Des nœuds dans mon fil

samedi 30 novembre 2013

Tout le monde peut se tromper

Aujourd'hui, prise d'un dynamisme soudain, et poussée certainement par la neige déjà tombée et celle annoncée, j'ai pris tout mon courage, mon stoïcisme, ainsi qu'Ambroise et Augustin et les ai traînés de force dans un magasin de chaussures avec une consigne bien déterminée : "Vous allez choisir des chaussures pour cet hiver, avec une semelle épaisse qui vous isole du sol, une doublure chaude, et surtout, surtout, la paire que vous choisirez sera dorénavant la paire que vous porterez".

En arrivant devant le magasin, j'ai éprouvée une surprise doublée d'une grande joie : "Tous les articles du magasin bénéficient d'une remise de 20 %." 

Ô joie, voilà que tout concourt à une réussite exceptionnelle ! Direction rayon homme. Les rayons hommes concernent également les demi-hommes dans la mesure où ce qui compte ce n'est pas l'âge mais la pointure. Une pointure 41 attire notre attention : des lacets, mais surtout, une fermeture éclaire cachée sur le côté. C'est déjà un bon point pour mon Ambroise toujours sensible à la facilité où qu'elle se love. Un petit essayage, "Maman, reste là, ne t'en va pas", et déjà l'affaire est dans le sac, ou plutôt le carton sous le bras.

Changement de rayon pour Augustin. Il ne fait pas bon pour un garçon de chausser du 39. C'est même une très mauvaise idée. Les rayons enfants chaussent jusqu'au 37, rarement on trouve des chaussures 38, et les rayons hommes démarrent à la pointure 41, rarement en 40. Si donc vous voyez des jeunes garçons d'une douzaine d'année marcher pieds nus dans la rue, ne vous étonnez plus...

Cette fois, je recherche une vendeuse sympathique. C'était vraiment un jour de chance, puisque non seulement elle a trouvé une chaussure répondant aux critères en taille 39, mais également deux autres paires de sorte qu'Augustin a pu croire qu'il avait le choix. En réalité, seule une seule paire lui allait, ce qui me convenait bien, parce qu'il n'y a rien de pire que l'hésitation

En sortant, nous longeons les rayons femme. Des kilomètres de rayonnages, des centaines de chaussures. "Dites, les garçons, vous acceptez que je regarde si je trouve des bottes chaudes pour moi ?" Mes garçons ne sont pas encore suffisamment adolescents pour refuser catégoriquement, ou alors ils sont trop gentils avec leur maman qui a froid aux pieds.

J'essaye une paire, mais je finis par la reposer, pensant que je vais avoir des regards dédaigneux en rentrant et des réflexions désagréables sur les bottes horribles que j'ai imaginé pouvoir porter. Ambroise me convainc que non seulement elles sont très jolies, mais qu'en plus, "toi maman, tu es toujours jolie, et tout te va, ce serait dommage de ne pas les prendre".

Convaincue par les arguments de mon flatteur de fils, je les achète.

Nous voilà partis avec trois cartons sous les bras, et le sourire aux lèvres... Arrivés à la maison. Antoinette accourt pour contempler nos achats, et s'écrie "Hi ! maman ! Elles sont trop belles tes bottes". Stupeur de ma part, surtout au souvenir d'une séance pénible chez un chausseur pour lui acheter des bottes.

"Elles sont pour toi".

Et voilà comment une paire de botte neuves a changé de propriétaire en l'espace de dix minutes !

jeudi 28 novembre 2013

Il dort mieux pour 9 francs !

Augustin a toujours bien dormi, il a hérité du sommeil de sa mère. Une fois couché, rien ne peut le réveiller.

Mais que se passe-t-il donc pour qu'il soit si fatigué ? Il se couche pourtant à une heure très raisonnable, il devrait avoir son quota d'heures de sommeil.

Avec un peu d'attention, nous avons réalisé qu'il se réveillait entre 5 et 6 heures, puis refusait de se rendormir, de peur de rater son bus qui part à 7h10 ! Il savait bien pourtant que son frère le réveillerait, et nous aussi, qu'on ne le laisserait pas au fond de son lit.

En faisant mes courses, j'ai acheté un réveil pour 9 Francs. Superbe, à aiguilles, et avec une pile comprise (ça évite de repartir faire les courses le lendemain !).

Nous avons posé le réveil sur la table de nuit, et lui avons expliqué qu'il pouvait dormir tranquillement jusqu'à la sonnerie programmée à 6h30. Depuis, il dort d'un sommeil de bébé, et n'entend même pas sonner le réveil !

mardi 26 novembre 2013

La fête des oignons

J'aime les oignons, bien plus que le chocolat. Le chocolat me laisse indifférente, les oignons jamais. Je suis certaine que vous n'êtes pas non plus indifférents aux oignons. Il suffit d'un couper un pour en avoir la preuve !

Berne est la ville suisse qui est le plus sensible aux oignons. La capitale du pays en a fait une fête capitale qu'il ne faut manquer pour rien au monde !

L'origine de la Zibelemärit (foire aux oignons) remonterait à l'incendie de la ville en 1405. Les paysans des environs auraient aidé à remettre la ville en état, et en signe de reconnaissance, les autorités bernoises auraient autorisé les paysans à venir vendre leurs oignons à Berne. 

En souvenir de ce fait, le quatrième lundi de novembre, la vieille ville de Berne se transforme en un marché avec des centaines de stands, entre la gare et la Bundesplatz (place du Palais Fédéral). Les paysans des environs, principalement du canton de Fribourg, viennent vendre plus de 100 tonnes d'oignons présentés sous forme de tresses, mais aussi des légumes, des fruits et des noix.

Des camelots profitent de ce grand marché pour y installer leurs stands habituels. Les puristes se lèvent dans la nuit pour arriver à l'ouverture, à 5 heures du matin. Les gens normaux se lèvent à heure normale (6 heures) pour arriver vers 8 heures à la gare. 



Pour trouver son chemin en sortant de la gare, il n'y a rien de plus facile : il suffit de suivre le mouvement. Tout le monde se dirige vers le marché... et découvre les nattes d'oignons tressés. Les prix varient en fonction de la longueur (4, 8 oignons ou plus en hauteur, en général une rangée d'oignons jaunes et une rangée d'oignons rouges). Parfois, les paysans glissent quelques têtes d'ail au milieu des oignons. C'est plus pratique lorsque la ménagère veut se servir dans sa cuisine !



On peut aussi acheter ses oignons à l'unité pour les tresser chez soi, ou alors pour s'adonner à un bricolage de luxe : la création de personnages à base d'oignons. Exactement comme on le fait avec des marrons. 




Si le collier d'oignons m'a bien amusée, je crois bien que ma préférence va au réveil qui allie à la foi le savoir-faire suisse et son souci de l'exactitude. D'ailleurs, à propos de savoir-faire, certains n'hésitent pas à le faire savoir en apposant une pancarte sur leur stand :
Schweizer Hand Arbeit = Artisanat suisse

A côté des colliers d'oignons, on peut acheter des colliers de bonbons. Ils sont enfermés dans de jolis papiers aluminium de couleur. On les achète à l'unité ou par trois. 


Et bien entendu, on les enroule autour de son cou, avec un collier d'oignons au milieu. C'est chic, à Berne, le quatrième lundi de novembre. Par contre, on prend soin de l'enlever dès qu'on quitte la ville ou qu'on passe au mardi !

Et devinez ce qui est proposé comme en-cas ? Facile, me direz-vous : soupe à l'oignon et tarte à l'oignon. Ce n'est pas que sur les stands et dans les restaurants que ce menu est à la carte. J'ai entendu une dame dire à son amie : "Chez nous il y aura une tarte à l'oignon pour le dîner".

Tartes à l'oignon. Les plus claires sont pré-cuites.


En boisson, le traditionnel vin chaud (vin additionné d'épices). Un régal, et vous noterez l'astuce suisse qui consiste à ajouter trois encoches autour du gobelet pour permettre de le tenir avec des gants en évitant tout glissement intempestif et regrettable !



Le vin chaud se consomme dès l'ouverture du marché, il réchauffe le corps et l'esprit ! En arrivant à 8 heures, il me semblait que c'était un peu tôt pour succomber... à 9 heures par contre, il était bienvenu ! Mais je n'aurais pas été un envoyé spécial très fidèle si je n'avais pas goûté aux tartines d'ail. Je peux vous assurer que les odeurs d'ail portent loin, très loin sur le marché. Différents stands en proposent, et c'est absolument succulent. Imaginez une tranche de pain sur laquelle on tartine une crème d'ail (ail, beurre, margarine, sel, poivre, épices). On ajoute de minuscules morceaux de tomates séchées et des herbes. On fait gratiner dans un four... et comme tout le monde goûte à la tartine d'ail, on n'a pas besoin de parler la bouche fermée, ce qui serait somme toute un peu difficile !
Les têtes d'ail qui m'ont servie !


Pour éloigner les vampires et les petites faims !
J'en ai eu le goût toute la journée en bouche, je n'ai pas vu de vampire !
Outre ces mets traditionnels, on peut également s'offrir d'autres mets traditionnels comme les brioches de Saint Nicolas.



- une assiette de "Hobel Käse". Ce fromage ressemble à du parmesan. Il est râpé très finement et ressort en petits tuyaux que l'on déguste avec du pain.
- des biscuits à l'anis
- du nougat de Montélimar !!! Ou de Suisse : ils en produisent de l'excellent en énormes tomes.
- du pain d'épices préparé spécialement pour le marché aux oignons. Vous retrouvez l'ours qui est l’emblème de Berne.
- de l'ail cru, et de l'ail fumé.
- des petits pains aux châtaignes.
- de la fondue. Et pour vous faire goûter le mélange que vous allez acheter, deux vendeurs sont installés aux deux extrémités du stand avec leur plaque électrique et leur caquelon. Vous prenez une pique en bois, vous y piquez un morceau de pain, vous le trempez dans le caquelon, et vous gouttez... puis vous achetez un sachet sous vide si vous êtes convaincu !


Au début de mon reportage, je vous ai promis des stands d'artisans. Il y en a de toutes sortes, et les articles proposés sont souvent magnifiques.
- Pour ceux qui auraient oublié combien il fait froid en novembre, ils peuvent se fournir en bonnets, gants, écharpes, il y en a pour tous les goûts.
- Paniers, mais c'est à déconseiller compte tenu de la foule compacte qui arpente les allées.
- Pots et autre vaisselle,
- objets sculptés,
- moules pour les biscuits à l'anis,
- thés
- trancheuse à saucisson,
- ours de Berne en bois sculpté ou en pommes de pin

Et surtout, un stand de lampes : les lampes sont à monter chez soi, elles sont faites de petits morceaux de plastique que l'on emboîte jusqu'à donner la forme voulue. Elles sont vendues avec une notice explicative, un câble et une ampoule. On peut aussi les acheter déjà montées, mais c'est plus cher, et surtout beaucoup trop encombrant !


Et enfin, pour que les enfants soient bien sages, s'amusent tout en amusant les passants, les parents attendris leur achètent des sacs de confettis. Les sacs sont vendus dans trois tailles, et proposent toutes les couleurs. On peut même ajouter le pistolet à confettis ! Les enfants aspergent les passants qui rient. 


Lorsque le sac de confettis est vide, on passe au marteau. Le jeu consiste à taper sur la tête ou sur l'épaule des passants. Le marteau fait alors "poc" ou "puisch" selon le modèle. 

Ce marché a un tel succès que les chalands peuvent avoir vendu tout leur stock à 10 heures le matin. Ils remballent et rentrent chez eux au chaud :



Il ne reste que les confettis qui seront aspirés le soir même. 



 Dès le lendemain la ville aura retrouvé son aspect habituel...






samedi 23 novembre 2013

Légos à gogo

Samedi dernier, les enfants ont eu une alternative :

- Accompagner Antoinette et son père à Genève pour voir la merveilleuse exposition de Toutankhamon (les salles autour de son tombeau ont été reconstituées à l'identique, son tombeau également, et les différents sarcophages ont été posés les uns à côté des autres.)

- Aller à Concise, sur le bord du lac de Neuchâtel pour admirer une exposition de légos.

J'ai emmené mes trois garçons à Concise, et nous avons admiré l'exposition de légos. Ils sont rentrés heureux. 


C'est étrange, depuis cette visite, la liste des cadeaux de Noël s'est étrangement allongée...

jeudi 21 novembre 2013

Caquelon géant

On rentrant de classe, la semaine dernière, Augustin a hurlé "maman, il y a une fondue géante à la laiterie" !

Et comme j'ai ouvert une rubrique "fondue" sur mon blog, je me suis empressée de prendre des photos pour vous les partager.

Avouez qu'une fondue dans un tel caquelon doit être sympa !


mardi 19 novembre 2013

Conclusion ?

Lorsque vous regardez cette photo : 



Et que je vous dis que rien n'a bougé depuis 10 jours,

En concluez-vous comme moi qu'ils n'aiment pas les bonbons à la fraise ?




dimanche 17 novembre 2013

La visite d'une usine de chocolat



Suite de la première partie : Le voyage au pays du chocolat.



La deuxième partie de la visite de l'usine Cailler est une visite libre. Des panneaux explicatifs rappellent toutes les étapes à partir de la fève de cacao jusqu'au chocolat emballé. On peut toucher et sentir les fèves, comparer différentes catégories, les étudier torréfiées ou nature.

Puis, ô merveille, nous avons pu admirer les robots qui font les branches, vous savez, ces délicieux chocolats enrobés de noisettes et emballés dans des papiers bleu, rouge ou vert.

Jusque là les enfants chipotaient pour savoir si les branches rouges étaient meilleures que les bleues, ou si au contraire c'étaient plutôt les vertes qui avaient la préférence. Moi, j'optais pour les rouges. Nous étions tous dans l'erreur, et la chaîne de montage allait nous montrer pourquoi.
La pâte de chocolat est déposée dans une cuve

Elle est pressée et ressort sous forme d'interminables gros spaghettis


Elle traverse un très long frigidaire (une paroi vitrée nous a permis d'étudier la progression)

Le tapis pénètre dans un caisson qui va découper les spaghettis pour former des petits doigts

On voit bien les spaghettis découpés

Là, vous allez rêver : du chocolat aux éclats de noisettes tombe en douche sur les doigts pour les enrober

Les "branches" terminés vont refaire un tour au frigo

Les voilà au frigo.
Pendant qu'ils effectuent leur traversée, un ordinateur les jauge avec des lasers pour noter ceux qui ne sont pas normés.

Le bras saisi à l'aide d'une ventouse les branches normées, et les dispose en rangs de deux.
Les autres sont laissées en place.
Les fameux papiers rouge, bleu et vert !
Ils arrivent en rouleaux.
Conséquence 1 : il y a autant de chocolats de chaque sorte
Conséquence 2 : C'est le même chocolat qui est emballé, il n'y a donc pas de différence de goût selon les couleurs.


Ils tombent dans un panier

Albert est venu me chercher à plusieurs reprises, mais je ne décollais pas mon nez des vitres. Anatole s'extasiait avec moi pendant que les touristes passaient à côté de nous. 

Il restait le plus important  pour les mangeurs de chocolat : la séance dégustation. Une pièce, des tables en "U", et on circule autour en piochant allègrement...


J'ai fait une orgie de chocolat : j'ai mangé trois carreaux. J'étais épuisée.


samedi 16 novembre 2013

Le voyage au pays du chocolat

A ce jour vous devez tous être au courant : Je ne raffole pas de chocolat. Un tout petit carreau de temps en temps, et plus rien des semaines entières. S'il y a du gâteau au chocolat, je prends une toute petite part, je suis très vite saturée.

Rassurez-vous, je n'ai pas fait passer ce gêne détestable à mes enfants, ils sont tout le contraire de moi : le chocolat ne les laisse pas indifférents, et ils sont capables de vider les tablettes en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.

C'est ainsi que lorsqu'on leur a proposé de déménager en Suisse, ils ont immédiatement vu l'intérêt d'un tel changement de pays, même Albert qui vit en Belgique et qui n'hésite pas à comparer "Cailler" avec "Côte d'Or". Il n'a d'ailleurs pas fini de comparer...

Je n'aime pas le chocolat, mais je raffole de musées intelligents, je veux dire par là ceux qui donnent des explications claires et intéressantes sans tomber dans le travers du virtuel. Par-dessus tout, j'aime les visites d'usine. Je peux rester des heures à regarder une chaîne de montage, une chaîne de nettoyage de bouteilles, une chaîne de confection de "branches". C'est pourquoi samedi matin, j'ai emmené tout mon monde visiter la maison "Cailler" à Broc (élider le "c" pour prononcer le nom du bourg).

A l'ouverture, à 10 heures, il y avait déjà une centaine de personnes devant la porte : un bus d’alémaniques (ainsi dénommés parce qu'ils habitent dans la partie alémanique de la Suisse), des français (insupportables, ils se croyaient chez eux en parlant fort et en faisant des réflexions aussi stupides que déplacées) et un détachement de l'armée américaine. On a eu du mal à se situer !

J'avais des bons de réduction, mais je n'ai pu me servir que d'un seul ticket, et j'ai donc distribué les autres sans vergogne aux gens qui attendaient leur tour de passer à la caisse. Les visites se font par petits groupes d'une vingtaine de personnes, dans une langue au choix. Nous étions précédés par les alémaniques, et suivis par les américains, et nous avions une attente de 15 minutes que nous avons passée dans le magasin qui est bien entendu situé à l'endroit le plus alléchant du musée : à l'entrée qui fait également la sortie.


Une petite idée des quantités de chocolat proposées

Après avoir étudié attentivement les montagnes de chocolats, ainsi que les montagnes de sortes de chocolat, notre groupe a été appelé à prendre place dans les starting-blocs du départ.

Notre hôtesse nous a expliqué le déroulement de la visite que nous devions faire seuls. Nous passerions dans des salles où toutes les explications nous seraient données à la suite de quoi une porte s'ouvrirait et nous étions priés de nous dépêcher de passer dans la salle suivante pour permettre aux groupes de se succéder sans ralentissement (je vous rappelle que nous sommes dans un pays où les horloges sont les maîtres, ce sera l'occasion d'un autre billet). A la suite de cette première visite, il y en aurait une autre, libre, où nous pourrions avancer à notre rythme.

Après avoir obtenu notre promesse d'avancer à la vitesse réglementaire, elle nous a ouvert la première porte. Nous sommes entrés dans un espèce de grand ascenseur aux murs tapissés de reliefs incas. Les français ont cru que c'était égyptien. N'importe quoi. Je vous épargne leurs autres réflexions encore plus stupides pour que vous ne souffriez pas de honte pour eux.

L'ascenseur, parce qu'ils s'agissait bien d'un ascenseur, est descendu à vitesse vertigineuse pour s'arrêter vingt centimètres plus bas, et en l'an 1000 avant JC. Une porte s'est ouverte dans un temple maya décoré de cacaoyers.


Le cacaoyer est une plante tropicale qui pousse en Amérique du sud et en Amérique Centrale. Les mayas (et les autres peuplades comme les aztèques) produisaient un breuvage à partir des fèves de cacao, ajoutaient des piments et des épices et réservaient cette boisson à certains rituels.

Le chocolat est un produit de luxe et sert comme monnaie d'échange.

(Nous changeons de salle et pénétrons dans les cales d'un navire).
Cortès est le premier à ramener des fèves de cacao en Europe en 1519.

Cette boisson amère, écumeuse et poivrée est fort appréciée après ajout de vanille et de miel. Plus tard, on y mettra du lait et du sucre.

(Nous accostons en Espagne, et arrivons à la cour du roi)

Il y a un réel engouement pour cette boisson, mais, très chère, elle est réservée à la cour d'Espagne et aux plus riches. Le chocolat est consommé chaud sous forme de boisson.

(Nous entrons dans la chambre à coucher d'une courtisane)

L'Eglise va devoir prendre position sur ces boissons exotiques que sont le café, le thé ou le chocolat. S'agit-il d'un aliment ? La sentence tombe : La boisson (y compris le chocolat) ne rompt pas le jeûne. Le chocolat est déclaré maigre, pouvant même être consomme pendant le Carême. (ça, ce sera une bonne nouvelle pour beaucoup d'entre vous. On dit merci qui ?)

Sur cette bonne nouvelle, nous avons changé de salle pour admirer un décor de carton représentant une région de la Gruyère. 


Nous étions alors à la fin du XIXème siècle. Un épicier nommé Peter, et installé au bord du lac Léman a fait faillite. Mais au cours de son activité, il a eu des contacts avec l'Italie où le chocolat était mangé dans des buts thérapeutiques. 

Les choses n'étaient pas si simples : le chocolat dégage une amertume très forte. Lorsqu'il est chauffé, il se dissout dans le lait et peut-être dégusté avec délectation. Lorsqu'il est présenté sous forme de pâte dure, il reste amer puisque le mélange chocolat-lait ne résiste pas au refroidissement (il suffit de laisser reposer votre chocolat chaud pour comprendre le dilemme).

Peter, très amoureux d'une certaine demoiselle Cailler dont le père avait une entreprise de chocolat, eu une idée géniale en employant la première invention d'un dénommé Nestlé le lait concentré.

Voyez-vous apparaître ici les trois noms qui ont fait le chocolat suisse ? Les trois hommes se sont associés : Peter a amené son invention du chocolat au lait, Nestlé son invention du lait concentré, et Cailler son savoir-faire. Le lieu pour installer leur entreprise était tout trouvé, ce serait dans la Gruyère, à proximité des vaches laitières, près des infrastructures routières pour les transports.


Premier atelier de Cailler-Nestlé-Peter

La visite "guidée" par haut-parleur a pris fin sur la reconstitution du premier atelier de l'entreprise Cailler-Nestlé-Peter.

Nous avons beaucoup apprécié cette promenade à travers l'histoire et le monde. Nous sommes retombés dans le temps présent, et commençait alors la visite libre...

Mais ceci fera l'objet d'un autre article (Voir ICI) !

(Je vous présente mes excuses pour les photos : l'éclairage n'était pas bon et j'étais trop captivée par les explications pour essayer de faire mieux)





vendredi 15 novembre 2013

Mes enfants sont magiciens

Ils sont extraordinaires mes enfants, surtout l'un deux, mais je ne sais pas encore de qui il s'agit. Le saurais-je d'ailleurs un jour ?

Figurez-vous qu'ils ont déposé les torchons de vaisselle en vrac sur la table, comme ça : 



Le lecteur qui s'avise de me dire que ce n'est pas le cas chez lui, jamais, recevra une tablette de chocolat - Suisse ça va de soi. Je ne prends pas de risque.

Et lorsque j'ai saisi le premier torchon pour l'étendre comme il se doit, voilà ce qui est arrivé :



A moins que ce ne soit moi la magicienne, et que de mes doigts découle un fluide qui se fait nouer les torchons entre eux ? Mais j'ai perdu le fluide...



mercredi 13 novembre 2013

Brèves de trottoir

Je suis très indiscrète et j'assume. Lorsque je suis dans la rue, je ne peux m'empêcher d'entendre, puis d'écouter les conversations de ceux qui me suivent, que je suis, ou que je croise. Tout cela ne serait pas trop grave si je ne divulguais pas ces secrets de trottoir aux quatre coins du monde. Mais je ne veux pas vous priver de la joie d'en prendre connaissance !

Lundi, j'ai accompagné Albert à la gare. Nous attendions le train en devisant quand une dame passe à côté de moi, Natel en main. Elle disait : "Et alors, tu en es où ? As-tu rangé sous la table basse ? ... Plus ou moins ? Je préférerais que ce soit plus..." Je n'ai pas pu entendre la fin de la conversation, mais à son air satisfait j'en ai déduit qu'elle avait laissé des ordres fort clairs.

Alors comme la semaine précédente j'avais entendu le gentil garçon essayer de ruer dans les brancards en refusant à sa mère d'acheter une paire de chaussures (pour lui) (voir ICI), je n'ai pas pu ne pas m'imaginer que cette fois il s'agissait d'une gentille fille qui refusait de faire son ménage selon les critères de la mère. 

Finalement, nous sommes entourés de révolutionnaires !

mardi 12 novembre 2013

Jean, encore et toujours...

Monsieur Alphonse m'a offert le dernier d'Ormesson. Ses derniers livres sont des testaments, et celui-ci plus encore que les autres. 

Il dresse un hymne à sa vie, à ceux qui l'ont embellie, son grand-père, Marie, ses parents. Il s'interroge sur le futur, son futur puisqu'il approche du moment de sa mort. Sa reconnaissance pour sa vie passée, sa sérénité à l'égard de sa vie future éventuelle puisqu'il en ignore tout, et surtout si elle existe, en font un livre qui amène le lecteur à des sommets d'où il contemple avec l'auteur la beauté de la Vie.

A lire et à relire sans fin...

"Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit" de Jean d'Ormesson chez Robert Laffont