Des nœuds dans mon fil

samedi 13 mai 2017

Où es-tu Chantal ?

Où te caches-tu donc Chantal ? Pourquoi ne réponds-tu pas ? Ose dire "oui", ne crains pas de dire "non", dis "oui" ou "non", mais dis quelque chose. Ton silence est absolument insupportable. Comment peut-on vivre encore sans avoir ta réponse ?

Imagine un seul instant ce que celui qui t'aime a déployé comme preuve d'amour : il a commencé par économiser centime par centime, puis a emporté dans sa poche sa grosse tirelire remplie de piécettes. A la suite de quoi il a enfourché son vélomoteur pour se rendre à ses risques et périls au rayon bricolage d'un grand magasin pour y faire l'acquisition d'un énorme pot de peinture rose (peinture indélébile pour béton) et d'un gros, gros pinceau (le plus gros du magasin). 

Sans penser un seul instant à lui, notre téméraire aventurier dans un acte irréfléchi, s'est remis en selle, tenant le pot de peinture d'une main, le pinceau de l'autre. Puis, aussi courageux qu'intrépide, dans un équilibre instable, il a roulé jusqu'au pont, menaçant à tout moment de verser dans le fossé. Il a garé son destrier dans le fourré attenant, s'y est installé pour y attendre la nuit, penser à toi, et regretter de n'avoir pas eu la présence d'esprit d'emporter son goûter.

La nuit étant suffisamment avancée, il a traîné son pot de peinture et son pinceau jusqu'au milieu du pont. Là, il s'est souvenu qu'il avait oublié d'acheter un tournevis pour ouvrir son pot. Sans faillir un seul instant, il a arraché le garde-boue de sa pétrolette, l'a introduit entre le couvercle et le pot pour que celui-ci laisse enfin apparaître son contenu.

A l'aide du gros pinceau, il a remué la peinture pour la rendre lisse et belle, puis il s'est dangereusement penché sur le parapet pour y écrire à l'envers avec des grosses lettres parfaitement lisibles de l'autoroute cette question qu'il n'ose te poser directement et pour laquelle il attend une réponse depuis dix jours déjà :



"Chantal, veux-tu m'épouser ?"


Je t'en prie, Chantal, réponds-lui, ne tarde plus...


4 commentaires:

  1. Le pauvre...je l'imagine avec son pot de peinture déjà bien entamé, la boule au ventre... et Chantal qui ne répond rien. C'est terrible quand même d'être fou amoureux. ;-) Bises alpines.

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    1. J'imagine tellement la prise de risque que je pleure avec lui le silence de Chantal !

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  2. Le risque est qu'une mauvaise chantal réponde...

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    1. Que vas-tu imaginer là ? Le monde serait tellement tortueux ?

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