Des nœuds dans mon fil

jeudi 27 avril 2017

Haïkus sur la pluie

1er Haïku :

Les flaques ont grandi
Les chaussures laissent passer l'eau
Les pieds sont mouillés.

2ème haïku :

Les pieds sont mouillés,
Laissons là les Haïkus, 
Pour quérir des chaussures.



Ca ne va pas vous passionner, ô lecteur, j'avais à coeur de vous montrer que j'ai fini par comprendre le rythme 5-7-5. Et puis, vraiment, j'ai eu les pieds mouillés hier. Je vais y remédier aujourd'hui !


mardi 25 avril 2017

Le gel (Haïku)

Les fleurs recouvertes de gel
Les fruits ont brûlé
Eté de désolation.



Je livre mon tout premier Haïku. Il y a trois semaines je ne savais même pas ce que c'était, ni l'étendue de ses contraintes. Certains de mes lecteurs excellent dans cet art, et comme l'Haïku est une oeuvre de groupe où le premier propose, le deuxième corrige, le troisième parfait, je vous laisse la possibilité, en toute simplicité, de mettre votre version en commentaire. Je les insérerai dans le post au fur et à mesure !

"Anonyme" me fait observer qu'un Haïku doit comporter 5-7-5 syllabes. J'ai fait l'inverse. Elle propose : 

Fleurs vêtues de gel (pour le premier vers).

Anonyme qui est devenue Mary s'est prise au jeu, sa contribution se développe ainsi :

Fleurs vêtues de gel
Les fruits n'ont pas résisté
Eté de regrets.

J'aime beaucoup ces trois vers, si d'autres lecteurs veulent participer, c'est en commentaire.


dimanche 23 avril 2017

Voter ?

Aujourd'hui, je suis confrontée à un dilemme qui m'oblige à choisir entre trois solutions :
- voter
- ne pas voter
- voter deux fois

Après que l'administration française m'ait interdit de vote (CLIC) sans procès et sans motif autre que son incompétence légendaire, elle a voulu me consoler en me donnant la possibilité de choisir mon bureau de vote, voire de cumuler les votes. Le ministère des affaires intérieures m'a fait parvenir ma carte d'électeur, et le ministère des affaires étrangères m'a indiqué le lieu de mon bureau de vote en Suisse.

Si je ne vote pas du tout, je serai comptabilisée deux fois dans les dégoûtés de la vie politique. Si je vote une seule fois, je serai comptabilisée comme dégoûtée et courageuse d'avoir pu émettre un choix dans une enveloppe (puis-je courir le risque de devenir schizophrène ?). Si je vote deux fois, je risque une sanction pénale allant jusqu'à la peine de prison (parce que je ne peux faire état d'une quelconque immunité) (mais je peux ne plus revenir sur le sol français le temps de la prescription de l'infraction).

Pensez-vous vraiment que je risque des peines pénales ? L'administration est telle qu'elle ne s'en apercevra jamais...


mercredi 19 avril 2017

Les élections n'intéressent personne

Un coup d'oeil sur les affiches électorales en dit plus que tous les sondages : les élections n'intéressent personne, même pas les enfants : les affiches sont intactes, aucune n'est barbouillée de moustache, de barbe ou de cornes... CQFD !




dimanche 9 avril 2017

Passé-simple est un traître

Passé-simple est un traître. Forcément, il est le mal-aimé de la famille Indicatif. On lui demande peu de choses, on ne le sollicite que rarement. Pire encore, ses frères le traitent de renégat, voire de laisser pour compte. Quant à Futur-antérieur qui ne peut pourtant tirer gloriole de ses prestations, il le qualifie de "simplet" - calembour des plus faciles et des moins recherchés qui a le don de renforcer encore le ressentiment de son frère. 

A force de mauvais traitements, Passé-simple s'est rabougri, il est devenu un taiseux aigri, haineux, sombre et grognon, toujours de mauvaise humeur, rarement plaisant, jamais complaisant, en aucun cas serviable. Le pauvre, si peu sollicité et tant moqué, il a perdu l'habitude de se parer, de rayonner et d'exulter.

Une lampe s'allume, c'est la sienne, le voilà de service, grincheux comme à son accoutumé. Il doit offrir ses "a" et ses "is", ses "it" et ses "eurent", ses "îmes" aussi, fier malgré tout d'être le seul de ses frères à pouvoir se parer d'un chapeau seyant. Il distribue ses terminaisons sans effort, en exigeant des verbes qu'ils se présentent à lui dans leur plus simple radical, sur trois colonnes bien distinctes. Avec son dédain qui lui est coutumier, il les a classés en trois groupes (l'idée vient de lui), du premier au troisième, en laissant accroire que le quantième était synonyme de qualité. Quelle ineptie, tout grammairien sait bien que le groupe premier est celui des verbes communs, puisque tout verbe fraîchement né tombe exclusivement dans cette escarcelle. Le deuxième groupe forme un tout bien soigné qui suit des règles précises. Le troisième quant à lui est celui des individus au caractère bien marqué dont il faut se méfier, puisque chacun suit ses fantaisies propres. Mais Passé-simple ne les aime pas comme la suite de l'histoire le montrera.

L'écrivain malin, assis on ne sait où et écrivant on ne sait quoi, vient de prendre sa plume. Les temps attendent en silence pour savoir lequel sera élu. Stupeur et tremblement dans la famille Indicatif, c'est Passé-simple qui doit œuvrer. Il s'avance en claudiquant, sachant par avance qu'il devra partager sa tâche avec Imparfait, cet impertinent pour qui tout n'est que facilité. Passé-simple se dresse sur ses jambes en grognant, les verbes s'avancent en se bousculant - c'est que c'est amusant de provoquer Passé-simple. Le voici qui, pour se venger, se met à distribuer ses terminaisons sans contrôler le radical. 

Et c'est ainsi que "cousit"devint "cousa"...


vendredi 7 avril 2017

Mon papa (agenda ironique d'avril)

Je vais vous conter mon histoire dans les plus brefs détails. Je la tiens de mon ancêtre en lignitude directe, qui lui-même l'a apprise par le vent. C'est ainsi dans notre famille, la nature a une influencitude sur nous.

Je suis né sur un bateau. Enfin, c'est ce qu'on m'a raconté lorsque j'étais petit : "Ta maman, c'est la mer, ton papa, c'est le bateau. Nous, les hommes d'équipage, sommes tes oncles. Et si tu ne veux pas d'ennuis, ne te montre pas aux hommes de la passerelle". Ma petitude faisait confiance aux racontitudes, et puis c'est tellement plus joli ainsi.

Mon papa c'estun cargo. Il est grand, puissant et fort. Sa ligne d'eau est peinte en rouge, le reste de la coque resplendit dans sa teinte bleu ciel. Mon papa est grand, c'est un géant avec ses 398 mètres de long et 54 mètres de large. D'ailleurs pour mon anniversaire il m'a offert une trottinette pour que je puisse faire des courses de la proue à la poupe. Il est amusant mon papa, parce que faire la course tout seul ne présentait que peu d'intérêt. Je suis toujours le gagnant - ou le perdant selon la façon de considérer la chositude. Alors il m'a offert un chronomètre pour que je puisse battre mon propre record. Ca, c'est chouette.

Mon papa est grand, puissant et fort, il me protège de maman. Maman elle, est très primesautière. Elle se laisse emporter par le vent et n'hésite pas à changer de sens là où va le courant. On la croit calme, paisible, belle, couleur bleu sombre les jours de grand soleil, virant au vert vers le soir, et à l'or à l'aurore. Mais il ne faut pas s'y fier, au moment où on s'y attend le moins, elle gonfle, enfle, hurle et domine. Elle mène papa en bateau, le malmène, le ballote et l'emporte. Papa se recroqueville alors, il ferme ses écoutilles, sort les seaux pour les hommes qui ont la sottitude de ne pas avoir le cœur solide et de persister à vouloir voguer sur les flots, et attend, secoué en tous sens que maman se calme. Il gagne toujours, il est fort mon papa. Il a bien compris qu'il valait mieux faire semblant d'accepter les lubies de maman, ses cris et ses emportements, la laisser accroire qu'elle pouvait le mener par le bout de la proue. En réalité, c'est lui qui garde le cap et qui nous emporte, envers et contre tout vers notre destination. 




Pour l'agenda ironique d'avril, selon la formule imposée par "Ecri'turbulente" : écrire un texte à la première personne, choisir une embarcation, raconter une traversée, et ponctuer le texte de termes hurluberlus avec un suffixe en "-itude".
Pour voir les textes au fur et à mesure de leurs parutions, cliquer ICI.


mercredi 5 avril 2017

Les légumes au clair de lune


Un soir d’été au clair de lune,
La courge, le coing, l’ail et la prune,
Tous les légumes du potager,
Se réunissent en rangs serrés.

Mais que se passe-t-il par ici,
Que fait le tribunal cette nuit ?
Le potiron est accusé,
D’avoir volé le bananier.

Le potiron s’installe devant,
Les aubergines sont les agents,
Son défenseur s’approche de là,
C’est l’avocat tout plein d’émoi.

La courge assure la présidence,
Elle exige un grand silence,
Et maintenant que les témoins,
N’écoutent pas et aillent au loin.

Debout, Monsieur le Potiron,
Exposez-nous votre vrai nom,
Dites-nous ce que vous avez fait,
Dans la nuit du 7 au 8 mai.

Le potiron bien fatigué,
Décline son identité,
Cucurbita pepo Linné
J’habite dans le potager.

Les 7-8 mai je n’ai rien fait,
J’étais couché et je dormais,
Je n’ai pas volé, je le jure,
Les bananes vertes sont bien trop dures !

Que les braves témoins s’avancent,
Dit le Juge avec suffisance,
Ils viennent avec rapidité,
Et jurent de dire la vérité.

Le bananier est bien trop haut,
Dit avec fougue l’artichaut.
Le potiron est trop petit,
Répètent en chœur les salsifis.

Le potiron est bien trop rond,
Hurlent de rire les cornichons.
Il est aussi beaucoup trop lisse,
Affirme le chou avec malice.

Que le potiron est lourdaud,
S’exclament vite les poireaux.
Et un petit peu ventre à terre,
Se rappellent les pommes de terre.

Ne peut grimper sur le muret
Déclare ensuite le navet.
Et c’est une vraie mauviette,
S’extasient les petites courgettes.

Arrive le coing, dernier témoin,
J’ai tout vu, je n’étais pas loin,
Le voleur n’est pas potiron,
Mais toute l’équipe de marmitons.

J’ai parfaitement entendu,
Le bananier a tout vendu,
Ses belles bananes pas trop chères,
Et des pistaches aux enchères.

La parole est au Procureur,
L’haricot parle avec bonheur,
Requiert maint’nant avec ardeur :
Le plaignant connaît son voleur.

Par cette preuve irréfragable,
Le  potiron est le coupable
Qu’il soit pour 10 ans transféré,
Au-dessus du plus grand fumier.

L’avocat à présent se lève,
En plaidant ses deux bras s’élèvent,
Il redémontre avec talent,
Que son client est innocent.

Vous avez entendu comme moi,
Le coing et le rutabaga,
Le potiron n’a pu voler
Aucun des fruits du bananier.

Le bananier est un menteur,
Qu’il prenne l’avion pour l’équateur,
Qu’on reconnaisse que mon client
De ce larcin est innocent.

La courge avec autorité,
Met l’affaire en délibéré,
Le potiron est relaxé,
Ce n’est pas lui qui a volé.



dimanche 2 avril 2017

Agenda ironique d'avril

Le quatrième mois de l'année apporte son lot de voyages. C'est à Martine qu'il échoit d'héberger l'Agenda ironique du mois d'avril. Elle nous mène en bateau avec son thème maritime, fluvial, ou lacustre et ses mots en "itude", lisez plutôt :


Me voici désignée « Captain Events », en ce quatrième mois de l’an de Grâce 2017.
Je vous propose donc de partir en croisière.
Voilier ? Bateau de pêche ? Cargo ? Paquebot ? Péniche ? Pirogue ? Canot pneumatique ? Brise-glaces ? Chalutier ?
Vous choisirez l’embarcation, vous l’imaginerez, vous la décorerez, la baptiserez… Vous daterez la traversée… Quand vous vous déciderez à lever l’encre (oui, quand même), vous déterminerez l’itinéraire et les escales : L’île des Lettres ? L’île des Mots, des maux, des morts ? L’île des Étrangers ? Les îles Glamour ? L’île d’Éros ? Ou bien ?
Une fois l’équipage constitué, vous embarquerez les passagers et vogue la galère !
Une narration à la première personne (lettres, journaux intimes, carnet de bord ou de voyage, etc).
Vous avez devant vous 22 jours de navigation 
(c'est-à-dire jusqu'au 23 avril),
1 000 mots maximum 
pour conter cette expédition nautique, 
que vous ponctuerez de 10 termes hurluberlus, 
avec un suffixe en "–itude".
Bon vent et que l’ironitude soit des nôtres !
Merci de déposer vos liens ici (clic), et seulement ici (clic).

vendredi 31 mars 2017

L'issue de mon choix

Souviens-toi, ô lecteur, que je te faisais part, en janvier de ma façon imparable de choisir un professeur de flûte. J'ai frémi à l'idée qu'il puisse être catastrophique, je l'espérais judicieux (mon choix). 

A ce jour j'ai profité de huit leçons avec un professeur qui me convient tout à fait.

Que de progrès depuis le premier cours ! Il faut admettre qu'avec une demi-heure puis très vite une heure de travail quotidien les performances sont palpables. Que du bonheur ! J'espère que mon voisin apprécie autant que moi les harmoniques, les notes soufflées,  les notes perlées, les gammes, les arpèges, les études et les pièces cent fois répétées...

"Que souhaitez-vous jouer ?" m'a demandé mon professeur lors de mon premier cours.
- De la musique baroque.
- Et encore ?
- De la musique baroque. 
- Rien d'autre ?
- Surtout pas de choux (les Schumann, Schubert et autre Beethoven qui exigent que l'on sorte des mouchoirs), pas Mozart non plus, sa musique est trop belle pour que je la massacre. Pas de modernes.
- Donc, en résumé ?
- Du baroque toujours, jamais Mozart, et très exceptionnellement vous pourrez me glisser Debussy à toute petite dose."

Lundi dernier, je lui ai demandé de m'apprendre le "beatbox", et aussi le jazz, mais plus tard, lorsque j'aurais acquis les rudiments de la musique baroque. "Oui, le beatbox est difficile, mais je veux bien le retravailler et vous l'enseigner. Et vous aimez le jazz ? Je n'aurais jamais pensé ça de vous.  En fait, vous faites un grand écart entre le baroque et le jazz..."

Il était heureux de ne pas être condamné de ne jouer que du baroque avec moi ! De mon côté, je peux prévoir dix années de travail avec lui.



PS : J'avais raison de prendre un professeur-homme, parce qu'on ne papote pas pendant les cours, on travaille...



jeudi 30 mars 2017

Sinon ma tête pouf-pouf

Je reviens de mon cours de français (CLIC) donné à une albanaise. Mon élève est une femme géniale, intelligente, dynamique, merveilleuse. Nous avons tâtonné un bon moment pour trouver le mode idéal d'apprentissage du français. J'ai cherché des livres, des idées, et puis j'ai découvert qu'elle trompait merveilleusement son monde, et qu'en fait elle comprenait largement moins de ce qu'elle paraissait comprendre.

Or expliquer le sens d'un mot avec d'autres mots eux-mêmes incompris relève de l'exploit. Tant qu'on peut mimer (le ridicule ne tue pas), faire des onomatopée et dessiner, les choses sont relativement simples. L'envers de la médaille est que l'élève ne peut mémoriser aussi vite, et que je passe mon temps à refaire le singe.

Puis, dans mes recherches, je suis tombée sur un livre de conversation français-albanais. Depuis lors, mon élève lit des listes de mots avec moi. Pour la faire rire, je lis la traduction en albanais (actuellement c'est beaucoup moins drôle parce qu'ai compris les bases de la prononciation). Durant la semaine elle apprend les listes. Pendant qu'elle me prépare un café turc (c'est une tuerie, je ne rêve que de café turc de jeudi en jeudi), elle me récite ses listes par coeur. C'est drôle, impressionnant et efficace.

Maintenant nous avons enfin du vocabulaire pour créer des dialogues, elle ne me dit plus que sa tête "pouf-pouf". Elle peut acheter des timbres-postes, des pommes, des fraises et du fromage. Par contre, exit les courgettes et le poireau, parce que nous n'avons pas trouvé la traduction dans le manuel de conversation. Il faudra attendre que le dictionnaire français-albanais soit réédité, ce sera pour le mois de mai !


mercredi 29 mars 2017

Un kilo pour le moins

Depuis des semaines (ou peut-être des mois, nul ne la sait), ma centrale vapeur émet des bruits étranges et se permet des comportements bizarres : au lieu de pousser la vapeur à sortir par les orifices prévus à cet effet sur sa semelle, elle l'autorise à fuir par les dessous du bloc central.N'aimant pas beaucoup cette fantaisie des centrales vapeur, j'ai déversé dans le bac presque vide un bidon de décalcairisant. J'ai attendu, rien ne s'est passé. J'ai persévéré et loué le ciel de ce que je me sois prémunie d'un vieux chiffon que j'avais prudemment posé sur ma planche à repasser.

Le fer a crachoté, fulminé, toussé, hoqueté, dans des cahots indescriptibles, puis a relâché par jets puissants des pépites de calcaire qui sont venues souiller le chiffon. Ne pouvant faire sortir si brutalement toute la fureur qui l'habitait, il a fait couler des torrents de haine marron sur le chiffon qui, ne pouvant retenir cette force, l'a laissée le traverser et maculer le tissu de la planche à repasser.

Impuissante devant tant d'inimité, je me suis crispée sur le bouton de la vapeur, et c'est figée devant l'horreur que j'ai vu monter une vapeur blanche qui a progressivement envahi toute la buanderie. J'étais, mais où étais-je au juste, puisque ma vue ne pouvait percer les ténèbres à plus de cinq centimètres... 

J'ai crains une arrivée intempestive des lutteurs du feu, plus communément appelés "pompiers", mais ce n'était qu'Ambroise qui a largement ouvert portes et fenêtres pour que la situation retrouve un semblant de sérénité.

Mon fer a perdu un kilogramme de calcaire, mon lave-linge a gagné un kilogramme de torchons divers et variés, et j'ai retrouvé un fer efficace. Réjouissez-vous avec moi, il est des joies que l'on ne peut garder pour soi !


lundi 27 mars 2017

Rubans

Qui veut des rubans ? Creavea propose des mètres et des mètres de rubans, en coton, en satin, en dentelle... On achète des rouleaux entiers de longueur et largeur variables, il suffit de se reporter au descriptif. Des dentelles, du satin, du coton imprimé, de l'organza... on trouve de tout, le choix s'avère difficile.





Recevoir des rubans en échange de la publication d'un article sur le blog, ça ne se refuse pas, n'est-ce pas ? J'ai donc reçu mon petit colis, je l'ai ouvert fébrilement, puis j'ai choisi du tissu, des patrons et j'ai cousu des cadeaux de naissance en retard. Ca tombait bien, il fallait gâter des fillettes.


Petite robe chasuble en velours côtelé, le ruban n'est pas encore en place. Modèle tiré des Intemporels pour bébés.


Robe chasuble, modèle personnel, taille 6 mois.





























Les dentelles sont splendides, très faciles à poser. Les rubans en satin sont juste parfaits. Par contre, j'ai été un peu déçue par les rubans en coton imprimés. Dans la réalité ils sont mats, contrairement aux photos du site qui les font paraître dans des couleurs plus soutenues. Il n'empêche, ils trouveront tous un vêtement qu'ils embelliront. Merci Creavea !

dimanche 26 mars 2017

Je l'ai échappé belle...

Hier soir, en recherchant Ambroise qui avait passé la soirée avec des amis, j'ai eu le compte-rendu de ce qu'ils avaient ingurgité : "On a commencé par cuisiner ensemble, des pâtes et des oeufs brouillés à l'américaine (il faut mettre un jet puissant d'huile d'olive et compléter avec du beurre). Une heure après, comme on avait encore faim (forcément, moins de 500 grammes de pâtes pour 7 adolescents), on a commandé une pizza géante. Plus tard, on a décidé de faire une casserole de riz pour assouvir notre faim, et de préparer du caramel à la crème". 

En entendant cette liste à la Prévert, je me suis réjouie d'avoir cuisiné pour 14 la semaine précédente, alors que finalement il y avait seulement 9 convives ! 


jeudi 23 mars 2017

Sirop de citron

Il y a quelques années, j'ai élaboré ma recette de sirop de citron. Ici, c'est notre préféré. De plus rien ne se perd puisque je me sers des zestes pour parfumer mes gâteaux...

Ingrédients pour 2 litres de sirop :

- 1 kg de citrons bios (soit environ 7 gros citrons)
- 1,5 kg de sucre cristallisé
- 50 cl d'eau

Faire chauffer l'eau et le sucre dans un grande marmite, porter doucement à ébullition.
Pendant ce temps, prélever les zestes de tous les citrons (j'utilise une râpe verticale à 4 faces et je choisis les plus gros trous. Mes zestes sont assez gros).  Les jeter dans le sirop de sucre et laisser mijoter 5 minutes. Retirer du feu.

Presser les citrons. Verser dans la casserole hors du feu. Remuer, poser le couvercle, et laisser macérer à température ambiante 24 heures. 

Filtrer (je passe le liquide dans un tamis), mettre en bouteille. Les bouteilles de limonade à l'ancienne sont très jolies. Le sirop se garde plusieurs mois. Il est bien plus goûteux que les sirops du commerce.

Et mes zestes ? Je les étale sur un papier sulfurisé et je les laisse sécher, un peu à l'air libre, un peu dans mon four redevenu tiède après une cuisson. Il faut compter plusieurs jours de séchage. Il faut veiller à ne pas les sécher trop vite ni trop fort, sinon ils deviennent secs. Je les utilise pour parfumer mes gâteaux (au chocolat, ou les 4/4), mes brioches et mes meringues. 

Je les conserve dans une boîte au congélateur après les avoir passés au mixeur pour obtenir un poudre irrégulière.


lundi 20 mars 2017

Pièce montée

Jeudi matin, j'ai préparé une montagne de choux. Je les ai bien laissés sécher au four. En rentrant de l'école, Anatole m'a reproché de ne pas les avoir calibrés. "Tu as raison, mais ça m'ennuie de les calibrer". Je les ai stockés dans un grand saladier à la cave à l'abri des regards d'Ambroise. Ensuite, à l'aide 2 litres de lait, j'ai confectionné une crème pâtissière à la vanille, filmée au contact et réservée au frais. Il me restait à faire des cercles de pâte sablée. Ils ont rejoint les choux à la cave.


Samedi, Anatole et moi avons décoré le salon, préparé les différents amuse-gueules, regardé un bout de film en gonflant des ballons, puis, nous nous sommes décidés à nous attaquer au gros morceau, celui de la pièce montée dessinée par Anatole.

Première étape : remplir chacun des choux à l'aide d'une poche à douille. Les choux nous ont inquiétés, ils étaient un peu mous.


Matériel étalé sur la table. Au fond, on voit un moule contenant une couronne de choux surmontés par un disque de pâte sablée. 

Premier étage

5ème étage en cours : on trempe les choux un à un dans le caramel, on pose, on recouvre d'un peu de caramel, on colle le disque.
 A ce stade, j'en étais à la deuxième confection de caramel : le premier a été retiré trop tard du feu, le fond épais de la casserole l'a accompagné dans sa cuisson, lorsque je m'en suis aperçue il était trop tard.


Au sixième étage, il était temps de glisser une bouteille de cidre. 


Et voilà le résultat avec ses 9 étages. J'ai bien fait d'insister pour limiter l'oeuvre à 9, parce que les choux du bas commençaient à s'affaisser.

Impossible de placer des bougies sur la pièce montée, elle était trop raide. Mais j'ai toujours de la ressource, le panier à pain a fait l'affaire !

Au final, Ambroise a été ravi de sa fête surprise, il ne savait pas que nous avions invité des amis, la soirée a été particulièrement réussie. La pièce montée était délicieuse, juste parfaite comme il se doit pour un anniversaire qui n'arrive qu'une fois dans une vie. 


jeudi 16 mars 2017

Elle


La toute première fois que je la vis, je passai devant elle, sans même lui accorder une quelconque attention. Pourtant son regard avait croisé le mien. Je fus comme électrifié jusqu’au tréfonds de moi-même. Son regard n’était pas comme les autres regards. Il avait un je ne sais quoi de terrifiant, de repoussant, de révulsant. De la journée, je ne cessai de penser à elle. Toutes mes pensées étaient tournées vers elle. J’essayai de recomposer son image dans mon cerveau, mais plus je recherchais les détails, plus sa figure devenait floue et irréelle. Le soir venu je n’aurais même plus su la décrire. Etait-elle blonde, était-elle rousse, était-elle grande, petite ? Tout ce que je retenais était l’intensité de son regard. Il m’avait marqué au fer rouge, et cette impression de terreur restait en moi, à tel point que je n’en dormis pas de la nuit.

Au petit matin, j’étais encore terrifié, je vivais avec cette peur lugubre au fond de moi-même. J’en tombai malade. Je fus plusieurs jours entre la vie et la mort. Je ne voulais plus y penser, et je ne rêvais que d’elle. Quel tourment. Je me remis petit à petit, je pus doucement reprendre une vie normale, mais elle ne fut plus jamais comme avant. Mon esprit n’était plus avec moi. Lorsqu’on m’adressait la parole, je n’entendais pas. Malgré tous mes efforts pour être présent, je m’absentais continuellement en pensant à elle et au rayonnement que dégageaient ses yeux.

Je changeai alors de technique : je décidai de plonger à corps perdu dans la vie. Quel rythme infernal je m’imposais là : du sport, des horaires qui m’obligeaient à courir d’une activité à l’autre, un réveil matinal, un travail acharné, des soirées à festoyer. J’étais vidé, inapte à m’amuser avec la terreur qui me minait. Au bout de deux mois je m’écroulai de fatigue, mais l’impression que m’avait laissée son visage, et surtout le regard entrevu ne me quittaient pas. C’était d’ailleurs fort étrange : la jeune femme m’était presque perceptible, mais au moment où je la voyais intérieurement, elle me fuyait. J’étais toujours incapable de la décrire.

Une nouvelle angoisse me saisit alors. J’eus peur de la revoir, de croiser à nouveau son regard. Un coup d’œil m’avait anéanti, qu’en serait-il du second ? Je ne voulus pas d'un nouveau tête-à-tête fatal. Je me mis à marcher tête basse, de façon à éviter tout regard d’autrui. Je craignis tout le monde et chacun. Chaque femme rencontrée, croisée, entraperçue pouvait être un danger pour moi. Mais quelle vie je m’imposais là : je vécus encore plus renfermé qu’un ermite, je côtoyai une multitude de personnes, dans le bus, les supermarchés, la rue, le lieu de travail, mais sans jamais avoir de contact avec aucune d’elle. Pas un regard, je m’interdisais tout. A force de voir des pieds, je l’imaginais avec une robe légère parce que je voyais de fines sandalettes, ou au contraire, en tailleur sévère dans des escarpins gris sans fantaisie, ou n’était-ce pas plutôt elle, en brodequins et en pantalon ?

Il fallait que je me libère de toute incertitude. Comment pouvais-je savoir si c’était elle qui venait à me frôler, à me croiser, me fixait-elle de loin, m’ignorait-elle complètement, avait-elle disparu, était-elle là, ailleurs ? La tête m’en tournait. La nuit, je rêvais de chaussures de toutes sortes sur lesquelles des yeux s’ouvraient, attrapaient mon regard, puis se mettaient à tourner autour de moi, lentement d’abord, puis de plus en plus vite. C’était un manège infernal qui se poursuivait jusqu’au réveil. Je sortais alors de mon rêve en sursaut, le cœur battant, transpirant. C’en était fini de ma nuit. Je savais que je ne m’endormirai plus. Il en allait ainsi de chaque nuit. Quel supplice !

Un matin, cela faisait à présent huit longs mois que je l’avais vue, et elle m’habitait encore comme à la première seconde. Ne pouvant me guérir en me cachant, j’eus l’idée qu’il fallait que je la retrouve, que j’échange un nouveau regard avec elle. Si un premier regard m’avait tant bouleversé, un deuxième regard allait, c’était bien sûr, me libérer de cette emprise. Comment n’y avais-je pensé plus tôt ? J’en fus comme apaisé. La vie me semblait brutalement à nouveau belle, gaie, et je retrouvai une vivacité perdue huit mois auparavant. Je vaquai à mes occupations le cœur léger, presque gaiement. Je me dépêchai de sortir de la maison, je levai le regard, c’était un jour ensoleillé, il me fallait bien du soleil après avoir vécu tous ces mois dans l’ombre et la terreur. Je n’eus plus besoin de river mon regard au sol, je relevai les yeux, et je contemplai la nature : d’abord le ciel, les nuages, puis les oiseaux, les mille-pattes, les arbres, et même un arc-en-ciel. Que de beautés qui m’avaient été interdites si longtemps. La première personne que je rencontrai me procura un choc : depuis tant de mois je n’avais plus vu d’être humain. Je passai la journée dans une euphorie telle que j’en étais arrivé à l’oublier, elle. Je revivais, c’était mon printemps, j’étais guéri, je revivais, je revivais, je revivais.

Dans la nuit, je me réveillai en sursaut, le même cauchemar m’avait saisi. Je compris que je n’étais pas guéri, que la journée de la veille n’avait été qu’un sursis, et que l’angoisse me reprenait plus forte encore qu’auparavant.

Cette fois, j’étais bien décidé, il fallait coûte que coûte que je la revois. Mais comment, et où, inutile de passer une petite annonce : même si elle venait à la lire, qu’aurais-je écrit ? Comment se reconnaîtrait-elle puisque moi-même je n’aurais su la décrire ? Je pris des vacances, chaussai des chaussures confortables, et sortis. Je commençai à arpenter les rues. Je marchai, marchai, marchai. Je ne pris aucun repos. Je passai et repassai dans les rues et les ruelles. Par temps de pluie, j’arpentai les grands magasins, chaque étage, l’un après l’autre. Je passai d’une galerie à une autre. J’allai au cinéma, au théâtre, j’attendais bien avant l’ouverture des caisses pour examiner tous les spectateurs qui entraient. Le soir, je m’écroulai de fatigue, mais je me réveillais toutes les nuits en sursaut, poursuivi par le même rêve. Au petit matin, je reprenais ma marche de plus belle.

Après huit jours de course je me ressaisis : inutile pensais-je de marcher droit devant moi. Il suffisait qu’elle soit derrière moi pour que je ne la voie pas. Cette technique n’était donc pas la bonne. Je pris donc l’habitude de faire demi-tour, brutalement, pour tenter de la surprendre, et je reprenais ma marche dans le sens contraire. Oui, mais si elle était à présent derrière moi, c’est-à-dire devant moi alors que j’allais dans l’autre sens, mais si je me tournais une fois de plus, elle serait peut-être derrière… Je n’étais plus qu’un tourbillon. Je courais à présent, d’une rue à un magasin, d’un magasin dans un bus, d’un bus à un jardin public. La folie me gagnait.

J’eus alors une idée : j’irai me poster près de l’endroit où je l’avais vue la première fois, et j’attendrai qu’elle réapparaisse. Cette solution me semblait à présent la plus logique et la plus simple. Pourquoi donc n’y avais-je songé plus tôt ? Je me rendis dans la rue où je l’avais croisée, et par chance, j’y découvris un banc à proximité. Je m’y assis. Quelle impression curieuse : depuis si longtemps je ne m’étais pas assis, oisif. Je crus même un instant que j’allais pouvoir profiter de cette pause. Mais non, la soif de la voir, de la revoir, de guérir, me tenaillait trop vivement. A peine assis, je me mis immédiatement au travail : je regardai chaque passant avec acuité. J’étais avide de regarder chaque visage qui passait, non pas par plaisir, mais par désir d’en terminer enfin avec cette obsession. Je regardai à droite, à gauche, je passai de l’un à l’autre avec détermination. Pourquoi cette jeune femme tournait-elle la tête, était-ce elle ? Refusait-elle de me voir ? Faisait-elle exprès de parler avec son interlocuteur pour que je ne puisse saisir son visage ? Je me levais alors, courrais pour la dépasser, faisais demi-tour plus loin pour lui faire face. Une fois de plus je m’étais trompé : ce n’était pas elle. Je regagnais mon banc, las. Cette fois, c’était bien elle qui s’approchait, j’en étais certain, c’était sa silhouette, sa couleur de cheveux. Hélas, encore une fois, je m’étais trompé. Je me remettais à l’affut, plein de courage.

Je ne comprends pas comment j’ai pu tenir si longtemps. Durant 10 longs jours, je me postais tous les matins sur mon banc, et je prenais ma faction. Les habitués m’avaient repéré. Ils m’observaient du coin de l’œil, je le voyais bien. Mais ils me laissèrent heureusement en paix. Etais-je ainsi courageux, je ne le crois pas, il m’était devenu vital d’épier son passage. Je l’attendais sans impatience, enfin, je croyais l’attendre ainsi. En réalité, dès qu’une femme approchait, je frémissais, je tremblais même, je ne pouvais plus tenir assis, je scrutais avec attention. Plus d’une fois, une femme ainsi observée me foudroya du regard. Un jour, je crus même que son ami s’en prendrait à moi. Je fis immédiatement amende honorable, je ne pouvais me permettre de dissiper mon attention. Pourtant, les jours s’écoulaient, les uns après les autres, mes vacances allaient toucher à leur fin. Que ferais-je alors ? J’étais devenu maigre, presque diaphane, je n’imaginais pas de retourner travailler, comment allais-je pouvoir reprendre une vie normale avec l’obsession qui m’habitait. C’est alors que je la vis.

Elle était là, exactement à la même place qu’elle occupait lorsque je la vis la première fois. Elle ne me regardait pas. C’était donc elle, elle qui m’avait mené en enfer durant toute une année par un seul regard. Je me détendis imperceptiblement, je soupirai d’aise, je sentis comme un vent de liberté me traverser. Cette vue m’avait bel et bien redonné mon intégrité. Elle ne m’habitait plus, j’étais à nouveau capable de poursuivre ma route sans obsession. Quelle victoire ! A présent, je pouvais partir. Je me levai. Elle tourna alors la tête et me regarda. Son regard me transperça et…



Lu dans les faits divers :

Hier, vers 16 heures, un homme âgé de 28 ans a été retrouvé mort sur un banc, rue des orfèvres. Sa mort paraissait naturelle, mais une expression d’horreur émanait de son visage. Une enquête a été ouverte pour essayer d’éclaircir ce décès bien mystérieux.



Ma participation à l’agenda ironique organisée par Monesille avec pour thème : « Les fous, bouffons et autres amuseurs public, les fous-rires, l’espoir fou, enfin quoi Mars sera le mois des fous ! 

Dans ma folie j'ai dépassé le nombre de mots prescrits.



La précision d'Anatole

J'aurais dû réfléchir à deux fois lorsqu'Anatole m'a donné l'idée de gâteau pour les 18 ans de son frère Ambroise. Anatole ne fait rien comme les autres, il frise la perfection. C'est terriblement agaçant d'être à côté de lui, et surtout stressant parce qu'il faut respecter le protocole pour atteindre les objectifs. Pour vous donner une idée d'Anatole, voir ICI, ICI et ICI.

D'ailleurs, on commence toujours par s'asseoir avec un papier et un crayon. On dessine la pièce montée, on discute des problèmes techniques. Ensuite on modifie le dessin, puis on écoute Anatole. On modifie encore. Ca va être difficile, il faut tout calibrer. Sur le papier le schéma laisse penser à un résultat spectaculaire. L'histoire le dira, rendez-vous samedi !

jeudi 9 mars 2017

L'opticien

Lorsque je suis en vacances, je passe mon temps dans mon véhicule terrestre à moteur. Ca me fiche dans une humeur des plus catastrophiques. J'essaye de cumuler et regrouper les trajets, mais rien n'y fait. 

La semaine dernière, j'ai donc accompagné Augustin chez l'opticien dès le lundi : il avait des lunettes de bébé, il était temps que je remarque qu'il avait grandi et besoin de lunettes conséquentes.

L'opticien est grande gueule. Il se veut super détendu, super cool, super je te tape dans le dos mais tu ne fais pas de même. C'est tout juste s'il ne tutoie pas la terre entière. Je déteste, mais comme il est le seul à 10 km à la ronde, il a des clients inconditionnels. Heureusement que le personnel est vraiment complaisant. Ceci dit, il n'est pas méchant, il est serviable, mais un peu pénible.

Il a examiné la vue d'Augustin, puis apporté des montures. Le choix a été vite fait (un peu moins vite qu'avec Albert qui prend invariablement la première monture qu'on lui propose). J'ai suggéré de prendre une photo pour montrer aux heureux qui pouvaient rester à la maison la nouvelle tête de leur fils/frère. "Et tant qu'à faire, pourriez-vous lui donner la paire orange pour la photo ?"

La réponse a fusé : "Oui, vous êtes assez débile pour ça". C'est qu'il était en forme, l'opticien du lundi ! Nous avons pris rendez-vous pour le jeudi suivant pour récupérer la paire avec les verres. Cette fois nous avons été servis par une vendeuse charmante qui nous a avoué son rêve le plus secret : ouvrir un magasin d'optique sous la bannière du SuperU, de sorte que l'enseigne affiche : Optic'U.

J'ai eu mon café, simplement en répétant à l'opticien qu'il m'avait dit que j'étais débile ! Il me devait bien une consolation. La vendeuse qui s'est enquis de la raison de mon café m'a conseillée la prochaine fois d'exiger du champagne... je trinquerai avec elle !


mardi 7 mars 2017

Vote ou pas vote, telle est la question

En entendant les bribes de la campagne électorale en France, je n'avais pas envie de voter, ou alors de créer mon propre bulletin de vote "pour celui qui est intègre". Ce vote nul aurait eu pour seul mérite d'apporter le sourire au bureau de vote lors du dépouillement.

Oui mais... nous venons d'apprendre que nous avons été rayés des listes électorales. Depuis lors, j'ai une furieuse envie de voter. Jusque-là, nous pouvions voter dans notre village français, c'est la case que nous avions choisie lorsque nous nous sommes inscrits au consulat de France à Genève. Et c'est ainsi que les choses fonctionnaient.

Je viens d'appeler le consulat pour avoir les éléments suivants :

Monsieur Alphonse vote au Consulat pour toutes les élections.
Alphonsine vote au Consulat pour les élections nationales et européennes, et en France pour les régionales et les municipales.
Amélie vote au Consulat pour toutes les élections.
Albert vote en France pour toutes les élections.
Antoinette vote en France pour toutes les élections.
Anatole vote en France pour toutes les élections.
Ambroise doit remplir le formulaire L30 pour pouvoir solliciter son inscription parce qu'il sera majeur la semaine prochaine. 
Augustin fera des trajets en voiture pour voir voter successivement en France puis en Suisse les différents membres de la famille.

Et savez-vous quelle solution il m'a été proposée ? De donner une procuration à nos enfants pour qu'ils puissent voter pour nous ! 

Le préposé que j'ai eu au téléphone va aller voir ses supérieurs pour étudier la solution la meilleure (pour eux)... Affaire à suivre.


Mon banquier et moi

Décidément, nous allons pouvoir écrire un livre des déboires vécues avec nos banquiers. Je vous disais, en début d'année, que tout semblait rentrer dans l'ordre depuis qu'un nouveau conseiller nous avait été attribué. Et de fait, l'année se poursuit plutôt dans un sens positif, à condition d'oublier un petit couac qui a bien failli faire craquer la machine. J'ai volontairement voulu oublier cet incident, et pour régler définitivement les dernières difficultés, je me suis proposée de me déplacer à l'agence pour chercher du liquide. (Je vous épargne les explications longues et laborieuses qui m'ont amenée à cette décision).

J'ai donc profité d'un déplacement en Alsace pour me rendre auprès de mon banquier, mais accompagnée d'Augustin. Depuis ma seule rencontre avec le conseiller, j'ai pris la décision irrévocable de ne plus me rendre seule dans son bureau.

1. A notre arrivée, nous avons attendu à l'accueil pour nous présenter et informer que nous avions commandé des liquidités.
- Très bien, ce sera prêt dans 15 minutes.
- Je crois que vous n'avez pas compris : j'ai pris rendez-vous, je suis ponctuelle. N'avez-vous pas préparé les billets ?
- 15 minutes. C'est le délai d'ouverture du coffre. Vous pouvez patienter dans la salle d'attente.
- Je prendrais bien un café.
Aimable comme une porte de prison. Ce jeune homme portant une chemise dernier cri, une montre connectée et un costume étroit avait oublié qu'il pourrait être charmant en souriant avec la clientèle. 

2. Je n'ai pas eu de café, j'ai dû attendre. Lorsque mon conseiller est sorti de son bureau pour me rencontrer comme par hasard, il m'a demandé si j'étais accompagnée. Je lui ai présenté Augustin, et me suis arrangée pour qu'il reste entre nous deux. Le conseiller était fort marri de ne pouvoir m'approcher. Pour ma part j'étais soulagée, et à la fois interrogative : aurais-je encore tellement de charme, ou est-ce mon amitié avec le Directeur qui lui permet d'avoir des espérances ?

Hélas pour lui, je ne mange pas de ce pain-là. Les quinze minutes étaient écoulées, le coffre s'est ouvert, j'ai attrapé mes billets au vol et me suis envolée prestement.