le fou, accrochez-vous !"

Le bateau nous aborde violemment sur l'arrière, je le vois grimper sur notre voilier, je me protège la tête, mais une barre me percute violemment l'arrière du crâne, je sens des coups terribles sur les bras, le dos, les cuisses et je me dis "maintenant le bateau va m'écraser".
Le fou qui a sauté sur notre voilier. Avant de revoir les photos, j'étais convaincue qu'il avait une coque noire. C'est encore ainsi que je la vois dans mes cauchemars.


mardi 27 août 2013

Premier jour de voile, dimanche 4 août

(Cliquer ICI pour les vacances scandaleuses d'Alphonsine)


"Le vent ne se lève que vers 11 heures. Nous irons à la messe, puis nous déjeunerons et enfin nous larguerons les amarres. Pour le premier jour de mer, j'ai prévu un petit trajet et une nuit dans une crique", nous dit le Capitaine au matin.

Ainsi fut fait.

Fidèle à moi-même, comme j'avais prévu de suivre le mouvement en touriste mais de ne participer à rien, je me suis assise sur la baquette du cockpit et j'ai observé le capitaine, écouté ses ordres, et admiré les exécutions promptes par les "tas de chiens galeux" (on ne regarde pas Pirate des Caraïbes sans en retenir certaines expressions truculentes !), et enfin, j'ai affirmé haut et fort (être spectateur n'est pas être muet), que "faire de la voile faisait mal au coccyx !"

Le vent était faible, mais l'équipage débutant a monté les voiles sans difficultés, et Monsieur Alphonse a tiré des bords. Le croiriez-vous ? Je n'ai même pas eu envie de lire. La terre vue de la mer, dans le silence d'un bateau à voile, offre une perspective de paix. une mer d'huile, un soleil magnifique que nous ne sentions pas avec l'action du vent. Allais-je me convertir à la voile ?

Amélie s'occupe entre deux repas !


Enfin, je me suis levée de mon banc pour essayer de tenir la barre. J'ai immédiatement pris goût à cette nouvelle sensation. Il faut viser un point au loin, et garder le bateau sur ce cap. Un coup de barre à droite, et le navire vire, puis il vire trop, il faut redresser à gauche. Rapidement, je comprends ses réactions, et j'apprends à manier la barre avec délicatesse de sorte que le sillage soit parfaitement rectiligne.



Monsieur Alphonse voit un voilier qui a monté ses voiles "en ciseaux". Et déjà il donne les ordres en conséquence à son équipage enthousiaste.

Le soir approche, nous sommes presque arrivés dans la crique choisie par notre capitaine pour y passer la nuit. Nous apprenons à ralentir, à descendre les voiles, puis l'ancre. Mais le moteur de l'ancre cale et ne repart plus. Nous constaterons ensuite que les fusibles ont sauté, mais ils sont introuvables, nous perdons le GPS. Ce n'est pas un souci pour le capitaine qui sait se servir d'un sextant...



Le capitaine descend la chaîne à la main, aidé d'Albert. 

Les enfants plongent, certains nagent, nous allons sur l'île déserte avec l'annexe (petit canot pneumatique).




Amélie nous régale d'un délicieux repas, et la soirée se termine en chantant sous les étoiles.
C'est meilleur qu'à la maison !

"Dis papa, tu nous emmèneras dans une autre crique demain ? Nous ne voulons plus aller dans les marinas".


Antoinette dans les bras de Morphée !


lundi 26 août 2013

Découverte du voilier : samedi 3 août


Nous arrivons sur le quai en voiture. Les bateaux sont amarrés les uns à côtés des autres. J’arrive à distinguer les voiliers des gros bateaux à moteur. Enfin, on nous indique le nôtre : « le Marijana » (un élan 434 : pour les puristes. En fait, un voilier de 12 mètres).

Photo d'une peinture, je n'ai pas de photo du bateau dans son ensemble

Avant de découvrir le bateau, il faut s’en approcher, y accéder, y monter. On commence par descendre sur un pont flottant qui surprend par ses mouvements. Puis, il faut s’engager sur une frêle et étroite passerelle qui me fait ressembler à un être ridicule par le soin que je mets à hésiter puis à poser délicatement un pied devant l’autre, et à accélérer pour accrocher une prise au plus vite.

L’intérieur est surprenant, tout est minuscule, et chaque recoin est exploité à son maximum. Après plusieurs voyages entre la voiture et le bateau (à cette occasion, nous retrouvons le GPS qui nous servira pour le retour !), nous arrivons à caser notre chargement (nourriture, vêtements, livres, jeux, matériel de navigation personnel…) dans les caissons du plancher, sous les matelas, dans les murs derrière les sièges.

Le rangement est assez rapide, par contre, il devient difficile, voire impossible de retrouver ses affaires sans ouvrir toutes les cases. « Qui a vu mes lunettes de soleil ? »  Elles seront définitivement introuvables… jusqu’à notre retour où je les ai découvertes dans la voiture !

Nous passons la première nuit dans la marina (c’est-à-dire le port) pour nous habituer aux mouvements du bateau et nous reposer de notre voyage.

Nous nous endormons en attendant avec impatience notre premier jour de voile. Mais auparavant, il nous faut aller aux toilettes dans la marina, et pour cela marcher sur la passerelle au-dessus d’une eau noire, la trousse de toilette et la serviette dans une main, et l’autre, étendue pour faire l’équilibre. (J’ai une terreur absolue de l’eau depuis qu’un garçon de ma classe, alors que j’étais âgée de 15 ans, m’a coulée à deux reprises de telle façon que j’ai bien cru mourir). J’ai hésité à me lancer, mais je me suis dominée, et je suis même arrivée à retourner sur le bateau au retour.





samedi 24 août 2013

Tous les chemins mènent à Rome, et plusieurs en Croatie

Tous les chemins mènent à Rome, et plusieurs en Croatie. Mais dans tous les cas, il faut traverser les Alpes.

Monsieur Alphonse choisit de passer par Kandersteg, de monter dans le train, de traverser les Alpes pour ressortir en Italie, puis de filer sur l’autoroute jusqu’à Trieste, puis de traverser la Slovénie pour enfin parvenir en Croatie. Dix heures de route affirme Google. Notre programme est le bon, nous arriverons sans stress pour prendre possession de notre bateau le samedi soir.

Vendredi, nous quittons donc Fribourg vers 15 heures 30, pour nous rendre compte que le GPS est resté dans notre maison en France. Heureusement que Monsieur Alphonse a bien étudié le trajet, et qu’Alphonsine a acheté une carte de la Croatie.

Nous avons bien fait de quitter notre domicile si tôt, nous avons évité les bouchons du contournement de Berne, et nous avons le temps de faire une pause goûter dans la montagne avant de prendre le train.

Ce train fait partie des souvenirs de l’enfance d’Alphonsine, et elle l’a fait découvrir à son mari : « C’est magique : tu montes avec la voiture sur des wagons, tu coupes le moteur, et tu te laisses emporter sous la montagne pour ressortir dans des paysages magnifiques ». C’est toujours un moment de bonheur. Nous attendons donc notre tour. Enfin, nous montons sur une passerelle posée le long d’un wagon. Nous poursuivons sur le train, et nous arrêtons à l’emplacement indiqué par le préposé. Moteur à l’arrêt, frein à main, et on enclenche la première vitesse, on ouvre les fenêtres, et on se détend. Attention départ !




Le train s’ébranle doucement, et pénètre dans le tunnel.
Le Belge situé devant nous nous fait rire, il n’a pas tout compris, puisqu’il allume les phares de sa voiture en entrant dans le tunnel.
 Le trajet dure 20 minutes, et nous débouchons à Goppenstein dans le Valais. Commence alors la plus jolie partie du voyage : la lente descente vers Brigg le long de la paroi de la vallée. Les paysages sont somptueux, cette vallée est magnifique.







A partir de Brigg, nous pénétrons à nouveau sous terre pour ressortir à Iselle, en Italie !














Cette fois nous quittons les montagnes pour poursuivre notre route dans la grande plaine du nord de l’Italie. Décrire le trajet en autoroute entre Iselle et Venise ne présente absolument aucun intérêt : des pauses, un pique-nique, le premier café italien, toujours aussi délectable, un italien du sud qui félicite Monsieur Alphonse de sa nombreuse et agréable progéniture… (ils étaient forcément agréables puisqu'ils mangeaient !!!)

Peu avant Venise, j’ai donné le volant à Monsieur Alphonse, et, ne sachant trop pourquoi, nous en avons profité pour faire le plein de diesel. Nous étions contents de notre voyage, nous avancions selon nos prévisions. « Je passe Venise, puis nous nous trouvons un arrêt pour y dormir quelques heures ».

La circulation était très chargée entre Milan et Venise, elle s’est densifiée après Venise, il y a eu des bouchons par intermittence. Je somnolais. Monsieur Alphonse a voulu s’arrêter dans une aire d’autoroute. Les pompes à essence étaient prises d’assaut, et c’est difficilement que nous avons pu trouver une place pour nous garer. Quant à dormir, impossible. Seuls nos voisins nous ont surpris par leur organisation et leurs capacités à pouvoir dormir dans la chaleur étouffante, le mouvement et le bruit du lieu.




Monsieur Alphonse a donc remis le moteur en marche pour sortir de cette fournaise… et retourner dans les bouchons. Seul moment de gloire : alors qu’il faisait la queue pour payer le péage Milan-Trieste (environ 50 euros), les barrières se sont levées, et nous avons pu passer sans payer.

La suite du voyage a été rocambolesque : les gens s’arrêtaient à chaque embranchement pour voir leur route, les voitures cachaient les panneaux indicateurs, ce qui nous a fait rater la sortie. Heureusement, il restait le système D : l’IPhone de mon mari. « Avec ce que nous avons économisé en frais d’autoroute, tu le dépenses en frais de téléphone ! » L’IPhone nous a remis sur la voie… et dans les bouchons. Nous avons traversé la frontière slovaque au ralenti, et devions parcourir 30 km avant de pénétrer en Croatie. Les 10 premiers kilomètres se sont effectués en 10 minutes. Pour les 20 autres, il nous a fallu 5 heures !

Pendant que je dormais, Monsieur Alphonse avançait de 200 mètres toutes les demi-heures. Mais toute bonne chose a une fin, les mauvaises aussi d’ailleurs, et nous avons pu poursuivre notre route en Croatie.

Ce que nous avons découvert de ce pays nous a impressionnés : à perte de vue, des forêts de feuillus (essentiellement des bouleaux) et quelques résineux. Puis, brutalement, le paysage devient lunaire : des cailloux, des cailloux et des cailloux. Parfois de grandes étendues de fougères. Pourtant certaines vues étaient très jolies, et nous avons bien profité de notre voyage !



Enfin, après 20 heures de route, nous avons rejoint Zadar et découvert le bateau qui devait nous être échu.

(Cliquer ICI pour avoir l'intégralité des vacances scandaleuses d'Alphonsine)

jeudi 22 août 2013

Qu'est-ce que le stress ?

Sujet de philosophie s'il en est : qu'est ce que le stress ?

Ma rentrée à été TRES sereine :

- Lever à 6 heures 10
- Départ à 6 heures 15 pour emmener Monsieur Alphonse à la clinique (je vous expliquerai plus tard les raisons de son opération).
- Retour à 7 heures 5 pour réveiller Anatole qui devait partir en classe.
- Bref regard sur le doigt d'Amélie méchamment coupé par le joli couteau à pain récemment acheté en Italie.
- Départ à 7 heures 20 pour l'arrêt de bus, avec Anatole et son cartable, Amélie et son doigt emballé, et Antoinette qui se proposait gentiment d'accompagner sa soeur aux urgences.
- Arrivée en retard à l'école. Bravo, pour le jour de la rentrée, c'est spectaculaire. 
- Retour à la maison à 9 heures pour voir partir Ambroise pour sa rentrée.
- Ménage, repassage, cuisine et départ à 11 heures pour récupérer Anatole dans son école et lui expliquer le trajet du retour.
- Le téléphone sonne à 12 heures 04 alors que le bus du retour vient de démarrer : c'est Ambroise qui m'annonce qu'il a raté son bus (en fait non, mais finalement oui puisqu'il est parti du mauvais côté), me passe l'adjoint au directeur qui m'assure qu'il va lui prêter de l'argent et l'accompagner à la gare pour qu'il puisse s'acheter un sandwich.
- Arrivée à la maison à 12 heures 20.
- Déjeuner sous un essaim de guêpes (j'avais oublié pour quelle raison Augustin ne voulait plus déjeuner à l'extérieur).
- Nouveau départ vers l'arrêt de bus à 13 heures.
- 13 heures 30 : Anatole est à l'école, je pars vers la clinique pour faire une visite à Monsieur Alphonse.
- Arrivée à la clinique à 14 heures 30 après une halte à la Direction des Ecoles et une erreur d'aiguillage du bus.
- Départ de la clinique vers 15 heures pour récupérer Anatole.
- Arrivée à la maison, avec Anatole et Ambroise qui a finalement trouvé l'arrêt de bus.

- Devoirs, visite à Amélie pour admirer son beau pansement et récupérer Antoinette, dîner, re-visite à Monsieur Alphonse avec tous les enfants, vaisselle, prière, dodo pour les plus jeunes.

Il est 21 heures, je vais me coucher immédiatement, j'ai gravi les 92 (lire nonante-deux) marches pour monter à l'école d'Anatole 4 fois dans la journée, j'ai fait des kilomètres à pieds entre les arrêts de bus, la maison, les écoles et la clinique.

Et pour couronner le tout, nous n'avons pas de téléphone et donc pas d'accès Internet. La seule solution est de passer par l'IPhone de Monsieur Alphonse. Autant dire que ce n'est pas facile. Il faut pourtant que je vous raconte mes vacances scandaleuses. Pour vous mettre un tout petit peu en appétit, je vous dirais que lorsque les gens nous demandent des nouvelles de nos vacances, nous commençons par rire, puis nous racontons, puis ils s'excusent d'avoir posé la question !!!

Je reviens très vite, attendez-moi ! Mais demain sera une journée au rythme d'aujourd'hui, avec les points de suture et l'opération en moins.

Dans la famille d'Alphonsine, c'est l'imprévisible qui est prévisible.


mardi 20 août 2013

Mon mari est marin

Du point de vue littéraire, ce titre n'est pas très heureux, mais comment résumer autrement que Monsieur Alphonse a le bateau dans le sang ? Je le déplore, mais avant de me marier, j'ignorais que l'attirance pour la mer que j'avais décelée était en fait une véritable passion.

Il n'a eu de cesse de vouloir me mener en bateau, mais en bonne terrienne que j'étais -et que je suis toujours- j'ai toujours su résister farouchement à même monter dans une barque. Terrienne je suis, terrienne je reste, je ne ferai pas affront à mes ancêtres paysans. C'est ainsi que je préfère habiter au rez-de-chaussée plutôt que de loger dans un appartement plus lumineux au quatrième étage : les pieds sur terre, voilà ma devise.

A toute tentative, j'opposais un "NON" catégorique. Au fil des ans, j'ai exploité une réponse plus féminine mais tout aussi radicale : "Est-ce prudent avec les enfants qui ne savent pas nager ?" Monsieur Alphonse ne s'y trompait pas, il avait percé mon hypocrisie, mais comme il devait s'incliner devant les règles élémentaires de sécurité, nous ne partions pas, j'avais gagné !

La vie suivit son cours, Monsieur Alphonse paya des leçons de natation aux enfants, et à l'exception d'Augustin qui faisait de la résistance mais qui savait néanmoins nager comme un jeune chiot, ma seule excuse valable tomba à l'eau.

Pour la nième fois, Monsieur Alphonse me demande à louer un voilier, et pour la première fois en 23 ans de mariage, j'ai dit oui. Au silence qui suivit, je regardai mon mari qui m'observait avec étonnement. il se précipité sur son ordinateur pour organiser le voyage.

Toujours aussi féminine, j'affirmai avec force que je n'y connaissais rien (ce qui était exact), que je ne pourrai rien faire et que je ne ferai rien, même pas la cuisine. Mais Monsieur Alphonse, tout à sa joie me promit que je n'aurai rien à faire. Je me contentai de recharger mon Kindle (mon livre électronique) d'une petite centaine de livres pour avoir de quoi survivre durant 15 jours.

Et c'est ainsi que je partis vers des aventures aussi incertaines qu'imprévisibles.


lundi 19 août 2013

Le retour

Après des vacances explosives (je vous raconterai nos aventures exceptionnelles très bientôt), je suis installée provisoirement dans un meublé, le temps de trouver une maison à louer pour notre famille. Et comme je suis dans mon pays certes, mais un peu à l'étranger quand même puisque je n'y ai habité que les 10 premiers jours de ma vie en venant au monde, puis quelques jours par-ci par-là pour des vacances, j'ai tout à découvrir.

En premier lieu, hier soir, j'ai vidé mon porte-monnaie des quelques Euros qu'il contenait pour y mettre des Francs. Moi qui n'ai jamais pu (voulu) m'adapter à la nouvelle monnaie, je retrouve des Francs avec bonheur.




Ici, on parle français, mais il suffit que j'ouvre la bouche pour qu'on me dise "oh, mais vous êtes française !". Pourtant, il faudrait presque parfois un traducteur pour comprendre les termes sibyllins employés par la population.

- Les Suisses romans "jouent" beaucoup. Chaque phrase ou presque est ponctuée par "ça joue" ou plus rarement par "ça ne joue pas". 
Exemple : "Pour aller en ville, vous pouvez prendre le bus, et acheter des tickets auprès du conducteur, ça joue ?" 
Donc pour dire qu'on a compris, que c'est OK, que oui d'accord, on dit "ça joue".

- Un syndic est le maire d'une commune.

- Un natel est un téléphone portable. Ne vous avisez pas d'essayer d'acheter un portable, ni même un téléphone portable, vous ne serez pas compris.

- Lorsque vous arrivez, vous vous inscrivez à la mairie, ou plutôt à l'administration communale. Lorsque vous quittez une commune, vous faites l'opération inverse avant de solliciter l'inscription dans une autre administration communale.

- Un autre terme aimé des romands est "ou bien ?" Il conclue les phrases et ne signifie en général rien, et parfois veut dire "n'est-ce pas".

- Il y a des expressions intraduisibles qui me font rire. Comme par exemple : "Comme ça si au cas !" (au cas où)

- L'école enfantine est la maternelle, la primaire est la primaire, mais avec 6 années à la place de 5, le collège devient C.O (Cycle d'orientation), et le Lycée devient Collège !

Ce n'est qu'un tout petit aperçu de la richesse de vocabulaire à acquérir. Et puis c'est ainsi que je ne sais plus trop où j'en suis : encore en vacances ? Dans une autre vie ? Une chose est certaine : la rentrée des classes a lieu jeudi pour les plus jeunes. Si je suis encore en vacances, ce n'est plus pour très longtemps !