Des nœuds dans mon fil

dimanche 31 janvier 2016

Ce que ne vous dira jamais Alphonsine

Ce que ne vous dira jamais Alphonsine
Par Ambroise
 
Ce jour-là, maman décida avec bonne humeur de faire des choux au chocolat pour ma fête. L’idée étant excellente, elle se mit rapidement à l’œuvre et la cuisine fut vite couverte de matériaux de tailles diverses aux buts plus ou moins précis. Alphonsine, qui ne rate jamais une occasion pour nous instruire Augustin et moi, nous informait de la manière dont on fait les choux et surtout dont on les réussit. Comme j’ai suivis le cours avec un coup d’œil circonspect mêlé de respect, je peux donc facilement autant que vivement décrire le début de l’odyssée : au commencement tout se passait bien malgré quelques petits bémols comme le Kenwood si vieux qu’il vibrait à en croire qu’il voulait sauter au bas de la table. Mais le calme fut de courte durée… Tout débuta au moment où maman forma les choux à l’aide d’une poche à douille, en expliquant à Augustin (c’est lui qui devait prendre la relève) comment bien disposer les choux sur la plaque. Mais une pâte à choux, c’est comme un jeune enfant : c’est au moment où l’on s’en soucie le moins qu’elle provoque des ennuis ; la pâte de maman ne se faisant pas prier, sortit des deux côtés ; mais surtout du mauvais côté, et la préparation coula telle la lave d’un volcan en éruption sur les mains d’Alphonsine. Comme la pâte était constituée de beurre, la poche à douille devint glissante et la situation devint périlleuse : les choux au départ rond (ou presque) se transformèrent en espèce de longues choses gluantes ne ressemblant à rien même à l’aide de beaucoup d’imagination et recouvrèrent trop vite la plaque en plus du reste qui dégoulinait des doigts de maman… Cette dernière essaya sans succès d’arranger le tout, ce qui l’aggrava au contraire. De plus, Alphonsine prenait la chose avec humour ; et je peux vous dire qu’essayer d’étaler piteusement une pâte grasse qui dégouline de toute part, en rigolant n’est pas chose aisée…
 
 
 
 
 
 
 
 
Heureusement, le résultat après la cuisson fut une réussite totale :
 
 
 
 
 
 Alphonsine s'est très bien rattrapée en fourrant les choux à l'aide d'une délicieuse crème au chocolat. J'ai eu beaucoup de chance pour ma fête...

(De votre envoyé spécial Ambroise)


 

samedi 30 janvier 2016

Je ne ferai plus jamais les courses comme avant

Il y a quelques temps, je me suis aperçue qu'Anatole n'avait aucune notion des prix et du coût de la vie. Je me suis promise de l'emmener faire les courses hebdomadaires à la prochaine occasion. L'occasion, c'était hier. Je l'ai entraîné de force dans la voiture. Il n'en avait aucune envie mais s'est soumis facilement : avoir sa mère (on ne dit plus "maman" à cet âge) pour soi tout seul, pouvoir parler sans être interrompu, cela vaut toutes les misères du monde à supporter, dont celle de faire des courses. Je lui avais promis que nous regarderions les prix des articles, mais sitôt dans mon élément (le même magasin depuis 25 ans qui, dans toutes ses succursales range ses articles de la même façon pour permettre aux femmes pressées de résoudre l'équation des courses en moins d'une demi-heure), j'ai oublié mes bonnes résolutions et j'ai remplis mon caddie.
 
Je n'avais jamais fait les courses avec Anatole. C'est un garçon très organisé qui ne se met pas devant moi avec son caddie, il devance mes gestes, me décharge rapidement de ce qui m'encombre pour le ranger avec exactitude dans le chariot, et surtout, ne me parle pas intempestivement pendant que je réfléchis à ce qui me manque.
 
Bref, nous sommes arrivés aux caisses en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Et c'est à ce moment précis que j'ai compris que "tel est pris qui croyait prendre", je ne ferai plus jamais les courses de la même façon.
 
Anatole, au lieu de faire comme tous les êtres humains, a rangé consciencieusement chaque article avec soin. J'ai regretté de ne pas avoir emporté mon appareil photo. Mais si je vous dis que le dessus du tapis roulant ressemblait au Tétrix : chaque boîte était positionnée dans le prolongement de la précédente, placée dans la longueur ou la largeur selon les nécessités, les légumes (que j'achète sans sachet) rangés avec soin, seul le tube de mayonnaise a occasionné des regrets à mon cher Anatole : il refusait de rester debout sur son capuchon, les mouvements sporadiques du tapis lui faisant régulièrement perdre son équilibre.
 
Depuis vendredi 29 janvier 2016 à 16.07 heures, ma vie n'est plus la même. Dorénavant je ne pourrai plus simplement poser mes articles en vrac sur le tapis roulant. Je nage dans le regret sincère : moi qui me targue d'être tellement maniaque, je n'ai même jamais pensé à développer cette tendance jusqu'au tapis des supermarchés. J'ai perdu plus de 2.000 occasions de ranger proprement mes achats, je me remets difficilement de ces 2.000 occasions perdues.
 
Mais comment Anatole qui peut rester béat d'admiration devant le rangement d'un camion de déménagement, ranger des briques à perfection et au-delà de ce qui lui est demandé (voir ICI) supporte-t-il d'avoir un bureau frisant le capharnaüm ?
 
 
 
 

jeudi 28 janvier 2016

Venise et Murano

Les enfants grandissent, quel bonheur. Ils nous demandent à rester seuls pour s'organiser une vie saine, faite de pizza (maison), de crêpes à la Nutella, de pâtes carbonara, et surtout pas de salade, ni de crudité ou de légume, à cause des pesticides certainement. Comme nous sommes des parents soucieux du bien-être de nos enfants (rapport à leur alimentation équilibrée en notre absence), de leur bon état psychique (rapport aux lampions et aux guirlandes qu'ils accrochent en notre absence (il paraît !!!)), nous avons décidé de nous en aller, de quitter la maison le temps d'un week-end prolongé, du vendredi matin au dimanche soir.
 
C'était vendredi dernier : nous avons pris le bus, le train, l'avion, le vaporetto, et nous avons atterri à Venise !
 
Première pause à Murano, l'île des souffleurs de verre. Primitivement ils étaient installés à Venise, mais à cause des risques d'incendie, ils ont été priés de se déplacer vers un groupe d'île qui leur a été réservé. Je n'ai pas pris beaucoup de photos, nous n'y sommes restés qu'une heure, et nous n'avons pu aller très loin. L'île est beaucoup moins jolie que les autres. Une seule chose qui m'a amusée : les vitrines qui mettent un panneau : "Verre non produit en Chine".



 
Il est l'heure de quitter Murano pour nous rendre à la gare de Venise : nous allons chercher nos amis très chers pour la suite du week-end. En réalité, le week-end débutera enfin ! Nadia qui a tout organisé, y compris nos trajets, a calculé nos horaires, nous a décrit par le menu les lignes de vaporetto à prendre, les prix à payer... Sans Nadia, le week-end n'aurait pas été ce qu'il a été.
 
Tout a commencé il y a dix-huit mois, lors d'une pique-nique géant qu'elle organise pour nous en été lorsque nous sommes dans les environs d'Udine. Tout en discutant, la conversation tombe sur Venise (que nous visitons à chaque fois avec elle et son mari), et je fais état d'un rêve : passer plusieurs jours dans cette ville et y dormir. Nous commençons à rêver à quatre, et nous tombons d'accord sur le principe : passer un week-end à Venise. Enfin, en septembre, nous avons une fenêtre de tir. Côté italien, Nadia et son mari nous proposent des dates qui concordent. Nadia nous trouve une chambre d'hôte à prix défiant toute concurrence, nous demande nos goûts pour les visites, mais nous n'avons qu'un impératif : la messe du dimanche matin, si possible à Saint Marc. Pour le reste, nous lui laissons carte blanche parce que nous savons que ce sera parfait, simple et chaleureux.
 
De fait, elle et son mari se rendent au moins deux fois par an à Venise. Elle note tout mentalement : les restaurants sympas (qu'ils essayent pour nous !!!), les toilettes et leurs prix, les endroits où l'apéritif sera sympa, et celui où les cafés seront sublimes. Les ruelles hors de la foule et les horaires des transports. Elle connaît Venise comme sa poche, n'a nullement besoin du plan de la ville.
 
Bref, pour vous résumer la situation, c'est comme un voyage organisé mais en mieux parce que nous ne sommes que quatre et que tout nous convient.
 
Nous avons donc retrouvé Nadia et Ennio à la gare. Nous prenons la direction de l'hôtel pour y déposer nos valises que nous traînons depuis le matin. Dix minutes de pause, le temps de découvrir la chambre toute blanche et proprette, ainsi que la vue étroite :
 
 
 
 
Tout en papotant, nous nous sommes promenés, simplement à travers les rues. Se perdre à Venise, c'est tellement facile : tiens, c'est joli par ici, et si on prenait ce pont, où mène cette ruelle ? Comme par hasard, nous nous sommes trouvés devant un bar, tout à côté du pont de Rivoli. Nadia nous a proposé de prendre un "Spritz". Comme nous ne connaissions pas, nous avons dit oui : il s'agit d'un cocktail composé de vin blanc, d'eau gazeuse et de Campari ou d'Apérol qui donnent un goût d'orange amère et la jolie couleur orange.
 
 
 
Essayer, c'est l'adopter !
 
Le dîner qui a suivi a été pris dans un restaurant typiquement vénitien. Les plats - vénitiens - étaient délicieux. Les lasagnes à la sèche resteront dans nos mémoires. Ce n'est pas très appétissant visuellement, mais délicieux.

 
 
 
Une petite balade au retour :
 


 
(La suite de la visite dans les prochaines jours...)


 


jeudi 14 janvier 2016

Je suis intoxiquée...

Me voilà repartie sur les bancs de l'université, juste pour huit jours, le temps de la session de démarrage du deuxième semestre. Ce qui est catastrophique, c'est que j'ai rencontré une jeune femme absolument éblouissante : dynamique, rigolote, sérieuse, ayant de la conversation, pas uniquement en cours je vous rassure.
 
Nous avons des professeurs, certains passionnants, d'autres non. Dans notre habitude à gérer plusieurs choses en même temps, mon amie et moi, nous pouvons discuter tout en prenant des notes. C'est assez efficace mais dénote d'un manque radical d'éducation. J'ai donc donné ma parole au prof de cet après-midi que je ne parlerai pas. A son regard j'ai compris qu'il n'en croyait rien.
 
Nous avons peiné à l'écouter durant une heure, dans un silence respectueux, puis j'ai levé la main et demandé une pause, expliquant que j'étais intoxiquée, non pas à la cigarette, mais à la parole, et qu'il me fallait 5 minutes de pause papote.
 
Devant une telle démonstration doublée d'un sourire efficace, il n'a pas pu résister et nous a accordé 5 minutes ! Nous avons profité de chaque seconde...
 
C'est dur, la vie d'étudiante !
 
 

mardi 5 janvier 2016

Révisions

Il semblerait qu'un premier janvier soit passé par là. Je l'ai à peine vu arriver, déjà il est loin. Je peine à reprendre mes révisions. Dans un sursaut de lucidité, aujourd'hui, il m'est apparu que nous étions le 6, et qu'il fallait entrevoir la préparation d'une galette des rois.
 
Je délaisse mes cours, je saute dans la voiture, et je fonce faire des courses. Ca tombait bien, je n'avais plus de légumes. Le soir, je m'affaire à fabriquer la galette, je remue la maison, je bouscule les enfants, je réclame une fève pour la galette (à ce niveau des exigences, la surprise de la galette est tombée comme une crêpe) (d'ailleurs, il y aurait bien eu une surprise, parce qu'Antoinette m'a annoncé que nous n'étions que le 5) (et à ce propos, il n'est pas question de remettre le roi en jeu demain), en désespoir de cause, je vole un "tonneau play-mobil", en assurant que j'en rachèterai un s'il s'avisait, le méchant, de fondre dans ma galette.
 
Poêlée de chou-fleur et fenouil aux épices italiennes, quelques pâtes pour les estomacs sur pattes à qui la promesse d'une riche galette ne coupe pas l'appétit, et hop, la galette arrive. Je lève le couteau et clame "si vous voulez savoir où se trouve la fève, laissez-moi couper, je tombe toujours dessus". Dans les cris de joie on m'arrache le couteau, on coupe (pas sur la fève), on distribue dans les règles de l'art, on mange, on se régale, on se méfie d'une flaque de tonneau play-mobil fondu.
 
Augustin, toujours un peu méfiant devant les plats qui ne viennent honorer la table qu'une fois par an, a affirmé, devant la galette encore intacte qu'il savait où se trouvait la fève. Il lève la pâte de sa portion précisément à l'endroit de la fève. Il a le don de seconde vue cet enfant, il faudra s'en souvenir. N'empêche, s'il était heureux d'être le roi, Ambroise a été heureux de récupérer le tonneau. Moi je dis, deux heureux dans une même soirée, entre un roi et un non-roi, c'est énorme !
 
Bon mais ce n'est pas tout. Si j'ai accompli mon devoir d'état, mes révisions n'ont guère avancé. Je peine... Pourtant, il y a des examens le 11 janvier à Strasbourg. Tout le semestre en un jour. Je sais, c'est fou. J'ai déjà réussi tout le semestre de Fribourg, mais en plusieurs jours, ça me paraît plus facile...

Allez, au travail ! Il y a une fin à toute chose, même aux révisions. Vivement le 11 au soir. Priez avec moi pour que Spectre soit encore à l'affiche. J'ai renoncé à le voir en décembre pour cause de révisions (je suis trop sérieuse). J'ai fait une tentative pendant les vacances, mais lorsqu'Ambroise et moi sommes arrivés à la caisse après une queue interminable, il ne restait plus qu'une seule place. Nous sommes rentrés bredouille. La prochaine fois sera la bonne... à bon entendeur, salut !
 
 

Bonne année !

Bonne Année !