Des nœuds dans mon fil

mercredi 5 avril 2017

Les légumes au clair de lune


Un soir d’été au clair de lune,
La courge, le coing, l’ail et la prune,
Tous les légumes du potager,
Se réunissent en rangs serrés.

Mais que se passe-t-il par ici,
Que fait le tribunal cette nuit ?
Le potiron est accusé,
D’avoir volé le bananier.

Le potiron s’installe devant,
Les aubergines sont les agents,
Son défenseur s’approche de là,
C’est l’avocat tout plein d’émoi.

La courge assure la présidence,
Elle exige un grand silence,
Et maintenant que les témoins,
N’écoutent pas et aillent au loin.

Debout, Monsieur le Potiron,
Exposez-nous votre vrai nom,
Dites-nous ce que vous avez fait,
Dans la nuit du 7 au 8 mai.

Le potiron bien fatigué,
Décline son identité,
Cucurbita pepo Linné
J’habite dans le potager.

Les 7-8 mai je n’ai rien fait,
J’étais couché et je dormais,
Je n’ai pas volé, je le jure,
Les bananes vertes sont bien trop dures !

Que les braves témoins s’avancent,
Dit le Juge avec suffisance,
Ils viennent avec rapidité,
Et jurent de dire la vérité.

Le bananier est bien trop haut,
Dit avec fougue l’artichaut.
Le potiron est trop petit,
Répètent en chœur les salsifis.

Le potiron est bien trop rond,
Hurlent de rire les cornichons.
Il est aussi beaucoup trop lisse,
Affirme le chou avec malice.

Que le potiron est lourdaud,
S’exclament vite les poireaux.
Et un petit peu ventre à terre,
Se rappellent les pommes de terre.

Ne peut grimper sur le muret
Déclare ensuite le navet.
Et c’est une vraie mauviette,
S’extasient les petites courgettes.

Arrive le coing, dernier témoin,
J’ai tout vu, je n’étais pas loin,
Le voleur n’est pas potiron,
Mais toute l’équipe de marmitons.

J’ai parfaitement entendu,
Le bananier a tout vendu,
Ses belles bananes pas trop chères,
Et des pistaches aux enchères.

La parole est au Procureur,
L’haricot parle avec bonheur,
Requiert maint’nant avec ardeur :
Le plaignant connaît son voleur.

Par cette preuve irréfragable,
Le  potiron est le coupable
Qu’il soit pour 10 ans transféré,
Au-dessus du plus grand fumier.

L’avocat à présent se lève,
En plaidant ses deux bras s’élèvent,
Il redémontre avec talent,
Que son client est innocent.

Vous avez entendu comme moi,
Le coing et le rutabaga,
Le potiron n’a pu voler
Aucun des fruits du bananier.

Le bananier est un menteur,
Qu’il prenne l’avion pour l’équateur,
Qu’on reconnaisse que mon client
De ce larcin est innocent.

La courge avec autorité,
Met l’affaire en délibéré,
Le potiron est relaxé,
Ce n’est pas lui qui a volé.



17 commentaires:

  1. Justice au jardin ! Voilà un beau procès équitablement mené, et dont nous devrions prendre de la graine. J'imagine la plaidoirie de l'avocat : "Ces bananes sont trop vertes, dit-il, et bonnes pour les marmitons !"
    Je me demande seulement (avec envie) où vas-tu chercher une idée pareille ?! :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu sais bien que les bananes sont cueillies vertes et qu'il appartient au capitaine de bateau de veiller à leur bon mûrissement à bord du vaisseau.
      Ton commentaire est très gentil, habituellement c'est moi qui t'envie. J'ai écrit ce texte il y a longtemps déjà, je viens de le retrouver dans mes dossiers littéraires au fond de mon ordinateur !

      Supprimer
  2. Un procès bien et rondement mené !! ouf les témoins étaient honnêtes ! justice est rendue et bien rendue !
    Belle écriture et imagination fertile .... ton poème m'a ravie !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Colette. Alors, le violon ? (oui, je sais ça n'a rien à voir, mais tu me comprends)

      Supprimer
    2. Oui je comprends bien ! je t'ai répondu sur le billet en question !!

      Supprimer
    3. Mais j'ai répliqué à la suite d'Adrienne !

      Supprimer
  3. ouf! à défaut de bananes équitables, juste procès :-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Mais si les bananes étaient équitables puisqu'elles poussaient dans le potager. Pas d'avion, pas d'esclave, pas de pesticide.

      Supprimer
  4. Ah! que j'ai aimé ce petit poème tout en finesse! J'avais l'impression d'y être. Une véritable ratatouille de procès. :-) Merci pour ce joli moment et bises de bonne soirée

    RépondreSupprimer
  5. Ah c'est malin Mme Alphonsine! J'ai maintenant la ritournelle dans la tête pour la journée au moins!

    RépondreSupprimer
  6. Voilà un procès bien mené
    L'écrivaine était inspirée
    Les légumes la font rêver
    Qu'elle passe une jolie journée

    RépondreSupprimer
  7. Superflu de vous dire que j'ai tout lu et regardé avec très grand interet et plaisir. Merci, en attendant votre prochain article...

    RépondreSupprimer
  8. Oui je comprends bien ! je t'ai répondu sur le billet en question !!

    RépondreSupprimer
  9. J'aurais dû écrire rerépondu !! hihi

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ce n'est plus un commentaire, c'est un entretien ! Je retourne là-bas !

      Supprimer
  10. Je dirai tout simplement... SUCCULENT ! ;)

    RépondreSupprimer

Blogger ne me permet pas d'accéder à vos adresses mail. Si vous souhaitez me contacter en privé, vous pouvez m'envoyer un mail en cliquant sur "Pour me contacter", en haut à droite de la page de mon blog.