Des nœuds dans mon fil

samedi 26 septembre 2015

Modèle de rangement

J'aime l'ordre, j'aime le rangement impeccable. D'ailleurs je fais rire tout le monde quand j'entre dans une salle où les tables sont disposées en "U" : je commence par les aligner parfaitement, sinon je suis dissipée durant tout le cours. Insupportable. Je place le set de table dans une parallèle impeccable, je range mon bureau avant de commencer à travailler, les piles de mes vêtements dans mon placard suivent une verticale parfaite, et j'ai même appris à plier mes hauts pour que tous aient systématiquement la même largeur. Il y a des choses importantes dans la vie.

Lorsque je suis arrivée en Suisse, j'ai mis toutes mes espérances dans la réputation de ce pays, et je me suis vraiment sentie citoyenne helvétique lorsque j'ai eu la confirmation que cette réputation n'était absolument pas surfaite.
 
C'est pourquoi, ce matin, à mon réveil (j'étais à Saint Gall), lorsque j'ai regardé par la fenêtre, mon cœur a tressailli de joie, j'ai eu un sentiment de bonheur inouï en admirant et en regardant longuement le rangement des engins de chantier. Même le brouillard automnal n'est pas arrivé à m'enlever ma bonne humeur !
 


 

samedi 19 septembre 2015

Vous y croyez, vous ?

"Maman, est-ce que je peux aller chez un copain qui a organisé un truc sympa ? Je rentre de classe vendredi, et je travaille, je fais mes devoirs. Ensuite, je prends le train à 23 heures avec un autre copain. A 23 heures 30 nous sommes arrivés et nous nous couchons pour dormir. A 6 heures du matin, nous nous réveillons pour voir toute la trilogie du "Seigneur de anneaux". Pourrais-tu me chercher le soir vers 18 heures ?"
 
Sincèrement, vous croyez, vous, qu'ils vont dormir à 23 heures 30 ?




Et alors ?
Je viens de récupérer Anatole.
Il est bien arrivé à 23 heures 30 "et tu avais raison, maman, on ne s'est pas couché tout de suite". Ils ont fait des jeux video jusqu'à 1 heure, heure à laquelle ils ont pensé qu'il fallait être raisonnable, arrêter Mario, et ... commencer la trilogie (en version longue comme de bien entendu).

Trois boîtiers de deux DVD chacun. Ils ont dormi entre chaque boîtier (comprendre, continué le jeu de Mario). A 15 heures tout était accompli, et j'ai recherché un Anatole en forme qui s'est endormi dans la voiture !

Albane, oui, j'ai donné l'autorisation, parce que les garçons sont sympas, et que les parents étaient à la maison. Et puis, parce que j'ai un axiome que j'essaye de mettre en pratique dès que possible : "Si ce n'est pas à notre âge qu'on fait des bêtises, je ne sais pas quand on va les faire !"

 

L'ode à la trottinette

Avant de choisir mon nouveau moyen de locomotion, j'ai longuement étudié les fiches techniques des trottinettes.
- Roues de 200 mm de diamètre : il vaut mieux choisir des grandes roues pour circuler plus rapidement.
- Frein supplémentaire à l'avant : les routes que je prends ayant un angle abusif, il vaut mieux que je puisse m'arrêter aux croisements, y compris les jours de pluie.
- Grand plateau pour permettre de changer de pied plus facilement.
 
En faisant mes recherches, j'ai trouvé un article moqueur vis-à-vis de tous ces "vieux" (comprenez, les plus de 17 ans) qui se mettent à la trottinette. D'abord, j'affirme avec aplomb que je dois alors terminer une adolescence tumultueuse ! Ensuite, je trouve à cet engin des avantages non négligeables, surtout comparé au vélo :
 
- Il n'est pas nécessaire de traîner des cadenas puisqu'on emporte son engin partout où l'on se rend.
- Au retour (je précise que l'aller se fait en descente, très raide pour débuter, et en faux-plat pour terminer), il faudrait que je pousse mon vélo dans la montée raide, une trottinette est incontestablement moins lourde à pousser.
- Les jours de pluie, comme on voyage debout, les cuisses ne sont pas dégoulinantes en arrivant, alors qu'à vélo il faut compter des heures de séchage.
- En trottinette, les bras sont plus proches du guidon, les manches de veste ne remontent plus au-dessus des poignets.
- De façon générale on peut voyager en robe ou en jupe droite, il n'est pas nécessaire d'enfiler un pantalon à chaque fois qu'on veut sortir de chez soi.

Et puis, cerise sur le gâteau à ajouter à la liste des avantages incomparables : les jours de grosse fatigue, il suffit de plier le tout et de monter dans le bus !

Vous l'aurez compris, je circule en trottinette, et j'en suis ravie. Je suis doublée par les cyclistes, mais je double les piétons. Ce n'est que justice !
 
 
 

mercredi 16 septembre 2015

Latin suite...

Après deux semestres à peiner sur la syntaxe et la morphologie latine, bref, sur la grammaire de cette langue dite morte, et ceci à raison d'une heure par jour, j'ai décidé de ne pas en rester là, et de suivre un cours de "lecture de latin".
 
Cet après-midi, nous avons eu le premier cours. Nous étions deux ! Une doctorante qui suit ce cours depuis des années et qui déchiffre à grande vitesse, et moi... Le professeur nous a donné un texte médiéval, et m'a désignée comme devant traduite la première phrase. D'un coup j'ai eu chaud. Après trois mois sans traduire, il m'a fallu rechercher dans les tréfonds de ma mémoire les règles de grammaire.
 
Le professeur était très patient, et m'a promis des progrès fulgurants pour l'année à venir ! Yes !

dimanche 13 septembre 2015

Auto-stoppeur

Je prenai de l'essence à une station service en Allemagne, lorsque je fus abordée par un jeune auto-stoppeur. Tout d'abord, je ne compris rien, je pensai qu'il était anglais. Je le fis répéter, puis une nouvelle fois, son anglais m'étant totalement incompréhensible. A la troisième tentative, il eut la gentillesse de parler plus lentement, ce qui fit que je compris parfaitement son allemand ! Il voulu savoir si j'avais de la place pour lui. Or, quelques mois plus tôt, Albert avait été emmené à l'aéroport par des amis, lesquelles tombèrent en panne sur l'autoroute. Albert avait eu son avion grâce à la gentillesse d'un couple qui, malgré certaines réticences, acceptèrent finalement de le véhiculer jusqu'à l'aéroport. Il me fallait payer ma dette, je dis oui.
 
Il installa ses bagages : sac à dos surmonté d'une tente, pull et guitare. Lui-même était assorti à la guitare : barbe bouclée, étireur d'oreilles. Il monta à bord de ma voiture, et nous voilà partis pour de nouvelles aventures.
 
Durant les deux premiers km, nous nous mîmes d'accord sur son point d'arrivée pour qu'il puisse avertir son ami. Au troisième km nous étions passés au tutoiement. Les dix km suivants nous permirent de faire connaissance l'un de l'autre. Je lui proposai ensuite un sandwich "Il y a des petits pains et de la charcuterie". Comme il avait faim il me remercia de ma proposition. Avec ses doigts devenus gras, il essayait d'appeler son ami pour lui fixer le lieu de rendez-vous. Entre le quarantième et le cinquantième km, il voulu tout savoir sur mes enfants, et je bénis le ciel d'en avoir six pour avoir quelque chose à raconter.
 
Ensuite, je me mis à appréhender fortement le passage de la frontière, priant le ciel pour qu'il n'y ait pas de douanier souhaitant voir nos papiers... Ils devaient prendre le café, je passai tranquillement d'un pays à l'autre. Je souhaitai la bienvenue à mon hôte en Suisse, et cinq minutes plus tard, je le déposai à l'endroit convenu.
 
Finalement, c'est amusant de prendre des gens en auto-stop. On ne s'ennuie pas. Mais la prochaine fois que je prends quelqu'un, je lui demanderai préalablement de quand date sa dernière douche...
 
 

mercredi 9 septembre 2015

Le liseur du 6h27

"Le liseur du 6h27" par Jean-Paul Didierlaurent


Des personnages à la vie apparemment insignifiante, un ouvrier spécialisé, une dame-pipi, un contrôleur de barrière, tous ont un rapport étroit avec les livres et la littérature. Ce tout petit livre (200 pages) se lit d’une traite et se ferme avec le sourire : sa tendresse, sa douceur, son humour aussi nous comblent d’un bonheur très doux.

mardi 8 septembre 2015

Véridique !

L'administration française m'impressionne. On ne retrouve un tel système nulle part ailleurs, c'est une spécificité qui fait d'ailleurs bien de rester localisée et de ne pas s'exporter, il suffit que les administrés français souffrent des incompétences pour ne pas souhaiter ce martyr même à notre plus cher ennemi. De quoi s'agit-il ?
 
Aujourd'hui, pleine d'appréhension, je dépose mon dossier d'inscription dans une université française. Je donne le formulaire préalablement rempli (facile sur PDF) puis imprimé. La pauvre secrétaire m'a renvoyée remplir toutes les cases, elle n'avait pas vu que les réponses étaient imprimées... Ensuite elle m'a renvoyée rédiger un nouveau chèque de 189,10 Euros, parce que je l'avais écrit ainsi : "Cent huitante neuf Euros et 10 ctmes'". C'est à ce moment-là que j'ai compris que j'étais inculturée dans le canton de Fribourg. J'aurais pu en être fière, mais ce n'était vraiment pas le moment.
 
Finalement, je lui tends, triomphante, une photo d'identité. J'avais des arguments pour laisser éclater ma joie, les petits soucis avaient été vite arrangés. Mais il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué :
- Il faut trois photos pour une première inscription".
- Voyez, sur la feuille listant les documents à produire il y a écrit 1 photo.
- Non.
Elle me prend ma feuille, au stylo elle écrit 3 au-dessus du 1 et me dit sérieusement :
- Voyez, il en faut 3.
 
CQFD. C'est confondant de simplicité...