Des nœuds dans mon fil

mercredi 30 octobre 2013

L'homme des cavernes

J'ai toujours été fascinée par les hommes préhistoriques, admirative de leurs capacités à survivre à tous les dangers qui les environnaient, et ahurie de les voir habiter des cavernes.

C'est certainement pourquoi j'ai sauté sur l'occasion lorsque Monsieur Alphonse nous a emmenés visiter les grottes de l'ermitage de la Madeleine. 



On ne connaît pas précisément la date d'origine de l'occupation de cet ermitage. On sait avec certitude qu'en 1448 un ermite habitait une grotte à cet endroit.

En 1609, deux ermites ont agrandi l'ermitage et se sont installés de façon durable. Le site qui a été choisi est magnifique : Ces grottes ont été creusées dans la falaise qui surplombe la Sarine, cours d'eau passant à Fribourg. Actuellement elles surplombent le lac artificiel de Shiffenen créé en 1963 sur la Sarine. 







Lorsqu'on se promène de grotte en grotte (toutes les pièces de l'ermitage communiquent entre elles), qu'on admire l'immensité de la chapelle, on est littéralement saisi en imaginant le travail conséquent de ces hommes qui ont creusé le roc.








Les grottes ont été creusées dans la molasse. Les molasses sont des formations de type conglomérat de roches sédimentaires. Il s'agit de dunes de sable fossile vieilles d'environ 20 millions d'années qui prouvent l'existence d'une mer à Fribourg. Il est extrêmement facile de creuser dans ces dunes, le sable s'effrite sous les doigts.


On voit bien le sable qui s'effrite

Dunes bien visibles

Clocher


Evier. L'écoulement est des plus rudimentaires !

samedi 26 octobre 2013

Le lavoir du deuxième millénaire

Après vous avoir informé de l'existence d'un lavoir sur la parking de mon supermarché (ICI), il faut que je vous raconte les rencontres que j'y ai faites.

En arrivant, jeudi après-midi, avec mes deux grandes corbeilles à linge, l'une claire et l'autre sombre, j'ai pu constater que la place la plus proche était occupée par une voiture. Je me suis donc garée un peu plus loin, j'ai transporté mes paniers, et j'ai commencé par lire le mode d'emploi.

Facile : Vous enfournez votre linge dans une machine, vous introduisez vos pièces dans la caisse automatique (elle ne rend pas la monnaie), vous indiquez le numéro de votre machine, puis vous choisissez le programme (avec prélavage ou sans, et la température requise). La machine vous indique qu'il vous reste 30 minutes pour aller faire vos courses.

J'ai ouvert le coffre de ma voiture, et je me suis installée au soleil (oui, dans le coffre, mais c'est une grande voiture familiale) pour lire pendant que le robot travaillait pour moi. Cette sensation de sentir un travail efficace pendant que je ne fais rien correspond à une de mes plus grandes jouissances.

Ma naïveté étant limitée, je me disais bien que les gens qui faisaient laver leur linge ne discuteraient pas entre eux. J'ai donc bien fait d'emporter de quoi m'occuper pendant une heure. A côté de moi, les deux personnes qui attendaient leur linge étaient assises dans la voiture, à l'ombre, leur portable à la main, sans discuter et avec une musique qui ne fait pas partie de mon répertoire. Pour ne plus entendre ce bruit, j'ai mis "Le roi Arthur" de Purcell. 

Du soleil, de la belle musique, un bon livre, et un robot qui travaille, j'ai passé une heure splendide.

Finalement, le linge de la voiture d'à-côté étant sec, les deux femmes sont parties, et ont été immédiatement remplacées par un motard à queue de cheval. J'ai été largement distraite par sa méthode pour laver le linge. Bruyant est un petit terme.

Il a tiré son gros sac devant la machine "8 kg". Il a allègrement enfourné tout ce que son sac contenait, les T-shirts avec les chaussettes, le clair avec le foncé, et les pulls avec les articles en coton. Ensuite, il s'est dirigé vers la caisse. Il a commencé à glisser les pièces dans la machine. Puis il a pesté, ensuite il a juré, à la suite de quoi il a pris le ciel à témoin que zut il avait mis plus de pièces que nécessaire mais que la machine ne les restituait pas ("elle ne rend pas la monnaie", c'était écrit). Il n'est pas arrivé à mettre sa machine en marche, et ne pouvait plus reprendre ses pièces. C'est alors que les mots affreux ont fusé de sa bouche, c'était grossier, c'était laid, c'était obscène, c'était vulgaire.

Pourquoi donc ma machine a-t-elle terminé son programme précisément à ce moment-là ? Je me suis timidement approchée, quand il m'a interpellée : "Elle est à vous cette chaussette ?" Il me montrait une chaussette bleue marine affalée devant "ma" machine. Je la saisis du bout des doigts, l'approche de mon nez et dit débonnaire "Oh, ce doit être celle d'Augustin".

J'avais gagné, je l'ai fait rire, il s'est détendu d'un coup ! Pourtant, je me demande dans quel état il a été lorsqu'il a ouvert sa machine et qu'il a récupéré ses pulls rétrécis !


vendredi 25 octobre 2013

C'est donc pour ça !

Il y a un mois, lors d'un séjour en France (c'est assez chic d'écrire qu'on part en vacances à l'étranger, non ?), nous avons pu voir que la supérette du coin dans laquelle nous avons nos habitudes (parce que nous partons souvent à l'étranger, c'est encore plus chic !), avait fait installer sur son parking d'énormes machines à laver. Pour quelques pièces, on peut laver son linge sale sur la place publique ! Et voilà, exit les lavoirs de village, et bienvenue aux lavomatics !

Le principe reste le même : on lave son linge en groupe, c'est plus drôle, et ça aide à faire passer le temps... sauf que de nos jours les gens ne se parlent plus parce qu'ils n'ont pas été présentés, et surtout parce qu'ils se garent devant les machines, écoutent de la musique très forte, et passent leur temps à téléphoner aux amis ou à envoyer des SMS.

Lorsque j'ai découvert cette nouveauté sur le parking, je me suis demandée pour quelle raison les machines avaient été installées. Je l'ai compris lorsque mon lave-linge de vingt ans d'âge a cessé de faire tourner son tambour. En attendant une réparation de fortune de Monsieur Alphonse, je peux laver mon linge sale. 

C'est une bonne nouvelle, non ?



mardi 22 octobre 2013

Lecture légère


De temps en temps, je reprends un des livres d'Amei-Angelika Müller. Ce n'est pas une lecture intellectuelle (mis à part qu'il est écrit en allemand), ni savante, ce n'est qu'une lecture pour le plaisir.

Je ne crois pas qu'il soit traduit en français, mais dans tous les cas il faut le lire impérativement en allemand, les tournures sont tellement jolies qu'une traduction ferait perdre de son charme à la lecture.

Amei-Angelika Müller est fille puis femme de pasteur. Elle raconte de façon fort plaisante des épisodes de sa jeunesse (elle a passé à l'ouest en 1945), et surtout ses débuts de vie conjugale dans un presbytère à la porte arrière capricieuse, sans chauffage central, un jardin immense avec un poirier aux poires tout à la fois acides et amères, elle ponctue son livre de dialogues souabes, et se regarde sans fard, avec énormément d'humour et de dérision.

Mon seul souci avec ce livre est que je lis en général le soir lorsque je suis couchée, et que Monsieur Alphonse se réveille en sursaut lorsque j'éclate de rire. Un livre bonheur, je vous assure.

Bon, je reconnais qu'il vaut mieux connaître un peu d'allemand pour en apprécier toute la saveur !


dimanche 20 octobre 2013

Fondue

Par pitié, Bonemine, ne lit pas ce billet, il te rendrait malade. Mais tu comprends bien que ce n'est pas parce que tu habites au Etats-Unis et que tu regrettes le si bon fromage français que je ne peux pas parler du fromage suisse !

Donc pour trouver le fromage adéquat, vous cliquerez ICI. Pour préparer une bonne fondue, vous cliquerez plutôt LA, et pour choisir le bon ustensile, vous lirez ce billet en entier.

Pour réussir une fondue au fromage, une fois que vous aurez acheté le bon fromage et que vous aurez la bonne recette, vous devrez opter pour le bon caquelon, ainsi que pour le moyen de chauffage adéquat : une flamme trop vive, et des convives trop lents, et votre fond brûle. Une flamme trop petite, et votre fondue tourne au mastic.

Pour résoudre cette question épineuse, j'ai pris des photos des différents moyens de cuisson.



Petit rayon de caquelons

Caquelons et réchauds

Pour une fondue équitable en tête à tête (équitable lorsqu'un des deux convives mange plus vite que l'autre : inconcevable !)

Fondue d'extérieur : comme vous emportez votre barbecue, vous emportez votre réchaud à fondue.


vendredi 18 octobre 2013

Il ne faut jamais comparer

C'est un principe élémentaire de survie lorsqu'on déménage : il ne faut jamais comparer. Il ne faut pas dire "avant, je mettais 5 minutes de moins pour faire les trajets", "j'aimais mieux tel magasin où j'avais mes habitudes", "le facteur me déposait le courrier plus tôt dans la matinée"...

Je suis donc venue en Terre Helvétique avec la ferme intention de ne pas tomber dans ce travers qui mine les esprits et donne envie de repartir aussi vite. Sauf que...

Sauf que... j'ai dû me rendre à l'évidence que je comparais lorsque je suis arrivée dans la fanfare du village : personne ne parle durant les répétitions, personne n'envoie de texto avec son Natel (= téléphone portable), personne ne s'avise de bailler fort, personne ne joue au Rubik's cube, personne ne sort son livre pour occuper les temps morts. Tout le monde arrive entre 5 et 15 minutes avant le début des répétitions, s’échauffe, et s'arrête de jouer à 20 heures sonnantes pour permettre au chef de prendre la répétition en main. Tout le monde reste concentré y compris lorsqu'il ne joue pas, tout le monde travaille ses partitions entre deux séances.

Cette discipline pèserait à beaucoup, moi elle me détend et me libère. Enfin, je ne suis plus la seule à arriver à l'heure !


mercredi 16 octobre 2013

"Et si j'ai encore une petite faim-faim, vous me mettrez un yaourt !"


Peut-être aurez-vous reconnu la célèbre réplique de Louis de Funès dans "Le grand restaurant". Voilà pour la gastronomie française : un yaourt pour combler sa faim.

En Suisse, la gastronomie est différente. Autre pays, autres mœurs, autre culture. Ce n'est pas le petit yaourt qui va combler une petite faim-faim. Il n'y a qu'à regarder les distributeurs automatiques qui sont installés devant les laiteries ou dans les stations service, avec des panneaux alléchants : "Faites le plein de fondue", "Fondue 24 h/ 24".

Et voilà : j'ai une petite faim-faim à minuit, je prends ma voiture, je cherche de quoi préparer une délicieuse fondue au fromage.

J'entends déjà le pinailleur me dire : "Oui, mais existe-t-il un distributeur de pain à côté du distributeur de fondue ?" Inutile, Ô mon lecteur pinailleur, ici on mange la fondue au vacherin avec des pommes de terre. On les fait cuire en robe des champs, elles restent fermes à la cuisson (c'est écrit sur le paquet, et l'usage me fait confirmer la notice). On coupe des cubes et on les trempe dans le fromage onctueux...

C'est toujours aussi bon, qu'il soit midi, dix-neuf heures ou deux heures du matin.
Qui veut essayer ?




mardi 15 octobre 2013

Patrouilleurs (2)

Ce billet est pour vous, Albert et Antoinette, mes enfants impitoyables : "Franchement maman, ton billet sur les patrouilleurs manque de tout. Comment as-tu pu publier un tel billet ? Il n'y a pas de chute, pas de début, le reste est mal écrit." (voir ICI le billet raté

Soit, enfants impitoyables, je revois ma copie. (... d'autant plus que c'était bien mon sentiment aussi, mais ce billet a malheureusement sauté du mode brouillon en mode publier sans attendre que je lui fasse signe !)

Tous les pays sont confrontés à la coexistence des piétons et des automobilistes (qui sont également piétons à leurs heures perdues mais qui ont tendance à l'oublier une fois installés derrière leur volant). Chaque pays cherche une solution à sa façon. En France, on a commencé par mobiliser les forces de l'ordre. Un uniforme, un képi, un sifflet, rien de tel pour faire respecter les passages piétons. Ensuite on a changé le montant des amendes en cas de refus de faire traverser un piéton. Mais comme cet article du code de la route n'est jamais appliqué, il n'est jamais respecté. CQFD ! On a alors eu l'idée de faire travailler des gens à qui on a remis un gilet jaune fluorescent (parfois il est orange, ce qui n'apporte rien en terme d'esthétique) et la consigne de faire traverser nos petits chérubins. La plupart du temps les voitures s'accumulent de part et d'autre des lignes blanches des passages piétons. Les enfants traversent en sécurité, mais les automobilistes râlent avec raison.

Arrivée en Suisse, j'ai découvert une autre façon de remédier à la sécurité devant les écoles. On prend les enfants volontaires de 10 - 12 ans, on leur remet un gilet fluorescent et un panneau à deux face : l'une blanche cerclée de rouge pour interdire aux voitures de passer, l'autre verte pour leur faire signe qu'ils peuvent circuler. On les forme bien entendu à cette tâche, et c'est tout seuls qu'ils s'occupent avec sérieux et conscience à faire traverser leurs petits camarades, et à veiller à ce que la circulation reste fluide. Tout le monde leur fait confiance, et avec raison.

C'est ainsi qu'on aura des citoyens responsables et que ces enfants tout le moins sauront s'arrêter aux passages piétons le jour où il seront devenus conducteurs !

dimanche 13 octobre 2013

Patrouilleurs

J'ai découvert que les suisses avaient depuis longtemps réglé le problème de la circulation devant les écoles aux horaires d'entrée ou de sortie, et surtout, des soucis pour traverser la route.

D'abord, je constate que d'une façon générale, TOUTES les voitures s'arrêtent aux passages piétons, qu'il y ait une école ou non. Ensuite, elles ne s'arrêtent pas au dernier moment, mais dès qu'elles suspectent qu'un piéton envisage de traverser. Un passage piéton est donc un moyen de traverser en sécurité.

Devant les écoles, pour plus de sécurité encore, ont été mis en place un système de patrouilleurs. Les élèves volontaires pour être patrouilleurs suivent une petite formation. On leur remet un gilet jaune, et on leur donne un panneau comportant un "stop" d'un côté, et un disque vert de l'autre. Ils sortent cinq minutes avant leurs camarades pour prendre place. Dès qu'un piéton veut traverser, ils se concertent du regard, se mettent au milieu de leur voie, et arrêtent les voitures. S'il y a trop de voitures, ils arrêtent les piétons pour permettre à la circulation d'être fluide. 

Les enfants aiment beaucoup être patrouilleurs. Ils font leur travail avec zèle et sérieux !

mercredi 9 octobre 2013

Alphonsine et les fleurs

J'ai un rapport particulier avec les fleurs : je les aime beaucoup, mais je n'aime pas en recevoir. Recevoir des fleurs signifie : fleur coupée, vase, eau qui se salit, fleurs qui se fanent, fleurs à jeter. Je ne peux supporter cette évolution inéluctable. 

Si je veux des fleurs, je vais dans mon jardin et je les admire. Je peux rester plusieurs minutes à observer une fleur et l'admirer. Je la regarde, je détecte les insectes qui se nourrissent de son pollen, je la hume, je l'aime. Puis je recommence auprès d'une autre fleur. Aucune n'a ma préférence, sauf une, le coquelicot. Je crois bien que c'est celle que je préfère : rouge vif, légère, altière, elle se balance au vent, et surtout, surtout, elle ne supporte pas qu'on la coupe de ses racines. Elle n'y survit pas.

Lorsque je reçois des fleurs, rarement, je les dispose dans un vase que je pose à terre. Ainsi elles sont exactement dans la même disposition que dans mon jardin. Je regarde le bouquet dans son ensemble, il ne me vient pas à l'esprit de détailler chaque fleur. Rien n'est naturel. C'est beau, c'est tout. Je ne suis pas émue.

Mon mari aime recevoir des fleurs, et se désespère de ne pouvoir m’en offrir. Alors c'est moi qui lui offre des fleurs. Et pourquoi pas ? Essayez, Mesdames, demain, allez acheter un bouquet de fleurs pour votre mari et offrez-lui. Et surtout, venez me raconter sa surprise, sa joie, ou son désintérêt. Tout m'intéresse.


J'offre donc des fleurs à mon mari, et cette fois, le vase, l'eau, le vase sur une table, tout cela ne me gêne pas. Je suis même capable de jeter un bouquet fané sans rien ressentir.

Je crois qu’il n’y a rien à y comprendre, c’est comme ça, c’est tout.

Et ainsi, nous sommes tous contents : lui d’avoir des fleurs, moi de ne pas en avoir, moi de ne pas jeter les miennes puisque je n’en ai pas, et lui de ne pas les jeter non plus, puisque c’est moi qui m’en occupe !


dimanche 6 octobre 2013

Serais-je en vacances ?

Je sais, il peut paraître surprenant que je me pose ce genre de questions, et pourtant... comment vous expliquer ce que je ressens ? Il y a des circonstances qui me font penser que je suis en vacances.


Par exemple, quand mon grand Anatole m'apporte une fleur en rentrant de l'école et que je n'ai pour seul vase qu'un verre à bière, j'ai l'impression d'être en vacances :




Quand je ne peux utiliser qu'une seule prise pour cinq appareils, j'ai l'impression d'être en vacances.




Quand je cuisine sur une plaque de camping, j'ai l'impression d'être en vacances.





Quand j'offre des roses à mon mari et que je n'ai qu'un bocal à conserves pour tout vas, j'ai l'impression d'être en vacances.




Quand mes affaires de toilette n'ont pas quitté ma trousse, et que celle-ci a pour place le bidet, j'ai l'impression d'être en vacances.




Quand je regarde par la fenêtre de ma chambre et que je vois les génisses brouter (quand je les entends à 2 heures du matin brouter), j'ai l'impression d'être en vacances.




Quand ma boîte aux lettres consiste en une boîte en bois, et la sonnette en une cloche simplement posés sur le rebord de fenêtre, j'ai l'impression d'être en vacances.




Quand la seule clef de la maison est fixée sur un porte-clef en forme de coquillage, j'ai l'impression d'être en vacances.




Quand les chaussures s'empilent dans un carton, j'ai l'impression d'être en vacances.




Quand les jours frisquets approchent et que je n'ai que des tricots légers, j'ai l'impression d'être en vacances et d'avoir oublié de mettre des pulls, des chaussettes et un pantalon dans ma valise.




Quand je regarde ma maigre étagère avec quelques livres alors que j'en possède 4500, j'ai l'impression d'être en vacances.




Quand je suis obligée de poser ma serviette sur un radiateur faute de tringle adaptée, j'ai l'impression d'être en vacances.




Quand je mange sur une table en formica et que je n'ai pas de nappe lorsque j'ai de la visite, j'ai l'impression d'être en vacances.





Quand je sors de chez moi et que je vois les merveilleux paysages, j'ai l'impression d'être en vacances.







Si seulement j'étais vraiment en vacances !!!



samedi 5 octobre 2013

Il a tout compris

Nous rentrions en train, l'autre nuit, quand Augustin m'interpelle : "Maman, donne-moi un conseil, que dois-je faire, pilote d'hélicoptère, ou conducteur de train ?"

Voilà le genre de questions auxquelles il faut répondre à 23 heures 54.

- Je ne sais pas, les deux métiers sont intéressants. C'est à toi de voir. Et puis, tu n'as pas besoin de décider ce soir, tu peux attendre un peu.

- J'aimerais bien être conducteur de train.

- C'est une bonne idée.

- Et puis il faudrait faire des grèves, n'est-ce pas ?

- Pourquoi ?

- Mais pour me reposer un peu !


jeudi 3 octobre 2013

Les joies dans ma cuisine

Je vous ai promis (ICI) un article ayant pour sujet : ma cuisine.

Donc, j'ai une cuisine dans une alcôve, elle est séparée du salon par une fine cloison, ne possède pas de porte, mais une fenêtre. Elle m'a été présentée comme suit : "Voici la cuisine, avec une cuisinière intégrée dont une seule plaque fonctionne, un four, un micro-ondes au fonctionnement improbable, un réfrigérateur ne produisant vraisemblablement plus de froid, et un lave-vaisselle.

On oublie la nécessité, ou plutôt le confort du lave vaisselle. Parce que si lave-vaisselle il y a, celui-ci n'est pas branché, quelle déveine, et impossible à brancher, situé comme il l'est en face de l'évier. Soit. On tirera au sort pour savoir qui lave, qui sèche, qui range. "Mais c'est toujours sur moi que ça tombe". Dans ce cas, on fera un tableau et comme les enfants rentrent juste le temps de dîner (en Suisse on dîner quand les français déjeunent), ce sera toujours sur Alphonsine que ça tombera !



Trois plaques électriques, mais une seule qui permette de faire bouillir de l'eau, les autres ne pouvant produire qu'une chaleur "tiède" ! Il faudra que je pense à récupérer les plaques électriques de camping chez Amélie.

Le four a pris feu à la première tentative de faire cuire du pain. J'ai sauté dans ma voiture pour rechercher le mini-four dont Amélie n'avait plus besoin, et puis aussi ses plaques électriques de camping.

Au final, j'ai deux frigos (le mien et celui de la maison qui fonctionne contrairement aux prévisions pessimistes), un four qui est en panne, des plaques électriques que je n'ose plus allumer, ayant vu quel genre de fil électrique les reliait au réseau, un mini-four de camping (le jour où on a succombé au désir de pizza, Antoinette et moi avons mis plus de 2 heures à faire cuire successivement toutes les pizzas), une plaque électrique de camping, autant dire que mes grandes casseroles ne permettent que d'en utiliser une à la fois, un micro-onde qui ne sert que pour chauffer le lait du matin, et un lave-vaisselle qui fait joli.


Lorsque vous aurez mis ce billet en parallèle avec celui-ci, vous comprendrez mon malheur : Il y a UN seul adaptateur pour tous les appareils. Je me refuse à y installer une multi-prise, je crains que le branchement de plusieurs appareils ne fasse sauter les fusibles comme ICI. Je me sers donc alternativement de la cafetière électrique, puis du micro-ondes ; de la plaque électrique puis du four ; de la cafetière électrique italienne puis du Kenwood... "Chacun son tour", voilà ma devise.



Après quelques jours de flottement, et de repas pris à des heures improbables, j'ai appris à jongler utilement entre les prises, les engins et les horaires. L'être humain est capable de tout, même de s'habituer à du luxe... J'ai hâte d'en faire l'expérience !


mardi 1 octobre 2013

"Ce n'est pas de notre époque"

Hier soir, je faisais travailler Augustin tout en repassant. La sèche-linge tournait pour me donner de la matière à travailler moi aussi. Tout allait bien, Augustin "répétait bien ses livrets" (= révisait ses tables de multiplication), je repassais consciencieusement, Anatole faisait des recherches sur l'ordinateur, quand d'un coup, tout s'éteint.

- Bon, les fusibles ont sauté. Pourtant, je pensais que je pouvais faire fonctionner à la fois le sèche-linge et le fer à repasser. Qui sait où se trouvent les fusibles ? 

Les enfants l'ignorant, je leur explique où les trouver. Pour ma part, c'est la première des choses que je cherche lorsque je visite une maison : j'ai déjà tellement dû remettre des disjoncteurs à leur place que je sais que c'est une question de survie que de savoir où se trouvent la lampe de poche ainsi que les fusibles.

Anatole, Antoinette et Ambroise descendent à la cave. Ils grimpent l'échelle permettant d'arriver aux fusibles, puis remontent en courant pour me dire "Maman, ce n'est pas de notre époque, on ne sait pas comment faire". Je riais sous cape, je savais à quels fusibles j'avais à faire (puisque je les avais repérés lors de la visite de la maison !)


Je descends avec eux, je grimpe l'échelle, je demande à Antoinette de dévisser le fusible du premier étage, et à Anatole de regarder s'il y a des fusibles de rechange. "Vérifiez l'ampérage, et remettez un nouveau fusible à la place. Et puis donnez-moi celui-ci pour ne pas les mélanger aux autres et penser à en racheter".

Antoinette revisse, et remonte pour constater que "oui, ça marche. Mais c'est normal que tu saches, tu es de l'autre époque !"