Des nœuds dans mon fil

mardi 22 décembre 2015

Je suis en vacances...

Ca n'a l'air de rien ces quelques mots : "Je suis en vacances", mais pour moi ils représentent beaucoup. Lorsqu'on est mère de famille, les vacances signifient toute autre chose : que les enfants sont enfin à la maison, que les trajets sont à oublier, la montre à ranger, la maison aussi d'ailleurs, que si le mari a également des vacances, ce sera détendu. Mais pour le reste, linge, courses, repas, éducation, c'est comme en période hors vacances.
 
Depuis que j'ai retrouvé une vie étudiante, je peux à nouveau parler de vacances, parce que si rien n'a changé au niveau de la maison (quoique, les enfants m'ont fait tous les repas depuis samedi, ce qui m'a permis d'aller travailler à la bibliothèque et de rentrer mettre les pieds sous la table), j'ai enfin rangé tous mes cours, examens passés, réussis pour deux d'entre eux (j'ai les résultats), certainement réussis pour les autres.
 
Les vacances, c'est chic : on range ses cours, et on part faire des courses, on prend le temps de s'arrêter pour faire semblant de se laisser tenter... on oublie qu'on fait les courses avec Albert, et qu'il n'est pas question de faire les courses en marchant, la seule vitesse autorisée est la course rapide ! N'empêche, on s'est bien amusés. En rentrant, je me suis lancée dans la pâtisserie pour préparer le gâteau d'anniversaire d'Anatole. J'espère qu'il sera bon : comme ce n'est pas moi qui lave les casseroles, j'ai bien l'impression que l'odeur de poisson qui émanait des pêches venait en fait d'une casserole mal nettoyée. Je sens qu'on n'a pas fini de rire... Mais les vacances sont là, tout va bien !
 
 Edit du 24 : Hier, nous avons fêté l'anniversaire d'Anatole. Le gâteau était splendide, avec son glaçage à la pêche. Anatole a soufflé ses 19 bougies, nous l'avons applaudi et j'ai coupé le gâteau en 8, pour le plus grand plaisir d'Amélie dont les yeux sortaient de leurs orbites. Il était DE-LI-CIEUX. Exit le goût de poisson de la veille. Il ne restait que la pêche. C'est dans la joie que nous avons tout rangé pour nous entasser dans la voiture et partir fêter la naissance de notre Sauveur dans l'allégresse !

Joyeux Noël à tous !
 

dimanche 20 décembre 2015

Mon 13ème mois

Depuis toujours, je rêve de ce treizième mois. L'idée est mythique, mais malheureusement pour moi, restée à l'état de possibilité jamais atteinte. Devant me contenter de douze mois, j'imagine que mon regret était tel que j'ai fini par me créer mon treizième mois tout personnel. Il débute le 6 décembre pour se terminer le 6 janvier. Un long treizième mois de 31 jours.
 
Le 6 décembre, comme toute bonne alsacienne/suisse/fribourgeoise, nous fêtons la saint Nicolas avec éclat. Le 12, je me souviens de l'anniversaire d'une de mes filleuls. Le 17 on ne rigole pas avec l'anniversaire d'Amélie (on ne risque pas d'oublier non plus, du fait qu'elle compte les jours depuis le mois de septembre). On enchaîne avec l'anniversaire d'Anatole le 23 décembre, simplement pour se mettre en jambe pour les festivités qui suivent les 24, 25 et 26 décembre (forcément, ici, en Alsace ou en Suisse, le 26 est férié et on fête). On glisse paisiblement de la table du 26 vers la table du 31, on jeûne le 2 janvier pour souhaiter avec allégresse un joyeux anniversaire à Antoinette le 3 janvier. Le treizième mois se clôt avec joie le jour de l'épiphanie, le 6 janvier : avec tout l'entraînement des jours qui précèdent, la galette à la frangipane glisse toute seule !
 
Vivent les treizièmes mois !

 

mardi 15 décembre 2015

Etudiante...

Aujourd'hui, j'ai fait deux choses absolument inouïes et totalement impensables pour moi : J'ai abandonné l'idée d'apprendre par cœur, et j'ai fait l'université buissonnière. L'une et l'autre m'ont donné des petits frissons.
 
La mémoire d'abord : depuis toute éternité (en fait, depuis que je me souvienne), je n'ai jamais su apprendre par cœur. Une poésie me donnait de l'urticaire, et je peinais des heures durant sur les mots qui n'avaient plus de sens à force d'être rabâchés. Par contre, apprendre un cours à restituer avec mes mots ne me pose aucun problème. Pour apprendre, je me fais des plans, des démonstrations, et hop, envoyé, c'est pesé.
 
C'est alors que j'ai été confrontée à une méthode d'examen tout à fait originale : le professeur nous a donné une liste de 12 questions réparties en 4 catégories. Nous devions préparer les réponses, les apprendre par cœur, et à l'examen il devait nous donner une question par catégorie. Ne croyez pas que ce soit facile : la préparation des réponses nous a demandé de longues heures de travail. La veille de l'examen, lors du dernier cours, il a repris toutes les questions une à une et nous a interrogés oralement. L'une de nous, toute jeunette, et étrangère de surcroit, a été capable de réciter par cœur des paragraphes entiers du catéchisme de l'Eglise catholique ou de la somme de théologie de saint Thomas d'Aquin. Moi pas. Mais elle m'a mis une pression incroyable.
 
Je suis rentrée pour apprendre. Une heure trente pour une page. L'horreur. Dix minutes plus tard je ne savais plus rien. J'ai passé ainsi plus de six heures à peiner sur les mots qui s'entrechoquaient dans ma tête. Hier soir, déprimée et constatant que je n'arriverai jamais à réaliser cette prouesse, j'ai changé mon fusil d'épaule, et j'ai décidé de reprendre l'apprentissage à ma façon. J'ai commencé par aller me coucher, puis je me suis levée tôt pour tout revoir. En trois heures, j'ai réussi à rattraper tout le temps perdu.

Oui, mais, j'avais certes mon examen à 11 heures, ce qui me permettait théoriquement d'étudier. Mais j'avais aussi cours de 9 à 10 heures. Je n'y suis pas allée. Pour la première fois de ma vie, j'ai séché un cours, comme les étudiants pas modèles qui révisent et apprennent au dernier moment. Je ne sais pas si j'ai des circonstances atténuantes, mais ce qui est certain, c'est que mon examen s'est bien déroulé !

 

mardi 8 décembre 2015

C'est férié

Réjouissez-vous avec moi, aujourd'hui est un jour férié dans le canton où j'habite. L'Immaculée Conception de la Vierge est célébrée avec d'autant plus de faste que c'est l'ouverture de l'année sainte.
 

 
 
Pour moi, jour férié rime avec jour de révisions plus intenses (et Ambroise au fourneaux). Je vous quitte, je retourne à mes cours...
 

dimanche 6 décembre 2015

Les examens et saint Nicolas

Dans la famille d'Alphonsine, saint Nicolas est un incontournable. Depuis tout temps et de toute éternité, je prépare un goû-dîner plantureux et décoratif : des "Mannala" (bonhommes en pâte briochée), des pains d'épice, des fruits secs, des confitures, des mandarines et autres fruits, des pièces en or... Le vin chaud, le jus de fruit et le chocolat chaud apportent un remontant nécessaire !
 
Vous l'aurez compris, il est absolument impensable de penser "6 décembre" sans penser "fête de saint Nicolas".
 
Oui, mais lorsque Maman Alphonsine a la tête plongée dans ses révisions, que la théologie dogmatique concurrence la théologie morale, l'histoire de l'Eglise, le Nouveau Testament et la philosophie, elle ne voit pas comment rendre des comptes à la tradition tout en maintenant son travail dans des perspectives exigeantes. C'est alors que l'idée de génie a fusé :
 
"Ambroise, pourrais-tu, avec tes souvenirs de tes cours d'économie familiale, nous faire de la pâte à brioche, puis façonner des Mannalas ? Augustin t'aidera à dresser la table". Je vous épargne la réponse d'Ambroise, faite d'arguments absolument imparables. J'ai pris mes affaires et j'ai quitté la maison pour me rendre dans un lieu de solitude, seul propice à me permettre d'avancer dans mes révisions. A midi, Ambroise terminait de pétrir la pâte avec beaucoup d'assiduité. A 18 heures, lorsque je suis arrivée, j'ai découvert une table magnifique, et je me suis exclamée : "Félicitation, c'est non seulement féérique, mais ça sent bon, et ça semble délicieux. Les élèves ont dépassé leur maître !"
 

 

jeudi 3 décembre 2015

Maman travaille

De retour des courses, samedi dernier, et après avoir mis la maison en état comme tous les jours, il était déjà 10 heures, moment bien tardif pour me plonger dans le cours de théologie morale fondamentale, mais j'étais déterminée à prendre cette matière à bras le corps. C'était sans compter sur la détermination d'Augustin, désireux de mettre ses talents au service de roses des sables.
 
Avant de débuter mon travail, j'ai donc consulté la recette et donné les conseils à Augustin, lequel a immédiatement appelé Ambroise à la rescousse pour l'aider dans sa lourde tâche de peser les ingrédients, faire fondre le chocolat au bain-marie avec du beurre, d'y ajouter le sucre, de mélanger le tout délicatement aux corn-flakes avant d'en faire des petits tas et d'obtenir les magnifiques roses des sables tant espérées.
 
Ouf, les choses sont lancées, je peux ouvrir mon cours.
 
Malgré le casque anti-bruit, je perçois des bruits venant de la cuisine. Je m'enferme dans mon cours pour couper tous les sons extérieurs.

Dans l'état de nature intègre, l'homme n'avait besoin que d'une vertu surajoutée pour Maman, c'est bien 250 g de chocolat qu'il faut prendre ? Oui. Dans l'état de nature intègre, l'homme n'avait besoin que d'une vertu surajoutée pour Mais pour le bain-marie, il faut mettre combien d'eau ? Suffisamment pour que la casserole soit bien immergée, mais pas trop pour que l'eau ne passe pas dans la casserole. Dans l'état de nature intègre, l'homme n'avait besoin que d'une vertu surajoutée pour Excuse-moi de te déranger encore une fois, mais le chocolat ne fond pas. Attends un peu. Dans l'état de nature intègre, l'homme n'avait besoin que d'une vertu surajoutée pour accomplir et vouloir le bien surnaturel. Mais tu sais, il ne fond vraiment pas. J'ai ajouté le sucre et maintenant c'est... viens voir.Je me déplace, je vois dans le fond de la casserole un magma informe. Quand même c'est bizarre cette histoire. Je prends la spatule, je touille, je tourne, j'ai hâte de retourner à mon cours. Je tends la spatule à Ambroise qui poursuit son œuvre.
Dans l'état de nature intègre, l'homme n'avait besoin que d'une vertu surajoutée pour Mais tu sais, c'est toujours pareil. Tu enlèves la casserole du feu, tu verses ton mélange dans un saladier, tu ajoutes 4 œufs en fouettant, puis 100 g de farine, de la levure chimique, ça ne peut pas faire de mal, tes cornflakes (ce qui reste de ce que vous n'avez pas mangé), tu verses le tout dans un moule à cake, et au four 180°. Dans l'état de nature intègre, l'homme n'avait besoin que d'une vertu surajoutée pour Comment je dois faire ? Là, je crois que j'ai explosé, parce que Monsieur Alphonse est venu mettre fin aux velléités culinaires de ses fils. Il a mis les œufs, la farine et le reste, tout envoyé dans le four, et dimanche, nous avons eu un délicieux gâteau au chocolat surmonté d'un dôme de crème fouettée pour le dessert.

Le week-end prochain, j'irai travailler à la bibliothèque...

mercredi 2 décembre 2015

Il me manque du temps

Je cherche du temps, beaucoup de temps. Pour tout vous dire, il me manque dix ans. Exactement. Comment vais-je faire pour trouver dix ans dans les vingt jours qui me restent ?
 
La semaine prochaine, notre professeur de dogmatique mettra un point final à son cours de Christologie. Son examen est fixé au 22 décembre. Il me reste donc 20 jours pour assimiler ce pour quoi il me faudrait 10 ans. D'où mon désarroi...

 

jeudi 19 novembre 2015

Petit bateau deviendra grand

J'ai, parmi mes fils, un garçon qui est particulièrement attaché à réaliser des expériences personnelles. Certaines se renouvellent très souvent, comme par exemple de déposer délicatement un peu de sauce tomate au milieu d'un polo blanc pour vérifier que la tâche est toujours indélébile, ou encore de placer le bec verseur d'une cruche à côté d'un verre pour vérifier que l'eau s'écoule dans le verre (ou pas, mais sa surprise est toujours aussi grande), ou encore de garder le dos rond à table pour constater que décidemment maman Alphonsine a l'œil sourcilleux des bonnes tenues... Bref, Ambroise est un garçon testeur.
 
Sa dernière idée était assez géniale, ce qui m'oblige à vous en faire part. C'est comme ça. On ne peut pas déroger à une obligation.
 
Ambroise a pris une feuille A4 pour en faire un bateau. Ensuite il s'est demandé quelle serait la taille de son bateau s'il prenait 16 feuilles A4 qu'il collerait une à une. Et puis, l'expérience n'étant pas complète, il a essayé avec 84 feuilles. Je crois savoir pourquoi il n'a pas essayé avec une feuille composée de 168 feuilles A4 : il ne manquait pas de feuilles (j'ai une sœur qui nous fournit allègrement de tout le papier de brouillon dont nous avons besoin), il manquait de scotch.
 
Le "Cap Itaine" a été créé à l'aide d'une feuille.
 
 
Le "Commant d'En" a été créé à l'aide de 16 feuilles.
 
 
Le "Sers Jean" a été créé à l'aide de 84 feuilles. (sur la photo la feuille composée de 84 feuilles de format A4).
 
 
 
Résultat de l'expérience :
 
 
 
 Pour vous donner une idée de l'échelle, rappelez-vous que le plus petit bateau a été plié dans une feuille A4. Il paraît minuscule, mais ce n'est pas le cas.

 
 
 
 
 
Conclusion de l'expérience :
 
- Les bateaux sont sympas.
- Ambroise s'est occupé durant une grande partie de son temps libre.
- Il a pu constater que le bateau plié à l'aide de la planche de 84 feuilles était particulièrement grand, et qu'il manquait d'équilibre.
- Il a été surpris de voir à quelle vitesse un rouleau de scotch pouvait se vider...

jeudi 5 novembre 2015

Moleskine (10) : Agenda

 
 
Je suis Moleskine-agenda, vous ne me connaissez que par Moleskine-carnet à couverture rigide et à papier non ligné. Le malheureux, il ne se porte pas bien du tout, pire encore, il ne décolère plus, il est mortellement jaloux de moi, il a l’impression d’avoir été relégué en second plan dans le cœur d’Alphonsine. J’ai beau lui expliquer que ce n’est pas vrai du tout, il se refuse à entendre que notre chère propriétaire garde toute son affection pour son premier né. Il est vrai qu’avec sa famille et ses études, Alphonsine n’a plus le temps d’ouvrir mon cousin pour y aligner ses mots et ses lignes. Il est rangé sur une étagère et ne bouge plus. Lui qui aimait tellement se promener dans le sac à main de sa maîtresse, il se désespère.
Pour ma part, je suis heureux. J’ai pris place dans un sac de cours et je me balade partout. Alphonsine note ses rendez-vous, bien entendu, sur les pages de gauche, mais également tout ce qu’elle a à faire sur les pages de droite : cours à préparer, devoirs à rendre, adresses des rendez-vous. Elle y colle les cartes de visite indispensables, les billets de train pris en avance, je détiens son carnet d’adresse. Mes pages se noircissent, non de jolies histoires comme chez mon cousin, mais de quoi reconstituer une jolie histoire : celle d’Alphonsine. Elle se sert aussi de stylos de couleurs pour mettre en relief des choses vraiment importantes. Oserais-je confier qu’elle a même trouvé des gommettes et qu’elle s’amuse à s’en servir ?

A ce sujet, l'autre jour, elle venait d'acheter ses gommettes. Elle s'est rendue à une conférence obligatoire dans le cadre de ses cours. C'était amusant : elle s'est assise au dernier rang pour pouvoir s'occuper ! J'ai été très fier lorsqu'elle a jeté son dévolu sur moi : elle a commencé par gommer tout ce qui était écrit au crayon, en recopiant ces notes à l'encre. Tout cela n'aurait pas été dramatique, mais en gommant (avec énergie), elle faisait trembler la table et agaçait ses voisins. Puis elle a pris ses gommettes et les a collées selon un artifice qui lui était propre sur certaines de mes pages. Elle a admiré son travail et a tout rangé : la conférence avait pris fin. Elle a voulu poser une question provocante pour mettre un peu de piment dans le monologue terne du conférencier, mais son voisin l'en a dissuadée parce qu'il était déjà midi et qu'il avait faim ! Devant un tel argument, personne ne peut résister, même pas Alphonsine !

 

dimanche 1 novembre 2015

La transhumance

Quelle épopée, celle de faire les bagages, de les déballer, de les remballer et de les remettre à leur place. J'ai horreur de cette phase douloureuse. On se trouve avec un tas impressionnant de choses indispensables complètement inutiles.
 
Dans la famille d'Alphonsine, il y a un rituel immuable lors de nos voyages vers la France. Aller de sa maison à sa maison, c'est une épreuve de force pour mon pauvre mari !
 
Monsieur Alphonse prévient la maisonnée : "A 10 heures au plus tard, tous les bagages seront placés derrière la voiture". A 10 heures, il pousse un grand cri expiratoire : "Mais jamais on ne pourra mettre tout cela dans la voiture, même le coffre de toit n'y suffira pas. Qu'est-ce que c'est ça ? ... des playmobils ? Mais tu n'en as pas assez là-bas ? Tu as besoin de ceux-ci spécialement ? Et ça ? Non, on n'emportera pas ta plante verte. Faut-il vraiment........... "
 
A 10 heures 20, Monsieur Alphonse voit le tas diminuer, et d'un coup, il voit apparaître des sacs qui n'étaient pas au garde à vous à 10 heures. "Qui vient de mettre ce sac ?" Je vous épargne les détails de la négociation, et il finit par trouver une place au sac insoumis. Mais bientôt un autre vient prendre sa place.
 
Après de nombreux préparatifs de ce genre, j'ai fini par prendre les enfants à part : "Vous serez prêts à temps avec vos affaires. Et s'il y a un souci, venez me voir, je m'en occuperai, mais surtout ne vous avisez pas de poser vous-même un sac au-delà du temps imparti, parce qu'alors je ne réponds de rien."
 
Résultat, les enfants se montrent un peu plus disciplinés, Monsieur Alphonse s'exclame toujours autant devant la montagne de bagages, je négocie âprement le sac retardataire, il finit par trouver de la place pour chaque chose, et au final, même les enfants ont leur place dans la voiture.
 
Ouf, nous sommes bien partis, nous sommes bien rentrés...

mardi 20 octobre 2015

Raiffeisen

Raiffeisen est une banque suisse qui a ses origines à Saint Gall (Sankt Gallen). Son siège social est situé tout prêt du centre ville et occupe tout un quartier de la ville. Sa couleur étant le rouge, il a été demandé à un architecte d'établir un projet pour ce quartier. Le résultat est spectaculaire :
 
 











 
 
 
 
 

dimanche 18 octobre 2015

Hep, vous, là-bas !

A l'université, il y a des étudiants. Il y a aussi des auditeurs libres. Il y a des cours communs aux première et deuxième années, d'autres aux deuxième et troisième années, des gens qui vont et qui viennent. Bref, il n'est pas rare, surtout en début de semestre, à l'entrée d'un professeur, de voir une personne foncer vers la porte, sortir en courant pour chercher la bonne salle.
 
C'est ce qui s'est passé ce matin. Une dame descend les marches, attrape sa valise, saisi son manteau, le tout posé devant le premier rang et sort précipitamment. Machinalement je regarde vers l'endroit où j'avais posé ma doudoune : elle n'y était plus. Je bouscule ma voisine, je sors et je cours derrière la personne, je la rattrape, et lui demande mon manteau. La pauvre, elle était dans tous ses états, elle portait deux manteaux sur son bras. Je la console rapidement et retourne en cours.
 
Je ne suis pas comme saint Martin, je ne donne pas mon manteau, et encore moins la moitié du manteau !

vendredi 16 octobre 2015

Invention (5/5)

Tagguée par Ma', il m'appartient de trouver cinq photos, de raconter cinq histoires et de désigner une autre bloggeuse pour jouer le jeu. J'abandonne l'idée des cinq blogueuses à choisir...
 
Chaque jour apporte sa découverte, du moins c'est ainsi qu'Anatole a profité des vacances cet été. En arrivant à la plage, il chaussait les palmes que personne ne s'avisait à lui chiper (il y a forcément des avantages à être le seul de la famille à chausser du 47 !), attrapait un masque et un tuba et partait explorer les fonds sous-marins situés à 7 mètres du bord de l'eau.
 
Il nous a ramené une paire de lunettes de soleil homme, des coquillages, un énorme coquillage qu'il a offert à sa soeur, une étoile de mer vite remise dans son milieu naturel, des pierres de toutes sortes, des algues... et trois couteaux dont nous ne savions que faire. Alors nous les avons ramenés à la maison en souvenir...
 
 

mercredi 14 octobre 2015

Mon arbre (4/5)

Tagguée par Ma', il m'appartient de trouver cinq photos, de raconter cinq histoires et de désigner une autre bloggeuse pour jouer le jeu. Voilà la quatrième histoire. Je n'ai pas trouvée la photo tant aimée, j'en ai choisi une équivalente. Le premier qui me fait remarquer qu'il s'agit d'un pommier sur la photo sera traité d'affreux concret dont l'âme n'est pas capable de gymnastique fondamentale. J'abandonne l'idée des cinq blogueuses à choisir...

 
C’était à cause de cet arbre que j’avais acheté la maison. Il était si joli au milieu du pré non entretenu, parmi les herbes folles, et les quelques orties qui nous battaient les jambes. Il était presque adossé à une palissade, installée là pour délimiter le champ des chèvres. Les chèvres étaient parties avec les précédents habitants, la palissade était restée. L’arbre aussi. Qu’il était beau, il avait déjà bien vécu, portait ses branches de façon majestueuse, et, délicatement, les laissait s’incliner vers la terre pour nous permettre, le moment venu de cueillir les fruits avec gourmandise. Il était déjà lourd de belles mirabelles encore vertes. Il promettait une belle récolte.
 
En visitant la maison puis les dépendances, je ne pensais qu’à cet arbre. Ce souvenir avait tout enjolivé, je voyais la maison bien plus belle qu’elle n’était en réalité, tout était rendu plus beau par cet arbre, si grandiose et en même temps si discret.
 
La première fois que nous avons ouvert le portail avec notre clef, nous sommes directement allés au jardin pour rendre visite à l’arbre. Il n’était pas seul, pourtant, d’autres arbres vivaient sur la même parcelle. Des pommiers, un pêcher, des quetschers, un cerisier, un autre mirabellier, des noisetiers. Il y avait même, bonheur suprême des enfants, un noyer somptueux immédiatement pris d’assaut. Ses grosses branches frôlant le sol permettaient des jeux fantastiques dans les airs. Il était tour à tour navire, camion, aéronef. Une balançoire avait été improvisée : une grosse corde arrimée à une mère branche, un gros tube en carton ayant servi au transport d’une moquette, et voilà 6 enfants répartis de part et d’autre du tuyau.
 
Mais l’arbre de prédilection restait le mirabellier au branchage si harmonieux. A la fin de l’été, il nous donna des fruits exquis, des mirabelles si belles, jaunes, virant sur le rouge, au goût de miel. J'en fis des conserves et des confitures, nous nous régalâmes tout l'hiver, puis toutes les autres saisons jusqu'à la cueillette suivante.

Hélas, il était déjà bien vieux. Chaque année le voyait réduit d'une grosse branche, chaque année la récolte diminuait. Puis arriva l'inévitable : il était si desséché que nous n'eûmes plus qu'une poignée de mirabelles, toujours aussi goûteuses, mais  en si petite quantité que la question se posa pour la première fois au printemps suivant : ne faudrait-il pas en faire du bois de chauffage ? Je contemplais cet arbre bien aimé, assise au milieu du champ. Un étrange vol d'oiseaux attira mon attention : cet arbre si creux qui ne pouvait plus produire de fruit contenait en son sein la vie même : une couvée d'oisillons piaillant à qui mieux mieux pour avoir la pitance des parents affairés.

Je me levai et souris : cette fois, c'était bien sûr, cet arbre aurait la vie sauve !

 


samedi 10 octobre 2015

Je suis telle une gare (3/5)

Tagguée par Ma', il m'appartient de trouver cinq photos, de raconter cinq histoires et de désigner une autre bloggeuse pour jouer le jeu. J'abandonne l'idée des cinq blogueuses à choisir...
 
 
Image
 
Mes larges fondations sont posées au milieu des arbres, tout près d’un château. Je ressemble à s’y méprendre à une gare, avec mon architecture de station ferroviaire. Je ne ferme jamais les yeux, mes volets rouges restent toujours ouverts, j’espère ainsi être plus accueillante. Mon préau permet aux enfants de jouer, aux familles d’y prendre les repas, ou de s’asseoir tranquillement en regardant le temps passer.
 
J’ai tout d’une gare, l’apparence extérieure, mais également mon intérieur qui accueille des gens de passage. Ils vont et viennent, y dorment une nuit ou soixante, parfois même un peu plus, mais guère plus. Mon intérieur n’est pas reluisant, il n’est pas attractif non plus, mais tout le monde m’aime, de la cave au grenier.
 
La cave d’abord, humide et froide, été comme hiver, est un paradis pour les enfants. Ils descendent en tremblant, et remontent en courant. S’ils y jouent, ce n’est jamais pour très longtemps.
 
Le rez-de-chaussée est l’étage que j’aime le moins. Il est celui des gens sérieux. Les réunions des adultes sont mortellement ennuyeuses. Heureusement, il arrive qu’une maman ouvre toutes les portes de communication, ce qui permet à ses enfants de jouer au loup ou de faire un parcours en planche à roulette. Enfin, je vis, je respire, je me délecte. Mes poumons se remplissent de vitalité et d’entrain.
 
Le premier étage est mon préféré, avec ses dix pièces (neuf chambres et une immense salle de réunion), et ses deux paliers époustouflants. J’accepte que l’on y installe tous les trains, circuits de voitures, jeux de billes, parcours du combattant. Quelle joie d’entendre les cris et les rires des enfants, c’est pétillant, c’est frais, c’est gai.
 
Mes douches qui communiquent par le haut font le bonheur de ceux qui aiment poursuivre leur conversation tout en se lavant. J’entends chanter à deux voix, c’est toujours un peu faux, mais tellement attendrissant. Et mes douze lavabos font hurler les mères de famille, ce qui m’amuse toujours autant.
 
Un grenier interdit… Et comme tout grenier interdit, j’y accueille les enfants désobéissants. J’aime les voir ouvrir discrètement la porte en prenant soin de ne pas la faire grincer, puis la refermer tout aussi doucement derrière eux. Ils montent l’escalier en colimaçon en levant la tête. Je vois alors un peu d’anxiété dans leurs yeux, je sais qu’ils jouent à se faire peur. En arrivant, ils soupirent, soulagés, il ne s’est rien passé. La dernière fois, c’était une petite fille en robe qui dansait et tournoyait en chantant. Une autre fois, un garçon déjà grand qui avait fixé sa corde à une de mes poutres et que se balançait en hurlant. Le malheureux, j’aurais tant voulu lui dire de ne pas crier, mais sa maman bien perspicace l’avait repéré avant que je ne puisse intervenir.
 
Je ne suis pas belle, non, mais attachante, et je marque les hommes, les femmes et les enfants qui passent chez moi. Je suis bien telle une gare : on passe chez moi sans y penser, mais on se souvient toute sa vie de ce moment de grâce.
 
 

jeudi 8 octobre 2015

Nulle part, vraiment ? (2/5)

Tagguée par Ma', il m'appartient de trouver cinq photos, de raconter cinq histoires et de désigner une autre bloggeuse pour jouer le jeu. Il m'est plus facile de raconter une histoire que de désigner une victime... Qui veut jouer ?
 
 
- Maman, Albert nous a pris nos sucettes. Dis-lui de nous les rendre.
- Albert, as-tu pris les sucettes ?
- Moi ?
- Qui d'autre, c'est bien toi Albert, non ?
- Quoi ?
- Où sont les sucettes d'Ambroise et d'Augustin.
- Je ne les ai pas, regarde : rien dans les mains !
- Si maman, j'ai bien vu qu'il les prenait. Il les a cachées.
- Retourne-toi, Albert...
 

lundi 5 octobre 2015

L'homme invisible 1/5

Tagguée par Ma', il m'appartient de trouver cinq photos, de raconter cinq histoires et de désigner une autre bloggeuse pour jouer le jeu. Albane, veux-tu prendre le relai ?


 
La semaine dernière, j'ai pris le train. Habituellement je me cherche un endroit tranquille pour pouvoir travailler. J'ouvre mon ordinateur, je pose mes écouteurs, je m'enfonce dans la musique pour oublier tout ce qui m'entoure, puis dans le travail.
 
Seulement, la semaine dernière n'a pas été comme les autres semaines. J'étais pourtant plongée dans la lecture d'un article passionnant, dans un coin complètement isolé, et je prenais des notes quand j'ai senti quelqu'un me secouer l'épaule. Je me tournai et vis un homme de quarante-cinq ans environ assis à côté de moi.
- Allons-nous bien dans la direction de N... ?
- Oui.
- Faites-vous souvent ce voyage ?
- Oui.
 
J'avais bien compris qu'il souhaitait parler davantage, mais je n'avais pas du tout envie d'engager la conversation. Je pris un air résigné lorsqu'il me dit :
- Ecoutez-moi, j'ai quelque chose d'intéressant à vous raconter.
 
Je dus enlever les écouteurs, ranger mon crayon et le regarder avec intérêt. Ce qui n'était que superficiel au début devint vite curiosité amusée.
 
"Je suis chef d'orchestre, je dirige au moins huit concerts par mois dans toutes les villes du monde. Il y a deux mois, j'étais à Bora-Bora pour une représentation. J'avais déjà donné un concert la veille, c'était un triomphe. Mais voilà que ce succès causa un préjudice énorme au titulaire de l'orchestre. Il n'était pas aimé de ses musiciens, sa place était menacée, et ma popularité auprès des musiciens faisait remarquer plus encore son aspect désagréable, méchant et déplaisant.
 
Il vint me voir dans ma loge pour me menacer : "Soit vous vous débrouillez pour vous faire détester afin que je puisse conserver mon contrat, soit je me vengerai de la façon la plus horrible que vous puissiez imaginer : je vous rendrai invisible".
 
Vous pensez bien que si je gardai mon sérieux devant lui, je riais intérieurement de sa sottise. Il s'en aperçu, s'approcha de moi et rapidement m'injecta le contenu d'une seringue qu'il tenait cachée dans sa main. Il sortit immédiatement.
 
L'heure d'entrer en scène arrivait, je tentais de l'oublier, y parvint et me concentrai sur le concert. On frappa à ma porte : c'était le moment. J'enfilai mes gants blancs (c'était une fantaisie à laquelle je m'étais attaché, fantaisie qui était devenue un rituel). J'entrai en scène porté par un feu tel que je n'en ai jamais connu d'autre auparavant. Tous les musiciens étaient accrochés à mes baguettes et jouaient avec une symbiose et une communion que je ne puis expliquer.
 
Mais progressivement ils changèrent de couleur, mirent moins d'énergie à bouger leurs archets, à souffler dans leurs instruments, la musique s'éteignit imperceptiblement au fur et à mesure que l'horreur se lisait sur les visages des musiciens. Je ne compris rien.
 
C'est alors que je vis mes mains s'agiter, seules, je veux dire sans mon corps : j'étais devenu invisible, et seules mes mains restaient apparentes. Comment avait-il fait pour rendre mes vêtements invisibles ? Bien sûr, j'avais enfilé mes gants après qu'il m'eut injecté son produit..."
 
 
 
 
Il me montra une photo de l'événement, et je me pris à sourire. Je n'aurais pas dû. Il sortit une seringue et m'injecta un produit dans le bras, se leva et partit précipitamment. Je repris mon travail. Je m'effrayai au moment où je refermai le couvercle de mon ordinateur : je ne voyais plus mon corps...
 
 
 



samedi 3 octobre 2015

Il devait tomber sur nous...

Ce soir, Monsieur Alphonse m'interpelle :" Combien d'enfants nous reste-t-il ce soir ?"
- Aucun, lui dis-je.
- Alors je t'invite au restaurant".
 
Nous errons à travers les rues sans nous décider sur notre destination, nous lisons toutes les cartes des restaurants que nous voyons, et je regarde toutes les vitrines. "Regarde ce collier comme il est joli. Mais il n'y a pas de prix, c'est vexant, je ne saurai même pas combien j'ai économisé !" 
 
Finalement nous choisissons un restaurant typiquement fribourgeois. L'accueil y est toujours sympathique.
 
A peine assis, Monsieur Alphonse m'enjoint de ne pas me retourner, 
- Il y a sur ta gauche le jeune qui fait chanter à l'église.
- Alors nous allons voir Anatole.
- Pourquoi ?
- Il est à l'assemblée générale des grands clercs (c'est fou ce qu'un homme peut oublier ce que font ses enfants, heureusement que nous sommes là, nous les femmes avec notre cerveau frisant la puissance mémorielle d'un ordinateur), et ils ont prévu de souper ensemble. Le jeune doit réserver les tables je pense.
 
J'avais bien pensé... vingt minutes plus tard, entre un groupe de jeunes d'où émerge la tête d'Anatole. Il nous voit immédiatement et rougit violemment ! J'ai délicatement baissé la tête vers mon set de table, et jeté un coup d'œil à son passage. Il riait, rouge encore, mais ne nous a pas vus !!!
 
Il y a au moins 167 restaurants à Fribourg. Pourquoi faut-il absolument que nous tombions sur notre fils qui n'avait pas du tout besoin, ni de son papa, ni de sa maman à ce moment-là ? Il a choisi une place derrière le pilier, il ne pouvait mieux faire. Quant à nous, nous sommes repartis le plus vite possible !
 
Je sens qu'à son retour nous allons bien rire !
 
 
 

vendredi 2 octobre 2015

Saint Gall en vrac

Sankt Gallen est une ville magnifique. Elle est réputée pour son abbaye contenant une bibliothèque somptueuse.
 
 
Nous avons bien entendu visité la bibliothèque. Surprise en arrivant devant la porte : une dame nous a fait signe d'enfiler des patins en feutre (taille 46 pour tout le monde) par-dessus les chaussures de ville, pour éviter d'abimer les parquets. Ils sont chanceux puisqu'ainsi tous les visiteurs traînent les pieds pour ne pas perdre les précieuses pantoufles, et frottent inlassablement le beau parquet. On comprend alors pourquoi il brille autant !
 
Et quelques photos en vrac :
 























 

samedi 26 septembre 2015

Modèle de rangement

J'aime l'ordre, j'aime le rangement impeccable. D'ailleurs je fais rire tout le monde quand j'entre dans une salle où les tables sont disposées en "U" : je commence par les aligner parfaitement, sinon je suis dissipée durant tout le cours. Insupportable. Je place le set de table dans une parallèle impeccable, je range mon bureau avant de commencer à travailler, les piles de mes vêtements dans mon placard suivent une verticale parfaite, et j'ai même appris à plier mes hauts pour que tous aient systématiquement la même largeur. Il y a des choses importantes dans la vie.

Lorsque je suis arrivée en Suisse, j'ai mis toutes mes espérances dans la réputation de ce pays, et je me suis vraiment sentie citoyenne helvétique lorsque j'ai eu la confirmation que cette réputation n'était absolument pas surfaite.
 
C'est pourquoi, ce matin, à mon réveil (j'étais à Saint Gall), lorsque j'ai regardé par la fenêtre, mon cœur a tressailli de joie, j'ai eu un sentiment de bonheur inouï en admirant et en regardant longuement le rangement des engins de chantier. Même le brouillard automnal n'est pas arrivé à m'enlever ma bonne humeur !
 


 

samedi 19 septembre 2015

Vous y croyez, vous ?

"Maman, est-ce que je peux aller chez un copain qui a organisé un truc sympa ? Je rentre de classe vendredi, et je travaille, je fais mes devoirs. Ensuite, je prends le train à 23 heures avec un autre copain. A 23 heures 30 nous sommes arrivés et nous nous couchons pour dormir. A 6 heures du matin, nous nous réveillons pour voir toute la trilogie du "Seigneur de anneaux". Pourrais-tu me chercher le soir vers 18 heures ?"
 
Sincèrement, vous croyez, vous, qu'ils vont dormir à 23 heures 30 ?




Et alors ?
Je viens de récupérer Anatole.
Il est bien arrivé à 23 heures 30 "et tu avais raison, maman, on ne s'est pas couché tout de suite". Ils ont fait des jeux video jusqu'à 1 heure, heure à laquelle ils ont pensé qu'il fallait être raisonnable, arrêter Mario, et ... commencer la trilogie (en version longue comme de bien entendu).

Trois boîtiers de deux DVD chacun. Ils ont dormi entre chaque boîtier (comprendre, continué le jeu de Mario). A 15 heures tout était accompli, et j'ai recherché un Anatole en forme qui s'est endormi dans la voiture !

Albane, oui, j'ai donné l'autorisation, parce que les garçons sont sympas, et que les parents étaient à la maison. Et puis, parce que j'ai un axiome que j'essaye de mettre en pratique dès que possible : "Si ce n'est pas à notre âge qu'on fait des bêtises, je ne sais pas quand on va les faire !"

 

L'ode à la trottinette

Avant de choisir mon nouveau moyen de locomotion, j'ai longuement étudié les fiches techniques des trottinettes.
- Roues de 200 mm de diamètre : il vaut mieux choisir des grandes roues pour circuler plus rapidement.
- Frein supplémentaire à l'avant : les routes que je prends ayant un angle abusif, il vaut mieux que je puisse m'arrêter aux croisements, y compris les jours de pluie.
- Grand plateau pour permettre de changer de pied plus facilement.
 
En faisant mes recherches, j'ai trouvé un article moqueur vis-à-vis de tous ces "vieux" (comprenez, les plus de 17 ans) qui se mettent à la trottinette. D'abord, j'affirme avec aplomb que je dois alors terminer une adolescence tumultueuse ! Ensuite, je trouve à cet engin des avantages non négligeables, surtout comparé au vélo :
 
- Il n'est pas nécessaire de traîner des cadenas puisqu'on emporte son engin partout où l'on se rend.
- Au retour (je précise que l'aller se fait en descente, très raide pour débuter, et en faux-plat pour terminer), il faudrait que je pousse mon vélo dans la montée raide, une trottinette est incontestablement moins lourde à pousser.
- Les jours de pluie, comme on voyage debout, les cuisses ne sont pas dégoulinantes en arrivant, alors qu'à vélo il faut compter des heures de séchage.
- En trottinette, les bras sont plus proches du guidon, les manches de veste ne remontent plus au-dessus des poignets.
- De façon générale on peut voyager en robe ou en jupe droite, il n'est pas nécessaire d'enfiler un pantalon à chaque fois qu'on veut sortir de chez soi.

Et puis, cerise sur le gâteau à ajouter à la liste des avantages incomparables : les jours de grosse fatigue, il suffit de plier le tout et de monter dans le bus !

Vous l'aurez compris, je circule en trottinette, et j'en suis ravie. Je suis doublée par les cyclistes, mais je double les piétons. Ce n'est que justice !
 
 
 

mercredi 16 septembre 2015

Latin suite...

Après deux semestres à peiner sur la syntaxe et la morphologie latine, bref, sur la grammaire de cette langue dite morte, et ceci à raison d'une heure par jour, j'ai décidé de ne pas en rester là, et de suivre un cours de "lecture de latin".
 
Cet après-midi, nous avons eu le premier cours. Nous étions deux ! Une doctorante qui suit ce cours depuis des années et qui déchiffre à grande vitesse, et moi... Le professeur nous a donné un texte médiéval, et m'a désignée comme devant traduite la première phrase. D'un coup j'ai eu chaud. Après trois mois sans traduire, il m'a fallu rechercher dans les tréfonds de ma mémoire les règles de grammaire.
 
Le professeur était très patient, et m'a promis des progrès fulgurants pour l'année à venir ! Yes !

dimanche 13 septembre 2015

Auto-stoppeur

Je prenai de l'essence à une station service en Allemagne, lorsque je fus abordée par un jeune auto-stoppeur. Tout d'abord, je ne compris rien, je pensai qu'il était anglais. Je le fis répéter, puis une nouvelle fois, son anglais m'étant totalement incompréhensible. A la troisième tentative, il eut la gentillesse de parler plus lentement, ce qui fit que je compris parfaitement son allemand ! Il voulu savoir si j'avais de la place pour lui. Or, quelques mois plus tôt, Albert avait été emmené à l'aéroport par des amis, lesquelles tombèrent en panne sur l'autoroute. Albert avait eu son avion grâce à la gentillesse d'un couple qui, malgré certaines réticences, acceptèrent finalement de le véhiculer jusqu'à l'aéroport. Il me fallait payer ma dette, je dis oui.
 
Il installa ses bagages : sac à dos surmonté d'une tente, pull et guitare. Lui-même était assorti à la guitare : barbe bouclée, étireur d'oreilles. Il monta à bord de ma voiture, et nous voilà partis pour de nouvelles aventures.
 
Durant les deux premiers km, nous nous mîmes d'accord sur son point d'arrivée pour qu'il puisse avertir son ami. Au troisième km nous étions passés au tutoiement. Les dix km suivants nous permirent de faire connaissance l'un de l'autre. Je lui proposai ensuite un sandwich "Il y a des petits pains et de la charcuterie". Comme il avait faim il me remercia de ma proposition. Avec ses doigts devenus gras, il essayait d'appeler son ami pour lui fixer le lieu de rendez-vous. Entre le quarantième et le cinquantième km, il voulu tout savoir sur mes enfants, et je bénis le ciel d'en avoir six pour avoir quelque chose à raconter.
 
Ensuite, je me mis à appréhender fortement le passage de la frontière, priant le ciel pour qu'il n'y ait pas de douanier souhaitant voir nos papiers... Ils devaient prendre le café, je passai tranquillement d'un pays à l'autre. Je souhaitai la bienvenue à mon hôte en Suisse, et cinq minutes plus tard, je le déposai à l'endroit convenu.
 
Finalement, c'est amusant de prendre des gens en auto-stop. On ne s'ennuie pas. Mais la prochaine fois que je prends quelqu'un, je lui demanderai préalablement de quand date sa dernière douche...
 
 

mercredi 9 septembre 2015

Le liseur du 6h27

"Le liseur du 6h27" par Jean-Paul Didierlaurent


Des personnages à la vie apparemment insignifiante, un ouvrier spécialisé, une dame-pipi, un contrôleur de barrière, tous ont un rapport étroit avec les livres et la littérature. Ce tout petit livre (200 pages) se lit d’une traite et se ferme avec le sourire : sa tendresse, sa douceur, son humour aussi nous comblent d’un bonheur très doux.

mardi 8 septembre 2015

Véridique !

L'administration française m'impressionne. On ne retrouve un tel système nulle part ailleurs, c'est une spécificité qui fait d'ailleurs bien de rester localisée et de ne pas s'exporter, il suffit que les administrés français souffrent des incompétences pour ne pas souhaiter ce martyr même à notre plus cher ennemi. De quoi s'agit-il ?
 
Aujourd'hui, pleine d'appréhension, je dépose mon dossier d'inscription dans une université française. Je donne le formulaire préalablement rempli (facile sur PDF) puis imprimé. La pauvre secrétaire m'a renvoyée remplir toutes les cases, elle n'avait pas vu que les réponses étaient imprimées... Ensuite elle m'a renvoyée rédiger un nouveau chèque de 189,10 Euros, parce que je l'avais écrit ainsi : "Cent huitante neuf Euros et 10 ctmes'". C'est à ce moment-là que j'ai compris que j'étais inculturée dans le canton de Fribourg. J'aurais pu en être fière, mais ce n'était vraiment pas le moment.
 
Finalement, je lui tends, triomphante, une photo d'identité. J'avais des arguments pour laisser éclater ma joie, les petits soucis avaient été vite arrangés. Mais il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué :
- Il faut trois photos pour une première inscription".
- Voyez, sur la feuille listant les documents à produire il y a écrit 1 photo.
- Non.
Elle me prend ma feuille, au stylo elle écrit 3 au-dessus du 1 et me dit sérieusement :
- Voyez, il en faut 3.
 
CQFD. C'est confondant de simplicité...
 
 

jeudi 27 août 2015

Creavea et sa rubrique "patrons"

Courant janvier, la société Creavea m'avait contactée pour me proposer un patron en échange d'un article. J'avais déjà collaboré avec eux pour du fil à coudre, l'expérience avait été concluante ce qui m'a incitée à donner mon accord.

Après avoir choisi mon patron sur leur site (ICI), j'ai indiqué que je souhaitais le modèle de robe droite Burda :



 

Mon interlocuteur m'a signalé qu'il avait fait le nécessaire, et j'ai attendu, attendu, le patron n'est jamais venu. Entre deux cours, j'ai repris contact pour expliquer que manifestement la voie postale n'était pas la plus efficace entre la France et la Suisse. Qu'à cela ne tienne, un deuxième patron m'a été envoyé. Figurez-vous que le résultat a été le même : rien dans ma boîte aux lettres.

En juin, après mes examens, très intimidée, mais ne sachant comment faire, j'ai une fois encore annoncé que je n'avais rien reçu. "Je fais une nouvelle tentative". Mais cette fois, j'ai donné mon adresse en France. Le lendemain, le patron m'attendait dans ma boîte aux lettres. C'est donc un mystère non résolu que ces deux patrons disparus.

La leçon à tirer de cette mauvaise expérience profite à Creavea : un personnel patient, rapide, un envoi soigné, un interlocuteur fiable et confiant. Pour une vente à distance, ce sont des critères qui sont précieux à mes yeux.

Quant au patron lui-même, l'entreprise Burda est suffisamment connue pour ne pas avoir besoin qu'on en parle. J'ai été étonnée néanmoins de découvrir que le papier était blanc, plus fin que celui que je connaissais, et que les indications étaient bien plus lisibles que sur les anciens patrons. Je n'ai pas suivi les explications de montage parce que la robe était toute simple et que j'avais choisi de placer la fermeture-zip sur le côté et non pas dans le dos. Elle est entièrement doublée à l'aide d'une chute de tissus qui date de plus de 25 ans !




Mes enfants ont admiré la couleur bleue d'une exclamation qui me semblait être un compliment : "Enfin ! maman ! tu n'as pas choisi le tissu rose !"