Des nœuds dans mon fil

lundi 20 mars 2017

Pièce montée

Jeudi matin, j'ai préparé une montagne de choux. Je les ai bien laissés sécher au four. En rentrant de l'école, Anatole m'a reproché de ne pas les avoir calibrés. "Tu as raison, mais ça m'ennuie de les calibrer". Je les ai stockés dans un grand saladier à la cave à l'abri des regards d'Ambroise. Ensuite, à l'aide 2 litres de lait, j'ai confectionné une crème pâtissière à la vanille, filmée au contact et réservée au frais. Il me restait à faire des cercles de pâte sablée. Ils ont rejoint les choux à la cave.


Samedi, Anatole et moi avons décoré le salon, préparé les différents amuse-gueules, regardé un bout de film en gonflant des ballons, puis, nous nous sommes décidés à nous attaquer au gros morceau, celui de la pièce montée dessinée par Anatole.

Première étape : remplir chacun des choux à l'aide d'une poche à douille. Les choux nous ont inquiétés, ils étaient un peu mous.


Matériel étalé sur la table. Au fond, on voit un moule contenant une couronne de choux surmontés par un disque de pâte sablée. 

Premier étage

5ème étage en cours : on trempe les choux un à un dans le caramel, on pose, on recouvre d'un peu de caramel, on colle le disque.
 A ce stade, j'en étais à la deuxième confection de caramel : le premier a été retiré trop tard du feu, le fond épais de la casserole l'a accompagné dans sa cuisson, lorsque je m'en suis aperçue il était trop tard.


Au sixième étage, il était temps de glisser une bouteille de cidre. 


Et voilà le résultat avec ses 9 étages. J'ai bien fait d'insister pour limiter l'oeuvre à 9, parce que les choux du bas commençaient à s'affaisser.

Impossible de placer des bougies sur la pièce montée, elle était trop raide. Mais j'ai toujours de la ressource, le panier à pain a fait l'affaire !

Au final, Ambroise a été ravi de sa fête surprise, il ne savait pas que nous avions invité des amis, la soirée a été particulièrement réussie. La pièce montée était délicieuse, juste parfaite comme il se doit pour un anniversaire qui n'arrive qu'une fois dans une vie. 


jeudi 16 mars 2017

Elle


La toute première fois que je la vis, je passai devant elle, sans même lui accorder une quelconque attention. Pourtant son regard avait croisé le mien. Je fus comme électrifié jusqu’au tréfonds de moi-même. Son regard n’était pas comme les autres regards. Il avait un je ne sais quoi de terrifiant, de repoussant, de révulsant. De la journée, je ne cessai de penser à elle. Toutes mes pensées étaient tournées vers elle. J’essayai de recomposer son image dans mon cerveau, mais plus je recherchais les détails, plus sa figure devenait floue et irréelle. Le soir venu je n’aurais même plus su la décrire. Etait-elle blonde, était-elle rousse, était-elle grande, petite ? Tout ce que je retenais était l’intensité de son regard. Il m’avait marqué au fer rouge, et cette impression de terreur restait en moi, à tel point que je n’en dormis pas de la nuit.

Au petit matin, j’étais encore terrifié, je vivais avec cette peur lugubre au fond de moi-même. J’en tombai malade. Je fus plusieurs jours entre la vie et la mort. Je ne voulais plus y penser, et je ne rêvais que d’elle. Quel tourment. Je me remis petit à petit, je pus doucement reprendre une vie normale, mais elle ne fut plus jamais comme avant. Mon esprit n’était plus avec moi. Lorsqu’on m’adressait la parole, je n’entendais pas. Malgré tous mes efforts pour être présent, je m’absentais continuellement en pensant à elle et au rayonnement que dégageaient ses yeux.

Je changeai alors de technique : je décidai de plonger à corps perdu dans la vie. Quel rythme infernal je m’imposais là : du sport, des horaires qui m’obligeaient à courir d’une activité à l’autre, un réveil matinal, un travail acharné, des soirées à festoyer. J’étais vidé, inapte à m’amuser avec la terreur qui me minait. Au bout de deux mois je m’écroulai de fatigue, mais l’impression que m’avait laissée son visage, et surtout le regard entrevu ne me quittaient pas. C’était d’ailleurs fort étrange : la jeune femme m’était presque perceptible, mais au moment où je la voyais intérieurement, elle me fuyait. J’étais toujours incapable de la décrire.

Une nouvelle angoisse me saisit alors. J’eus peur de la revoir, de croiser à nouveau son regard. Un coup d’œil m’avait anéanti, qu’en serait-il du second ? Je ne voulus pas d'un nouveau tête-à-tête fatal. Je me mis à marcher tête basse, de façon à éviter tout regard d’autrui. Je craignis tout le monde et chacun. Chaque femme rencontrée, croisée, entraperçue pouvait être un danger pour moi. Mais quelle vie je m’imposais là : je vécus encore plus renfermé qu’un ermite, je côtoyai une multitude de personnes, dans le bus, les supermarchés, la rue, le lieu de travail, mais sans jamais avoir de contact avec aucune d’elle. Pas un regard, je m’interdisais tout. A force de voir des pieds, je l’imaginais avec une robe légère parce que je voyais de fines sandalettes, ou au contraire, en tailleur sévère dans des escarpins gris sans fantaisie, ou n’était-ce pas plutôt elle, en brodequins et en pantalon ?

Il fallait que je me libère de toute incertitude. Comment pouvais-je savoir si c’était elle qui venait à me frôler, à me croiser, me fixait-elle de loin, m’ignorait-elle complètement, avait-elle disparu, était-elle là, ailleurs ? La tête m’en tournait. La nuit, je rêvais de chaussures de toutes sortes sur lesquelles des yeux s’ouvraient, attrapaient mon regard, puis se mettaient à tourner autour de moi, lentement d’abord, puis de plus en plus vite. C’était un manège infernal qui se poursuivait jusqu’au réveil. Je sortais alors de mon rêve en sursaut, le cœur battant, transpirant. C’en était fini de ma nuit. Je savais que je ne m’endormirai plus. Il en allait ainsi de chaque nuit. Quel supplice !

Un matin, cela faisait à présent huit longs mois que je l’avais vue, et elle m’habitait encore comme à la première seconde. Ne pouvant me guérir en me cachant, j’eus l’idée qu’il fallait que je la retrouve, que j’échange un nouveau regard avec elle. Si un premier regard m’avait tant bouleversé, un deuxième regard allait, c’était bien sûr, me libérer de cette emprise. Comment n’y avais-je pensé plus tôt ? J’en fus comme apaisé. La vie me semblait brutalement à nouveau belle, gaie, et je retrouvai une vivacité perdue huit mois auparavant. Je vaquai à mes occupations le cœur léger, presque gaiement. Je me dépêchai de sortir de la maison, je levai le regard, c’était un jour ensoleillé, il me fallait bien du soleil après avoir vécu tous ces mois dans l’ombre et la terreur. Je n’eus plus besoin de river mon regard au sol, je relevai les yeux, et je contemplai la nature : d’abord le ciel, les nuages, puis les oiseaux, les mille-pattes, les arbres, et même un arc-en-ciel. Que de beautés qui m’avaient été interdites si longtemps. La première personne que je rencontrai me procura un choc : depuis tant de mois je n’avais plus vu d’être humain. Je passai la journée dans une euphorie telle que j’en étais arrivé à l’oublier, elle. Je revivais, c’était mon printemps, j’étais guéri, je revivais, je revivais, je revivais.

Dans la nuit, je me réveillai en sursaut, le même cauchemar m’avait saisi. Je compris que je n’étais pas guéri, que la journée de la veille n’avait été qu’un sursis, et que l’angoisse me reprenait plus forte encore qu’auparavant.

Cette fois, j’étais bien décidé, il fallait coûte que coûte que je la revois. Mais comment, et où, inutile de passer une petite annonce : même si elle venait à la lire, qu’aurais-je écrit ? Comment se reconnaîtrait-elle puisque moi-même je n’aurais su la décrire ? Je pris des vacances, chaussai des chaussures confortables, et sortis. Je commençai à arpenter les rues. Je marchai, marchai, marchai. Je ne pris aucun repos. Je passai et repassai dans les rues et les ruelles. Par temps de pluie, j’arpentai les grands magasins, chaque étage, l’un après l’autre. Je passai d’une galerie à une autre. J’allai au cinéma, au théâtre, j’attendais bien avant l’ouverture des caisses pour examiner tous les spectateurs qui entraient. Le soir, je m’écroulai de fatigue, mais je me réveillais toutes les nuits en sursaut, poursuivi par le même rêve. Au petit matin, je reprenais ma marche de plus belle.

Après huit jours de course je me ressaisis : inutile pensais-je de marcher droit devant moi. Il suffisait qu’elle soit derrière moi pour que je ne la voie pas. Cette technique n’était donc pas la bonne. Je pris donc l’habitude de faire demi-tour, brutalement, pour tenter de la surprendre, et je reprenais ma marche dans le sens contraire. Oui, mais si elle était à présent derrière moi, c’est-à-dire devant moi alors que j’allais dans l’autre sens, mais si je me tournais une fois de plus, elle serait peut-être derrière… Je n’étais plus qu’un tourbillon. Je courais à présent, d’une rue à un magasin, d’un magasin dans un bus, d’un bus à un jardin public. La folie me gagnait.

J’eus alors une idée : j’irai me poster près de l’endroit où je l’avais vue la première fois, et j’attendrai qu’elle réapparaisse. Cette solution me semblait à présent la plus logique et la plus simple. Pourquoi donc n’y avais-je songé plus tôt ? Je me rendis dans la rue où je l’avais croisée, et par chance, j’y découvris un banc à proximité. Je m’y assis. Quelle impression curieuse : depuis si longtemps je ne m’étais pas assis, oisif. Je crus même un instant que j’allais pouvoir profiter de cette pause. Mais non, la soif de la voir, de la revoir, de guérir, me tenaillait trop vivement. A peine assis, je me mis immédiatement au travail : je regardai chaque passant avec acuité. J’étais avide de regarder chaque visage qui passait, non pas par plaisir, mais par désir d’en terminer enfin avec cette obsession. Je regardai à droite, à gauche, je passai de l’un à l’autre avec détermination. Pourquoi cette jeune femme tournait-elle la tête, était-ce elle ? Refusait-elle de me voir ? Faisait-elle exprès de parler avec son interlocuteur pour que je ne puisse saisir son visage ? Je me levais alors, courrais pour la dépasser, faisais demi-tour plus loin pour lui faire face. Une fois de plus je m’étais trompé : ce n’était pas elle. Je regagnais mon banc, las. Cette fois, c’était bien elle qui s’approchait, j’en étais certain, c’était sa silhouette, sa couleur de cheveux. Hélas, encore une fois, je m’étais trompé. Je me remettais à l’affut, plein de courage.

Je ne comprends pas comment j’ai pu tenir si longtemps. Durant 10 longs jours, je me postais tous les matins sur mon banc, et je prenais ma faction. Les habitués m’avaient repéré. Ils m’observaient du coin de l’œil, je le voyais bien. Mais ils me laissèrent heureusement en paix. Etais-je ainsi courageux, je ne le crois pas, il m’était devenu vital d’épier son passage. Je l’attendais sans impatience, enfin, je croyais l’attendre ainsi. En réalité, dès qu’une femme approchait, je frémissais, je tremblais même, je ne pouvais plus tenir assis, je scrutais avec attention. Plus d’une fois, une femme ainsi observée me foudroya du regard. Un jour, je crus même que son ami s’en prendrait à moi. Je fis immédiatement amende honorable, je ne pouvais me permettre de dissiper mon attention. Pourtant, les jours s’écoulaient, les uns après les autres, mes vacances allaient toucher à leur fin. Que ferais-je alors ? J’étais devenu maigre, presque diaphane, je n’imaginais pas de retourner travailler, comment allais-je pouvoir reprendre une vie normale avec l’obsession qui m’habitait. C’est alors que je la vis.

Elle était là, exactement à la même place qu’elle occupait lorsque je la vis la première fois. Elle ne me regardait pas. C’était donc elle, elle qui m’avait mené en enfer durant toute une année par un seul regard. Je me détendis imperceptiblement, je soupirai d’aise, je sentis comme un vent de liberté me traverser. Cette vue m’avait bel et bien redonné mon intégrité. Elle ne m’habitait plus, j’étais à nouveau capable de poursuivre ma route sans obsession. Quelle victoire ! A présent, je pouvais partir. Je me levai. Elle tourna alors la tête et me regarda. Son regard me transperça et…



Lu dans les faits divers :

Hier, vers 16 heures, un homme âgé de 28 ans a été retrouvé mort sur un banc, rue des orfèvres. Sa mort paraissait naturelle, mais une expression d’horreur émanait de son visage. Une enquête a été ouverte pour essayer d’éclaircir ce décès bien mystérieux.



Ma participation à l’agenda ironique organisée par Monesille avec pour thème : « Les fous, bouffons et autres amuseurs public, les fous-rires, l’espoir fou, enfin quoi Mars sera le mois des fous ! 

Dans ma folie j'ai dépassé le nombre de mots prescrits.



La précision d'Anatole

J'aurais dû réfléchir à deux fois lorsqu'Anatole m'a donné l'idée de gâteau pour les 18 ans de son frère Ambroise. Anatole ne fait rien comme les autres, il frise la perfection. C'est terriblement agaçant d'être à côté de lui, et surtout stressant parce qu'il faut respecter le protocole pour atteindre les objectifs. Pour vous donner une idée d'Anatole, voir ICI, ICI et ICI.

D'ailleurs, on commence toujours par s'asseoir avec un papier et un crayon. On dessine la pièce montée, on discute des problèmes techniques. Ensuite on modifie le dessin, puis on écoute Anatole. On modifie encore. Ca va être difficile, il faut tout calibrer. Sur le papier le schéma laisse penser à un résultat spectaculaire. L'histoire le dira, rendez-vous samedi !

jeudi 9 mars 2017

L'opticien

Lorsque je suis en vacances, je passe mon temps dans mon véhicule terrestre à moteur. Ca me fiche dans une humeur des plus catastrophiques. J'essaye de cumuler et regrouper les trajets, mais rien n'y fait. 

La semaine dernière, j'ai donc accompagné Augustin chez l'opticien dès le lundi : il avait des lunettes de bébé, il était temps que je remarque qu'il avait grandi et besoin de lunettes conséquentes.

L'opticien est grande gueule. Il se veut super détendu, super cool, super je te tape dans le dos mais tu ne fais pas de même. C'est tout juste s'il ne tutoie pas la terre entière. Je déteste, mais comme il est le seul à 10 km à la ronde, il a des clients inconditionnels. Heureusement que le personnel est vraiment complaisant. Ceci dit, il n'est pas méchant, il est serviable, mais un peu pénible.

Il a examiné la vue d'Augustin, puis apporté des montures. Le choix a été vite fait (un peu moins vite qu'avec Albert qui prend invariablement la première monture qu'on lui propose). J'ai suggéré de prendre une photo pour montrer aux heureux qui pouvaient rester à la maison la nouvelle tête de leur fils/frère. "Et tant qu'à faire, pourriez-vous lui donner la paire orange pour la photo ?"

La réponse a fusé : "Oui, vous êtes assez débile pour ça". C'est qu'il était en forme, l'opticien du lundi ! Nous avons pris rendez-vous pour le jeudi suivant pour récupérer la paire avec les verres. Cette fois nous avons été servis par une vendeuse charmante qui nous a avoué son rêve le plus secret : ouvrir un magasin d'optique sous la bannière du SuperU, de sorte que l'enseigne affiche : Optic'U.

J'ai eu mon café, simplement en répétant à l'opticien qu'il m'avait dit que j'étais débile ! Il me devait bien une consolation. La vendeuse qui s'est enquis de la raison de mon café m'a conseillée la prochaine fois d'exiger du champagne... je trinquerai avec elle !


mardi 7 mars 2017

Vote ou pas vote, telle est la question

En entendant les bribes de la campagne électorale en France, je n'avais pas envie de voter, ou alors de créer mon propre bulletin de vote "pour celui qui est intègre". Ce vote nul aurait eu pour seul mérite d'apporter le sourire au bureau de vote lors du dépouillement.

Oui mais... nous venons d'apprendre que nous avons été rayés des listes électorales. Depuis lors, j'ai une furieuse envie de voter. Jusque-là, nous pouvions voter dans notre village français, c'est la case que nous avions choisie lorsque nous nous sommes inscrits au consulat de France à Genève. Et c'est ainsi que les choses fonctionnaient.

Je viens d'appeler le consulat pour avoir les éléments suivants :

Monsieur Alphonse vote au Consulat pour toutes les élections.
Alphonsine vote au Consulat pour les élections nationales et européennes, et en France pour les régionales et les municipales.
Amélie vote au Consulat pour toutes les élections.
Albert vote en France pour toutes les élections.
Antoinette vote en France pour toutes les élections.
Anatole vote en France pour toutes les élections.
Ambroise doit remplir le formulaire L30 pour pouvoir solliciter son inscription parce qu'il sera majeur la semaine prochaine. 
Augustin fera des trajets en voiture pour voir voter successivement en France puis en Suisse les différents membres de la famille.

Et savez-vous quelle solution il m'a été proposée ? De donner une procuration à nos enfants pour qu'ils puissent voter pour nous ! 

Le préposé que j'ai eu au téléphone va aller voir ses supérieurs pour étudier la solution la meilleure (pour eux)... Affaire à suivre.


Mon banquier et moi

Décidément, nous allons pouvoir écrire un livre des déboires vécues avec nos banquiers. Je vous disais, en début d'année, que tout semblait rentrer dans l'ordre depuis qu'un nouveau conseiller nous avait été attribué. Et de fait, l'année se poursuit plutôt dans un sens positif, à condition d'oublier un petit couac qui a bien failli faire craquer la machine. J'ai volontairement voulu oublier cet incident, et pour régler définitivement les dernières difficultés, je me suis proposée de me déplacer à l'agence pour chercher du liquide. (Je vous épargne les explications longues et laborieuses qui m'ont amenée à cette décision).

J'ai donc profité d'un déplacement en Alsace pour me rendre auprès de mon banquier, mais accompagnée d'Augustin. Depuis ma seule rencontre avec le conseiller, j'ai pris la décision irrévocable de ne plus me rendre seule dans son bureau.

1. A notre arrivée, nous avons attendu à l'accueil pour nous présenter et informer que nous avions commandé des liquidités.
- Très bien, ce sera prêt dans 15 minutes.
- Je crois que vous n'avez pas compris : j'ai pris rendez-vous, je suis ponctuelle. N'avez-vous pas préparé les billets ?
- 15 minutes. C'est le délai d'ouverture du coffre. Vous pouvez patienter dans la salle d'attente.
- Je prendrais bien un café.
Aimable comme une porte de prison. Ce jeune homme portant une chemise dernier cri, une montre connectée et un costume étroit avait oublié qu'il pourrait être charmant en souriant avec la clientèle. 

2. Je n'ai pas eu de café, j'ai dû attendre. Lorsque mon conseiller est sorti de son bureau pour me rencontrer comme par hasard, il m'a demandé si j'étais accompagnée. Je lui ai présenté Augustin, et me suis arrangée pour qu'il reste entre nous deux. Le conseiller était fort marri de ne pouvoir m'approcher. Pour ma part j'étais soulagée, et à la fois interrogative : aurais-je encore tellement de charme, ou est-ce mon amitié avec le Directeur qui lui permet d'avoir des espérances ?

Hélas pour lui, je ne mange pas de ce pain-là. Les quinze minutes étaient écoulées, le coffre s'est ouvert, j'ai attrapé mes billets au vol et me suis envolée prestement.


lundi 6 mars 2017

Ambroise n'en rate pas une (3)

Faire les courses avec Ambroise est un moment de plaisir comme vous le savez à présent. Non pas qu'il aime m'accompagner pour faire les courses alimentaires, mais quand il s'agit de devoir acheter un pantalon, il n'y a pas à hésiter... Nous sommes donc partis allègrement vers un futur incertain, puisque acheter un pantalon est devenu une affaire hautement compliquée avec la mode réservée aux gens titulaires de jambes ultra fines. Mes enfants sont certes filiformes, mais pas maigres. On peut les sortir par grand vent, il y a peu de chance qu'ils s'envolent.

Lorsque je fais ainsi des achats avec mes garçons, je me refuse à regarder autre chose que ce dont ils ont besoin : faire encore plus vite que de coutume pour ne pas les lasser, telle est ma devise.

Néanmoins, nous avons fait un détour par la librairie. Ce n'est une corvée pour personne. Ambroise a sonné en passant par les détecteurs anti-vol. "Maman, comment vais-je faire, j'ai oublié de découper l'étiquette magnétique de mon pantalon (pantalon plus tout neuf, il avait le temps de découper cette étiquette envahissante !). On va sonner partout, en entrant et en sortant". N'ayant pas d'autre solution, nous sommes ressortis en sonnant, sans nous retourner, façon celui qui n'a peur de rien et surtout pas d'être suspecté de vol. C'était la bonne attitude, personne ne nous a cherché chicane. Mais enfin, ce n'était pas une solution à long terme.

Nous sommes alors entrés dans un magasin de vêtements, en sonnant comme de bien entendu, nous sommes dirigés vers le rayon pantalon, Ambroise a fait son choix et s'est enfermé dans une cabine d'essayage. Je lui ai passé mon couteau suisse pour qu'il découpe l'étiquette litigieuse. Las, il n'y avait pas de poubelle dans le secteur. J'ai avisé une vendeuse, lui ai expliqué notre problème crucial, lui ai tendu l'étiquette comportant le nom d'une chaîne concurrente pour qu'elle le mette dans le panier. 

Nous étions saufs ! Nous sommes sortis avec notre achat, les portiques n'ont pas hurlé. Nous avons terminé cette demi-heure de courses autour d'un café bien mérité !


vendredi 3 mars 2017

Agenda ironique de mars

Dans un vent de folie, Monesille a accepté d'héberger l'agenda ironique pour le mois de mars. C'est donc de folie qu'il s'agira de narrer. Dans un conte, un poème, un texte, un article, de 700 mots maximum. Seul impératif, parsemer quatre mots composés dans le texte.

Copie à rendre chez Monesille avant le 24 mars, en insérant le lien dans les commentaires. Le vote sera ouvert jusqu'au 1er avril.

A vos plumes, à vos règles de grammaires pour retrouver l'accord des mots composés...